mercredi 10 juin 2026
Le séisme de magnitude 7,8 survenu lundi 8 juin au large de l’île de Mindanao, au sud des Philippines, a causé à ce jour au moins 46 morts et 450 blessés. La catastrophe a eu lieu en pleine rentrée des scolaires, après les grandes vacances qui se déroulent en avril et mai dans le pays d’Asie du Sud-Est, majoritairement catholique. L’Église locale a appelé à prier et à venir en aide aux victimes et aux populations affectées, en particulier pour les habitants de la ville de General Santos, la plus touchée.
La guerre civile qui se poursuit depuis plus de cinq ans en Birmanie a entraîné une véritable « polycrise » (politique, économique, humanitaire…) qui affecte également l’Église locale. Depuis le coup d’État militaire de février 2021, cinq évêques du pays d’Asie du Sud-Est (Pekhon, Loikaw, Banmaw, Mindat et Lashio) ont été contraints de quitter leur diocèse, comme l’a rappelé l’un d’entre eux le 5 juin à Rome durant la visite ad limina des évêques birmans auprès du pape et de la curie romaine.
D’après le rapport du tribunal populaire sur les violences contre les chrétiens en Inde, organisé le 2 juin à New Delhi par des groupes militants catholiques et non catholiques, les violences et les discriminations antichrétiennes dans le pays d’Asie du Sud se sont aggravées ces dernières années. Les auteurs de l’initiative estiment que les garanties constitutionnelles que représentent la liberté religieuse et l’égalité des citoyens sont de plus en plus fragilisées. Ils dénoncent l’inaction de certaines institutions et appellent à mettre fin à l’impunité.
Dimanche 31 mai, la nouvelle Commission pour l’intelligence artificielle du diocèse de Masan, au sud de la Corée du Sud, a organisé un colloque sur « l’IA et la jeunesse », afin de souligner l’importance de l’esprit critique, du discernement et de la responsabilité dans l’utilisation des nouveaux systèmes d’IA. Mgr Linus Lee Seong-hyo, évêque de Masan, lui-même reconnue dans l’Église locale pour son expertise dans le domaine, a appelé à « retourner à la simplicité de l’Évangile » face à la complexité des algorithmes.
Près de 100 catholiques sud-coréens, dont des jeunes, des prêtres et des religieux, ont pris part à un pèlerinage organisé par le diocèse d’Uijeongbu (banlieue nord de Séoul) le long de la frontière intercoréenne. Cette initiative, qui s’inscrit dans les préparatifs des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) de Séoul 2027, vise à transmettre aux pèlerins le message de réconciliation défendu par l’Église locale. « C’était particulièrement émouvant d’observer le territoire nord-coréen au-delà du fleuve Imjin », a confié l’un d’entre eux.
La veille de l’anniversaire du massacre du 4 juin 1989 sur la place Tiananmen à Pékin, les autorités chinoises ont interdit aux familles des victimes d’accéder au cimetière de Wanan, où se trouvent les tombes de beaucoup de leurs proches. Les dissidents chinois dénoncent un nouvel acte de cruauté destiné à effacer la mémoire des événements survenus il y a 37 ans. Zhang Xianling, 89 ans et membre de l’association des Mères de Tiananmen, dont les membres se rendent chaque année au cimetière, évoque une décision sans précédent.
Dimanche 31 mai, une explosion a causé plusieurs dizaines de morts dans un village de l’État Shan, dans le nord de la Birmanie. Ce drame survient après cinq années de guerre civile et dans un contexte de grave crise humanitaire. La déflagration serait accidentelle et a fait au moins 55 morts à ce jour. Elle a été provoquée par l’explosion d’un stock d’explosifs destinés à être utilisés dans les mines et les carrières, alors que beaucoup de groupes rebelles dépendent de l’exploitation de minéraux précieux pour financer leurs opérations.
Une religieuse catholique qui a survécu aux violences antichrétiennes de Kandhamal, survenues en 2008 dans l’État d’Odisha (dans l’est de l’Inde), a célébré ses 25 ans de vie religieuse le 26 mai. Sœur Anjali Nayak, des sœurs Carmélites de Sainte-Thérèse (CSST), a célébré ce jubilé lors d’une messe d’action de grâce en présence d’environ 300 fidèles. Elle leur a donné un témoignage de foi, de pardon et de persévérance, 17 ans après le massacre qui a causé la mort d’au moins une centaine de personnes.
Du 25 au 30 mai, durant la visite ad limina de la Conférence épiscopale Cambodge-Laos, les évêques cambodgiens ont remis au Vatican quelque 2 500 pages de témoignages et archives historiques, collectés dans le cadre de l’enquête diocésaine sur la cause de béatification de Mgr Joseph Chhmar Salas et ses 11 compagnons, martyrs des années sombres de la guerre et des Khmers Rouges entre 1970 et 1977. Comme l’a rappelé Mgr Olivier Schmitthaeusler, vicaire apostolique de Phnom Penh, « ces pages racontent leur parcours héroïque ».
Mgr Jean-Baptiste Nguyen Quang Tuyen, nommé évêque auxiliaire de Saïgon (Hô-Chi-Minh-Ville) le 11 avril, avait publié sa devise et son blason, mais les internautes ont vite remarqué des anomalies créées par intelligence artificielle, même la devise latine étant erronée. Le choix d’un blason épiscopal généré par IA a non seulement suscité des plaisanteries en ligne, mais interroge aussi à l’ère des contenus illimités en ligne, et surtout alors que vient de paraître la nouvelle encyclique « Magnifica Humanitas ».
La semaine dernière a eu lieu le rendez-vous triennal de l’Enseignement catholique de Hong-Kong, en présence de plus de 1 200 enseignants. Organisé en présence du cardinal Stephen Chow, quelques jours avant la publication de la nouvelle encyclique Magnifica Humanitas, l’événement invitait à réfléchir à l’utilisation en hausse de l’intelligence artificielle dans les écoles. L’évêque de Hong-Kong a défendu une culture de vie et d’espérance, contre une éducation dominée par l’hypercompétitivité et les besoins du marché.
Dans sa première encyclique, « Magnifica Humanitas », le pape Léon XIV met en garde contre les dérives d’un monde façonné par l’intelligence artificielle et les monopoles numériques. Le père Titus Mohan, prêtre du diocèse de Kuzhithurai dans le sud de l’Inde, auteur et doctorant en théologie morale, propose un commentaire de ce texte de 224 pages, qui inscrit les défis technologiques contemporains dans la continuité de la doctrine sociale de l’Église et appelle à défendre la dignité humaine face au risque d’une « nouvelle Babel ».