Inde

Inde : le cardinal Poola, d’origine Dalit, élu nouveau président de la Conférence épiscopale indienne

Le cardinal Anthony Poola, archevêque d’Hyderabad, a été élu nouveau président de la Conférence épiscopale indienne (CBCI). Le cardinal Anthony Poola, archevêque d’Hyderabad, a été élu nouveau président de la Conférence épiscopale indienne (CBCI). © CBCI / Facebook
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Le 6 février, le cardinal Anthony Poola, archevêque d’Hyderabad, a été élu président de la Conférence des évêques catholiques de l’Inde (CBCI), dont l’assemblée plénière a lieu à Bangalore. La CBCI regroupe les évêques des trois rites (communautés catholiques latines, syro-malabares et syro-malankares). Créé cardinal en 2022, Anthony Poola est le seul cardinal issu de la caste Dalit (« intouchable »). Son élection envoie un message clair contre les mentalités de caste qui persistent dans l’Église indienne.

Le cardinal Anthony Poola est archevêque d’Hyderabad, dans le sud de l’Inde, depuis 2020. En 2022, il est devenu le premier cardinal indien issu de la caste Dalit, autrefois dite « intouchable ». Le vendredi 6 février, il a été élu nouveau président de la Conférence des évêques catholiques de l’Inde (CBCI), organisation qui regroupe les évêques des trois rites de l’ensemble des 174 diocèses du pays (des communautés catholiques latines, syro-malabares et syro-malankares).

L’élection du président de la CBCI s’est déroulée durant l’assemblée plénière des évêques de l’Inde, qui se poursuit actuellement au St John’s Medical College de Bangalore, dans l’État du Karnataka. Alors que le cardinal Poola assume cette nouvelle responsabilité, l’Église locale et la société indienne font face à des défis sociaux, pastoraux et constitutionnels significatifs.

Le cardinal Poola, âgé de 64 ans, est originaire de Poluru dans le diocèse de Kurnool, où il a été ordonné évêque en 2008, avant d’être nommé archevêque d’Hyderabad en 2020. Né dans une famille Dalit, d’un père catholique et d’une mère hindoue, il a vécu lui-même la marginalisation des « intouchables » dès le plus jeune âge. Précisément pour cette raison, la décision du pape François de le créer cardinal en 2022 a été plus que significative pour l’Inde, où l’on trouve encore parfois l’héritage du système de caste parmi les catholiques.

C’est aussi un aspect important de son élection à la tête de la CBCI. L’évêque de Berhampur, Mgr Sarat Chandra Nayak, également président de la Commission épiscopale pour les castes et autres groupes marginalisés, explique que « le président est élu par un vote secret, selon des statuts établis de longue date ».

« En choisissant le cardinal Poola pour ses mérites, les évêques ont envoyé un message clair et prophétique à ceux qui portent encore en eux la logique des castes, qu’ils soient complices ou victimes : les Dalits et les personnes indigènes peuvent diriger l’Église en Inde à tous les niveaux », ajoute-t-il. « En Dieu, il n’y a pas de partialité. L’esprit et le discernement synodal doivent aider l’Église catholique à vivre la plénitude de la joie promise par le Christ, à se libérer des vestiges de la mentalité de caste et à accepter l’égalité fondamentale de tous les baptisés. »

Un nouveau missel indien illustre l’universalité de l’Église

Ces derniers jours, les évêques indiens réunis à Bangalore ont également annoncé la publication officielle de la nouvelle édition du missel en konkani, la langue majoritaire à Goa. Le livre liturgique, qui a été approuvé par la Congrégation pour le culte divin au Vatican, résulte de 16 années de travaux effectués par la Conférence des évêques indiens de rite latin (CCBI), présidée par le cardinal Filipe Neri Ferrao, archevêque de Goa. Ce nouveau missel est une étape importante afin de renforcer la vie liturgique des fidèles, et leur permettre de participer plus pleinement aux célébrations eucharistiques dans leur langue natale.

Le missel est écrit à la fois en alphabet latin et en écriture kannada (alphasyllabaire de la famille des écritures brahmiques) « afin d’assurer une plus grande accessibilité aux communautés du Karnataka, de Goa et des régions voisines, tout en préservant le patrimoine linguistique et culturel konkani dans la vie de l’Église », selon un communiqué.

Le konkani est la langue maternelle des habitants de la région de Goa. Elle est aussi parlée dans les régions côtières du Karnataka, du Maharashtra et du Kerala. C’est aussi une langue officielle de l’État de Goa, reconnue par la Constitution indienne. Elle est influencée historiquement par d’autres langues dravidiennes (une famille d’une trentaine de langues originaires d’Inde, dont le kannada, le tulu et le kodava) en raison des migrations permanentes de la communauté. Des croyants de différentes confessions (dont l’hindouisme et l’islam) ont également influencé, enrichi et contribué au développement de la langue.

Le konkani est parlé aujourd’hui par plus de 2 millions de personnes. Le missel a été présenté par le nonce apostolique en Inde, Mgr Leopoldo Girelli. Ce dernier a souligné le soutien du Saint-Siège pour ce projet, qui illustre le caractère universel de la liturgie de l’Église.

(Avec Asianews, Nirmala Carvalho)

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