samedi 21 février 2026
En 2026, les temps du Ramadan et du Carême se déroulent simultanément, plaçant musulmans et catholiques sur des chemins spirituels parallèles. En Asie, cette coïncidence concerne des centaines de millions de fidèles sur un continent où vivent plus de 60 % des musulmans, mais aussi d’importantes communautés chrétiennes, souvent minoritaires. Des Philippines à l’Inde, en passant par l’Indonésie ou le Pakistan, cette convergence se répercute sur la vie sociale, économique et communautaire, jusque dans des régions marquées par les tensions ou les conflits.
Au début de ce Carême 2026, la Conférence des évêques des Philippines (CBCP) invite les fidèles de l’archipel d’Asie du Sud-Est, majoritairement catholique, à compléter le jeûne alimentaire traditionnel par une abstinence des réseaux sociaux. Face à l’omniprésence des médias numériques dans l’archipel, les évêques encouragent une démarche de conversion intérieure passant par le silence, la prière et des relations plus authentiques. Un rapport récent classe le pays au 2e rang mondial en termes de temps passé en ligne.
Au début du Carême, les catholiques du Bangladesh se rassemblent dans la prière et le jeûne pour confier l’avenir de leur pays. À Dacca, des milliers de fidèles ont participé aux messes du mercredi des Cendres, notamment à l’église du Rosaire de Tejgaon, marquée par un attentat en octobre dernier. Cette année, cette période de préparation à Pâques coïncide avec le Ramadan, offrant un moment inédit où les deux principales communautés religieuses vivent simultanément un temps de jeûne, de conversion et d’espérance.
Dans l’actualité de la semaine en Asie : en Inde, le 4e Sommet mondial sur l’intelligence artificielle s’est déroulé du 16 au 20 février à New Delhi en présence d’Emmanuel Macron ; en
Le 12 février dans l’État Chin, au nord-ouest de la Birmanie, la communauté catholique a inauguré la nouvelle église Saint-Joseph dans le diocèse de Hakha. Dans cette région majoritairement chrétienne, durement touchée par la guerre civile depuis le coup d’État de 2021, ce lieu de culte apparaît comme un signe d’espérance et de résilience. Malgré les destructions d’édifices religieux et les déplacements massifs de population, l’évêque de Hakha assure que « la foi reste solide, car le peuple de Dieu continue de croire et d’espérer ».
Dans un village de l’État de l’Odisha, dans l’est de l’Inde, la mort d’un garçon chrétien de 13 ans a ravivé les tensions entre les communautés chrétiennes et hindoues. Empêchée d’accéder au cimetière local par des villageois, sa famille n’a pu procéder à son inhumation que près de vingt heures après son décès, sur son propre terrain et sous conditions. L’incident, qui s’inscrit dans un contexte de pressions croissantes sur les minorités chrétiennes, vient fragiliser des tentatives de médiation engagées par les autorités locales.
À l’occasion du Nouvel An lunaire, célébré ce mardi 17 février en Asie et dans le monde entier, les Églises asiatiques invitent à vivre ce temps festif comme une opportunité de renforcer les liens familiaux et de promouvoir la paix. À Hong Kong, six responsables religieux ont publié un message commun appelant à l’harmonie et à l’espérance, en particulier après l’incendie de novembre 2025. Au Vietnam, où le « Têt » occupe une place centrale, les communautés catholiques continuent de conjuguer traditions ancestrales et foi chrétienne dans un esprit d’inculturation.
Le 12 février, le Pew Research Center a publié une nouvelle étude sur la diversité religieuse mondiale, basée sur des données de 2020 couvrant 201 pays et territoires. Selon cet « indice de diversité religieuse », plusieurs nations asiatiques figurent parmi les plus diversifiées au monde, notamment Singapour, Taïwan et la Corée du Sud. L’Asie-Pacifique apparaît comme la région présentant la plus forte diversité religieuse, reflet de la coexistence historique de grandes traditions spirituelles et de populations croissantes sans affiliation confessionnelle.
Au Bangladesh, les premières élections tenues depuis le soulèvement de 2024 suscitent de fortes attentes, notamment parmi les minorités religieuses. Donné largement vainqueur, le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP), mené par Tarique Rahman, pourrait ouvrir une nouvelle ère politique après quinze années de pouvoir de l’ex-Première ministre Sheikh Hasina. Dans un climat jugé apaisé et sans violences, chrétiens, hindous et bouddhistes espèrent que ce scrutin marque le début d’un Bangladesh plus inclusif, garantissant sécurité et égalité des droits pour tous. Mgr Subroto Boniface Gomes, évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Dacca : « Je constate que, dans l’ensemble, les chrétiens bangladais sont satisfaits et nourrissent de bonnes espérances ».
Dimanche 8 février, le Premier ministre sortant par intérim, Anutin Charnvirakul, a remporté les élections législatives avec environ 194 sièges sur 500. Son parti Bhumjaithai, pro-militaire et pro-monarchie, a réalisé sa meilleure performance électorale à ce jour lors de ce scrutin anticipé, tandis que les réformateurs du Parti du peuple ont été nettement distancés. Au lendemain de cette victoire inattendue, Anutin Charnvirakul est donc en position de force pour des négociations de coalition. Le parti Pheu Thai, longtemps dominant sur la scène politique thaïlandaise, est arrivé troisième.
Lors des élections législatives anticipées du 8 février, la coalition au pouvoir de la Première ministre Sanae Takaichi a remporté la majorité des deux tiers (316 sièges sur 465), selon les résultats publiés mardi 10 février. Ce score est le meilleur de l’histoire de son parti PLD (Parti libéral démocrate). Un résultat qui permet à la dirigeante ultraconservatrice de conforter son mandat, pour mettre en œuvre son programme dans l’archipel de 123 millions d’habitants au cours des quatre prochaines années. Mme Takaichi, élue en octobre 2025, avait dissous fin janvier la chambre basse, où sa coalition avait une courte majorité.
Dans l’actualité de la semaine en Asie : mardi 10 février, l’archidiocèse de Séoul a célébré sa 1 500e messe pour la réconciliation et l’unité du peuple coréen dans la cathédrale de Myeongdong ; alors que le Carême et le Ramadan débutent le même jour, mercredi 18 février, un évêque philippin y voit une occasion unique de soutenir l’unité interreligieuse ; dimanche 8 février, le parti au pouvoir à Pyongyang a annoncé qu’il tiendrait fin février son premier congrès en cinq ans, l’occasion de fixer les orientations nationales ; en Chine, près de 9,5 milliards de trajets sont attendus sur une période de 40 jours autour du Nouvel An lunaire, qui aura lieu mardi 17 février cette année.