Birmanie

En Birmanie, un an après le tremblement de terre, l’Église est toujours en première ligne

La pagode de Mahamuni, à Mandalay après le tremblement de terre du 28 mars 2025 en Birmanie. La pagode de Mahamuni, à Mandalay après le tremblement de terre du 28 mars 2025 en Birmanie. © @heungburma
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Douze mois après le séisme qui a causé au moins 5 000 morts, survenu le 28 mars 2025 dans le centre de la Birmanie, des organisations comme Caritas et Cafod (agence catholique pour le développement outre-mer) continuent de soutenir les communautés affectées. Aujourd’hui, de nombreuses personnes restent déplacées et vivent dans des conditions encore plus précaires à cause de la pauvreté et de la guerre civile. La reconstruction demeure lente et les besoins sont immenses, d’après les organisations sur le terrain.

Un an après le tremblement de terre dévastateur qui a frappé la Birmanie en mars 2025, les organisations chrétiennes continuent de représenter l’une des principales sources de soutien pour les communautés affectées. Selon les chiffres officiels fournis par les autorités, le séisme de magnitude 7,7 du 28 mars 2025 a causé plus de 5 000 morts, au moins 10 000 blessés graves et des dizaines de milliers de déplacés, aggravant une crise humanitaire déjà profonde en raison de la guerre civile déclenchée en 2021. Dans les régions centrales du pays, les plus touchées, jusqu’à 70 % des bâtiments ont subi de graves dommages ou se sont complètement effondrés.

Alors que, durant les premières phases de la crise, l’attention internationale s’était concentrée sur d’autres pays de la région, en raison des difficultés d’accès aux zones touchées en Birmanie, les organisations catholiques locales ont réagi immédiatement. Le réseau Caritas et l’agence Cafod (Catholic Agency for Overseas Development) ont collaboré pour fournir nourriture, eau et abri à des milliers de personnes déplacées. En particulier, la Karuna Mission Social Solidarity (KMSS), bras opérationnel de l’Église catholique dans le pays, a transformé les églises et les structures paroissiales en centres d’accueil.

Les opérations de secours se sont déroulées dans des conditions extrêmement difficiles en raison des interruptions constantes des communications et des restrictions de déplacement. Les volontaires des paroisses locales ont continué d’apporter de l’aide même dans les zones les plus isolées, atteignant également les communautés exclues de l’assistance gouvernementale.

Le chemin vers la reprise est encore long

La réponse de la junte militaire, au pouvoir depuis le coup d’État de février 2021, a fait l’objet de vives critiques. Les travailleurs humanitaires ont signalé que les convois avaient été bloqués, que les permis de séjour avaient été utilisés comme instrument de contrôle et que l’accès avait été fortement limité dans les zones les plus dévastées par le séisme.

Aujourd’hui, l’urgence a laissé place à une crise plus complexe et prolongée. De nombreuses familles doivent encore faire face à des terres agricoles endommagées et à des habitations détruites. La hausse des prix des biens de première nécessité et la guerre civile, notamment dans la région centrale de Sagaing, rendent la reprise encore plus difficile.

Les enfants et les familles qui vivaient déjà dans des conditions précaires avant le tremblement de terre se trouvent aujourd’hui dans une situation encore plus dégradée, malgré l’aide reçue. Des millions de personnes à travers le pays continuent en outre d’être déplacées en raison des violences persistantes et des inondations saisonnières, ce qui complique encore davantage le processus de reconstruction.

Des organisations chrétiennes comme Caritas et Cafod restent en première ligne pour apporter leur aide, mais elles soulignent que les besoins demeurent immenses, notamment pour la reconstruction des habitations et la restauration des moyens de subsistance des populations affectées. Elles préviennent que le chemin vers un véritable redressement risque d’être encore long.

(Avec Asianews)

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