Revue de presse du vendredi 20 février 2026

Plus de 100 pays ont participé au 4e Sommet mondial sur l’intelligence artificielle, du 16 au 20 février à New Delhi. L’Inde se projette en porte-parole du « Sud Global ». Plus de 100 pays ont participé au 4e Sommet mondial sur l’intelligence artificielle, du 16 au 20 février à New Delhi. L’Inde se projette en porte-parole du « Sud Global ». © Krupali Patel / CC BY 4.0
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Dans l’actualité de la semaine en Asie : en Inde, le 4e Sommet mondial sur l’intelligence artificielle s’est déroulé du 16 au 20 février à New Delhi en présence d’Emmanuel Macron ; en Corée du Nord, le Parti des travailleurs a ouvert son 9e congrès jeudi 19 février à Pyongyang, un événement majeur organisé tous les cinq ans ; en Birmanie, le chef de la mission diplomatique du Timor oriental a reçu l’ordre de quitter le pays après l’ouverture d’une procédure accusant l’armée birmane ; jeudi 19 février en Corée du Sud, l’ex-président Yoon Suk Yeol a été condamné à la prison à vie pour avoir décrété la loi martiale le 3 décembre, échappant ainsi à la peine de mort.

INDE – Du 16 au 20 février, New Delhi a accueilli le 4e Sommet mondial sur l’intelligence artificielle (IA). Plus de 100 pays et près de 35 chefs d’État ou de gouvernement y ont participé, dont Emmanuel Macron, un an après le Sommet de Paris qui avait accueilli le Premier ministre indien Narendra Modi. Cette année, le sujet choisi est l’impact de l’IA, le titre officiel de l’événement étant « India AI Impact Summit 2026 ». À cette occasion, l’Inde s’est projetée en porte-parole du « Sud global » et comptait en profiter pour marquer des points vis-à-vis des autres acteurs internationaux, qu’il s’agisse de l’Occident, de la Chine ou de ses partenaires et rivaux au sein de ce même Sud global. En marge du sommet, le président Macron et le Premier ministre Modi ont soutenu avec emphase un « partenariat sans limites » entre les deux pays, une relation qui s’étoffe au détriment des « questions qui fâchent ».

CORÉE DU NORD – Le 9e congrès du Parti des travailleurs s’est ouvert jeudi 19 février à Pyongyang. Des changements à la tête du pays pourraient intervenir durant le congrès. L’événement devrait servir à définir et annoncer un large éventail de priorités et d’objectifs du régime en matière nucléaire. Le rassemblement, qui a lieu tous les cinq ans, est un événement politique majeur qui, traditionnellement, renforce l’autorité du régime et peut servir de tribune pour annoncer des changements de politique ou des remaniements au sein de l’élite. Des interrogations portent aussi sur Ju Ae, la fille du dirigeant Kim Jong-un, qui pourrait se voir attribuer un titre officiel lors du congrès.

BIRMANIE – Le régime birman a ordonné au chef de la mission diplomatique du Timor oriental à Rangoun de quitter le pays sous sept jours. La décision de Naypyidaw contre le chargé d’affaires de Dili fait suite à l’ouverture d’une procédure judiciaire pour crimes de guerre présumés commis par l’armée birmane. C’est la première fois qu’un tribunal d’un pays membre de l’Asean (Association des nations de l’Asie du Sud-Est) engage des poursuites contre un autre État membre. Cette expulsion marque un nouveau point de rupture au sein de ce bloc régional, profondément divisé sur la manière de gérer les relations avec le régime birman après le coup d’État de 2021.

CORÉE DU SUD – jeudi 19 février, l’ex-président sud-coréen Yoon Suk Yeol a été condamné à la prison à vie pour avoir mené une insurrection en décrétant la loi martiale dans la nuit du 3 au 4 décembre 2024, échappant ainsi à la peine de mort requise par le parquet. Depuis sa tentative ratée, le pays a successivement connu sa suspension par l’Assemblée nationale, son arrestation, sa destitution en avril, puis la victoire de son rival Lee Jae-myung à l’élection présidentielle anticipée de juin. Sa tentative avait ravivé le souvenir douloureux des dictatures au sein d’une société qui s’était habituée à la stabilité démocratique, secoué les marchés, sidéré à l’étranger et provoqué une profonde crise politique intérieure.

CHINE – lundi 16 février à Pékin, une chorégraphie d’arts martiaux d’environ quatre minutes, réalisée par des robots humanoïdes, a stupéfié le monde à l’occasion du « Gala de Printemps » 2026, l’émission de télévision la plus regardée du pays, diffusée à l’occasion du Nouvel An lunaire. Conçus par l’entreprise chinoise Unitree, ces « robots danseurs » ont été les vedettes de ce spectacle aux forts accents patriotiques, qui mêle performances artistiques traditionnelles et démonstrations des innovations technologiques les plus avancées du pays. L’an dernier, la Chine a produit 90 % des robots humanoïdes vendus dans le monde. Cependant, les débouchés restent limités par rapport aux investissements, et certains parlent de bulle spéculative.

CHINE – Deux athlètes olympiques sino-américaines sont en compétition pour des superpuissances rivales. Le débat en ligne autour d’Eileen Gu, skieuse acrobatique, et d’Alysa Liu, patineuse artistique, s’est intensifié ces derniers jours. Toutes deux participent aux Jeux olympiques d’hiver, sont d’origine chinoise et ont grandi aux États-Unis. Cependant, Eileen Gu représente la Chine depuis 2019, tandis qu’Alysa Liu, dont le père est un militant ayant fui la répression de Tiananmen, concourt pour les États-Unis. Les commentaires en ligne les accusant toutes deux de trahison s’inscrivent dans le contexte plus large de la rivalité sino-américaine.

NÉPAL – La campagne pour les élections népalaises du 5 mars a commencé lundi 16 février. Après les manifestations anticorruption de la génération Z en septembre 2025, qui ont entraîné la chute du gouvernement de KP Sharma Oli, le pays himalayen débute une campagne électorale marquée par un mélange inédit de partis traditionnels et de jeunes candidats aspirant à un changement radical. L’ancien roi Gyanendra se présente également sous la bannière d’un parti monarchiste, se positionnant comme un garant de la stabilité. La Première ministre par intérim, Sushila Karki, a décrit le scrutin comme une occasion d’expression démocratique qui « façonnera l’avenir du pays ».

PHILIPPINES – La vice-présidente philippine Sara Duterte s’est officiellement déclarée, mercredi 18 février, candidate à l’élection présidentielle de 2028, défiant ainsi le président Ferdinand Marcos Jr. Alors que l’audience préliminaire de son père, Rodrigo Duterte, débute dans quelques jours devant la Cour pénale internationale à La Haye, Sara Duterte a elle-même fait l’objet de plusieurs procédures de destitution, après avoir été accusée en novembre 2024 d’avoir proféré une menace de mort à l’encontre du président Marcos Jr. Si elle était reconnue coupable, elle ne pourrait pas se porter candidate à l’élection présidentielle de 2028.

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