mercredi 09 septembre 2026
Une nonciature apostolique a été créée à Kuala Lumpur en 2013, et un premier ambassadeur malaisien près le Saint-Siège a été nommé en 2016. Mais la Malaisie n’a jamais envoyé d’invitation officielle au pape, semble-t-il plus pour des raisons politiques que religieuses, par crainte de ceux qui l’accuseraient de céder face aux non musulmans en renforçant ses liens avec le Vatican. Le pays compte une forte majorité musulmane sur 34 millions d’habitants (pour seulement 3 % de catholiques, dont une majorité à Bornéo).
Face à la répression de la minorité musulmane ouïghoure au Xinjiang, le monde islamique reste majoritairement silencieux. Les nations musulmanes semblent de moins en moins prêtes à critiquer la Chine pour ce qui est dénoncé comme un « génocide culturel », parce qu’elles ont besoin de son soutien politique et de son investissement. Fin mars, une délégation de responsables palestiniens et arabes a fait l’éloge de la politique chinoise et dénoncé les rapports d’abus publiés par les gouvernements occidentaux comme des « fausses informations ».
Le premier ministre Narendra Modi se garde habituellement de verser publiquement dans l’islamophobie, laissant à d’autres personnalités de son parti nationaliste hindou du BJP le soin d’attiser les divisions religieuses. En lice pour un troisième mandat à la tête de l’Inde dans le cadre des élections législatives qui se déroulent actuellement dans le pays, Narendra Modi a dérogé à sa prudence lors d’un rassemblement électoral. Faisant directement allusion aux musulmans indiens, le premier ministre les a qualifiés d’« infiltrés ». Ses propos ont provoqué une levée de boucliers au sein de l’opposition et de la société civile.
Dans l’actualité de la semaine en Asie : Le cardinal Stephen Chow, évêque de Hong-Kong, a effectué une nouvelle visite en Chine continentale du 22 au 26 avril ; Deux membres du Congrès américain veulent renommer « rue Jimmy Lai » l’adresse du Bureau économique et commercial de Hong-Kong à Washington D. C. ; Dans l’ouest de la Birmanie un hôpital rural fournissant des soins médicaux essentiels à plusieurs milliers d’habitants a été frappé à plusieurs reprises par des bombardements ; Plusieurs pays d’Asie du Sud et du Sud-Est continuent d’être touchés par une forte vague de chaleur ; en Indonésie, le volcan Ruang est entré en éruption le 30 avril, forçant l’évacuation de 12 000 personnes.
Le père Venancio Pereira, un prêtre jésuite timorais, réagit à l’annonce de la visite du pape François au Timor Leste en septembre prochain. Il se souvient de l’effet produit par la première visite d’un pape dans le pays en 1989, quand saint Jean-Paul II a célébré la messe à Dili, la capitale. « Le pape pourra conforter, réaffirmer et confirmer » la vocation véritable du peuple timorais, appelé à « témoigner », explique le prêtre. Le pays, qui compte 98 % de catholiques, est confronté à de nombreux défis socio-économiques et politiques.
Dans son rapport annuel pour l’année 2023, publié le 22 avril dernier, l’institut international Sipri explique avoir constaté « une augmentation des dépenses dans l’ensemble des cinq régions géographiques ». « C’est un reflet de la détérioration de la paix et de la sécurité dans le monde », ajoute l’organisation, en assurant qu’il n’y a « aucune région où la situation s’est améliorée ». En Asie, la Chine et l’Inde font partie des cinq pays au monde où les dépenses militaires sont les plus élevées. Une situation qui fait réagir Taïwan et le Japon en particulier.