Pour le pape François, « le Seigneur a gardé la foi du peuple de Dieu en Chine tout au long du chemin »

Selon Maximum Illud (1919, Benoît XV), la foi dans le Christ « n’appartient pas exclusivement à une nation en particulier » (ici un oratoire à Notre-Dame de Chine dans un jardin au Hebei). Selon Maximum Illud (1919, Benoît XV), la foi dans le Christ « n’appartient pas exclusivement à une nation en particulier » (ici un oratoire à Notre-Dame de Chine dans un jardin au Hebei). © Catholics & Cultures / CC BY-NC 2.0 DEED
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Le 21 mai, une conférence internationale sur l’Église de Chine a eu lieu à Rome pour le 100e anniversaire du premier et unique concile de l’Église catholique chinoise, qui s’est tenu à Shanghai en 1924. La conférence a notamment eu lieu en présence de Mgr Shen Bin, évêque de Shanghai. Le pape François est aussi intervenu dans un message vidéo : « Le chemin de l’Église à travers l’histoire est passé et passe par des chemins imprévus, ainsi que par des temps de patience et d’épreuve. Le Seigneur en Chine a gardé la foi du peuple de Dieu tout au long du chemin. »

« Le Seigneur a gardé la foi du peuple de Dieu en Chine tout au long du chemin », a déclaré le pape François le 21 mai dans un message vidéo, lors d’une conférence internationale sur l’Église de Chine qui s’est tenue à Rome. Et cette foi du peuple de Dieu a été « la boussole qui a montré le chemin tout au long de cette période, avant et après le concile de Shanghai, jusqu’à aujourd’hui », a-t-il ajouté. « Ceux qui suivent Jésus aiment la paix et sont solidaires de tous ceux qui œuvrent pour la paix à une époque où nous voyons à l’œuvre des forces inhumaines qui semblent vouloir hâter la fin du monde. »

Le message vidéo du Saint-Père a été diffusé au début de la conférence, organisée par l’Université pontificale urbanienne en collaboration avec l’Agence Fides et la Commission pastorale pour la Chine, à l’occasion du 100e anniversaire du premier et unique concile de l’Église catholique chinoise, qui s’est tenu à Shanghai entre mai et juin 1924, il y a exactement 100 ans. La conférence du 21 mai dernier a eu lieu sur le thème des « 100 ans du Concilium Sinense : entre le passé et le présent ».

Selon l’agence Fides Mgr Celso Costantini, délégué apostolique en Chine en 1924, avait organisé ce concile dans le but donner un nouveau souffle à la mission de l’Église en Chine à la lumière des enseignements de Maximum Illud, la lettre apostolique sur les missions, publiée en 1919 par le pape Benoît XV, dans laquelle ce dernier écrivait que la foi dans le Christ « n’appartient pas exclusivement à une nation en particulier » et que devenir chrétien ne signifie pas se soumettre à « une domination étrangère ».

« La mission de l’Église est d’évangéliser et non de coloniser »

Le concile a donc fourni des « provisions détaillées afin de promouvoir et accompagner l’épanouissement d’une Église naissante, avec des évêques et prêtres chinois qui puissent assumer la responsabilité des communautés locales », et aussi dans l’objectif de « contrer la mentalité coloniale qui avait aussi affecté les pratiques ecclésiales ».

Dans son message vidéo, le pape François a souligné que Mgr Costantini a « simplement répété que la mission de l’Église était d’évangéliser, et non de coloniser ». Pour le pape, ceux qui ont participé au concile en 1924 ont « tous accompli un véritable chemin synodal et signé les dispositions qui ouvrent de nouvelles voies pour que l’Église catholique en Chine puisse avoir de plus en plus un visage chinois ».

Le 24 mai, comme tous les ans depuis 2008, était célébrée la Journée mondiale de prière pour l'Église de Chine (ici la basilique Notre-Dame de Sheshan, à Shanghai.
Le 24 mai, comme tous les ans depuis 2008, était célébrée la Journée mondiale de prière pour l’Église de Chine (ici la basilique Notre-Dame de Sheshan, à Shanghai). Crédit : Peter Potrowl / CC BY-SA 3.0 DEED

Selon lui, les participants ont reconnu que « la proclamation du salut par le Christ ne peut atteindre chaque communauté humaine et chaque personne que si elle s’exprime dans leur langue maternelle ». « Le chemin de l’Église à travers l’histoire est passé et passe par des chemins imprévus, ainsi que par des temps de patience et d’épreuve. Le Seigneur en Chine a gardé la foi du peuple de Dieu tout au long du chemin », a-t-il ajouté.

Le cardinal Parolin souhaite que le Vatican puisse avoir « une présence stable en Chine »

« Les catholiques chinois, en communion avec l’évêque de Rome, marchent dans le temps présent. Dans le contexte dans lequel ils vivent, en témoignant de leur foi et aussi par des œuvres de miséricorde et de charité, et dans leur témoignage, ils apportent une contribution réelle à l’harmonie de la coexistence sociale et à la construction de la maison commune », a poursuivi le pape François. « Nous aussi, comme les pères du concile de Shanghai, nous pouvons regarder vers l’avenir et, en nous souvenant du concile de Shanghai, nous pouvons aussi suggérer aujourd’hui à toute l’Église de nouvelles voies et des chemins ouverts à emprunter avec audace pour proclamer l’Évangile du présent. »

Parmi ceux qui sont intervenus lors de la conférence du 21 mai se trouvait aussi le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège. Il a confié aux journalistes présents son espérance que la branche diplomatique du Vatican puisse avoir « une présence stable en Chine » : même si « dans un premier temps, elle n’aurait pas la forme d’une représentation pontificale et d’une nonciature apostolique, elle pourrait néanmoins augmenter et approfondir nos contacts. C’est notre objectif ».

Pour Mgr Shen Bin, « l’Église en Chine est toujours restée fidèle à sa foi catholique »

Mgr Joseph Shen Bin, évêque de Shanghai, a également participé à la conférence avec l’autorisation du gouvernement chinois, qui était également représenté. Mgr Shen Bin a souligné que « Nous continuerons à construire l’Église en Chine pour qu’elle soit une Église sainte et catholique qui se conforme à la volonté de Dieu, qui accepte l’excellent héritage culturel traditionnel de la Chine et qui plaise à la société chinoise d’aujourd’hui ».

Il a ajouté que l’Église en Chine « est toujours restée fidèle à sa foi catholique, même si elle a dû faire de grands efforts pour s’adapter constamment au nouveau système politique » adopté en 1949 avec la proclamation de la République populaire de Chine. À cette époque, selon lui, « la politique de liberté religieuse mise en œuvre par le gouvernement chinois n’avait aucun intérêt à changer la foi catholique, mais espérait seulement que le clergé et les fidèles catholiques défendent les intérêts du peuple chinois et se libèrent du contrôle des puissances étrangères ».

(Avec Ucanews)