dimanche 22 février 2026
Le nouveau cardinal Kikuchi, archevêque de Tokyo, a appris avec surprise et humilité sa nomination parmi les 21 nouveaux cardinaux – qui sera officialisée lors du prochain consistoire du 8 décembre. Pour l’archevêque japonais, ce n’est pas qu’une une position honorifique mais un rôle de conseiller auprès du pape, bien qu’il reconnaisse « ses propres faiblesses ». Avec quatre nouveaux cardinaux asiatiques (Philippines, Japon, Inde et Indonésie), c’est pour lui un signe que l’Asie, ancienne terre de mission, devient missionnaire.
Les noms de 21 nouveaux cardinaux ont été annoncés par le pape François ce dimanche 6 octobre, place Saint-Pierre à Rome, juste après la prière de l’Angelus : « Je suis heureux d’annoncer que le 8 décembre, je tiendrai un consistoire pour la nomination de nouveaux cardinaux. Leur origine reflète l’universalité de l’Église, qui continue d’annoncer la miséricorde de Dieu à tous les peuples. » Parmi eux se trouvent quatre Asiatiques, originaires du Japon, des Philippines, d’Indonésie et d’Inde.
Dans l’actualité de la semaine en Asie : le prix Nobel de la paix 2024 est attribué à l'organisation japonaise Nihon Hidankyo pour sa lutte contre les armes nucléaires ; depuis l’ouverture de la 2e session du Synode, le cardinal Chow de Hong-Kong est au Vatican avec deux évêques chinois et un évêque taïwanais ; lors d’un discours pour la fête nationale de la République de Chine (Taïwan), le président Lai s’est engagé à soutenir l’autogouvernance de l’île ; dès le 10 octobre, la Corée du Nord a décidé de couper tous les axes de communications ferroviaires et terrestres reliant les deux Corées ; la crise birmane et les tensions en mer de Chine méridionale étaient au centre des négociations cette semaine au sommet de l’Asean.
Une alliance opposée au BJP, le parti nationaliste hindou du Premier ministre Narendra Modi, a remporté les élections dans la région du Cachemire indien. Le scrutin était perçu comme un test important, en particulier dans la vallée himalayenne à majorité musulmane, agitée depuis 1989 par une insurrection et placée, il y a cinq ans, sous tutelle du gouvernement central de New Delhi.
Le nouveau président du Sri Lanka, Anura Kumara Dissanayake, a rencontré des familles de victimes dans l’église Saint-Sébastien de Negombo, où près de cent personnes sont décédées dans les attentats du 21 avril 2019. Les pressions exercées depuis cinq ans par les catholiques sri-lankais, qui continuent de demander la vérité sur les attaques, ont influencé les dernières élections. Les enquêtes doivent être accélérées selon les autorités. Le cardinal Malcolm Ranjith, archevêque de Colombo, a fait part de son soutien.
La 2e session du Synode sur la synodalité a débuté le 2 octobre au Vatican et se poursuit jusqu’au 27 octobre. Comme l’an dernier, il s’agit de quatre semaines de session avec 368 délégués – et de nombreux participants non-électeurs – de six continents sur le thème « pour une Église synodale : communion, participation, mission ». Parmi les participants, le cardinal Oswald Gracias, archevêque de Mumbai en Inde, est intervenu ce lundi lors d’une conférence de presse au Vatican afin de souligner les contributions de l’Asie au Synode.
Prix Nobel de la paix en 2006, Muhammad Yunus est à la tête d’un gouvernement de transition depuis le 8 août. Le célèbre économiste a été appelé à la rescousse alors que son pays venait d’essuyer de violentes manifestations étudiantes, qui ont mené à la chute de l’autoritaire ex-Première ministre Sheikh Hasina, au pouvoir depuis 15 ans. Dans un pays à la situation économique par ailleurs fragile, la tâche du « père du microcrédit » s’annonce complexe, mais dans l’immédiat, il incarne les aspirations de nombreux Bangladais en quête d’une société plus juste et démocratique.
Dans l’actualité de la semaine en Asie : Le typhon Krathon a frappé Taïwan le 3 octobre, provoquant des destructions massives ; un Hongkongais sur cinq vit dans la pauvreté selon un nouveau rapport d’Oxfam ; la Cour suprême du Sri Lanka a engagé des poursuites contre Nilantha Jayawardena, ancien chef du renseignement, pour ne pas avoir payé l’intégralité des compensations imposées après l’attaque du dimanche de Pâques 2019 ; Gautam Adani, milliardaire indien, a pris le contrôle de l’école secondaire Mount Carmel dans l’État du Maharashtra ; le troisième sommet du Dialogue pour la coopération en Asie se tient actuellement au Qatar.
Le 5 septembre à Jakarta, durant son voyage en Asie, le pape François s’est arrêté à la mosquée Istiqlal pour une rencontre interreligieuse en présence du Grand Imam Nasaruddin Umar. À cette occasion, ils ont signé un document conjoint appelant à agir contre l’instrumentalisation religieuse des conflits. Cette rencontre s’est déroulée en présence des représentants des six confessions reconnues officiellement en Indonésie (islam, protestantisme, catholicisme, bouddhisme, hindouisme et confucianisme). Extraits de l’intervention du pape à cette occasion.
Une histoire complexe a façonné les relations entre musulmans et chrétiens en Indonésie. Bien que des défis subsistent, il existe des possibilités de renforcer les liens par le dialogue interreligieux et la coopération. La visite du pape François en Indonésie a eu un impact positif, renforçant le message de paix et d’unité et encourageant les efforts pour construire des relations plus fortes. L’avenir dépendra de la poursuite de ces efforts visant à promouvoir la tolérance, l’inclusion et la compréhension mutuelle, afin que le pays reste un phare de l’harmonie religieuse dans le monde. Par Ferdinand Rondong, un paroissien de Jakarta.
Singapour compte environ 70 % de Chinois pour environ 15 % de Malais et 10 % d’Indiens. Chaque communauté est liée en majorité à une religion : les Chinois sont majoritairement bouddhistes (33 % à Singapour) puis chrétiens (18 %), les Malais sont majoritairement musulmans (15 %), tandis que les personnes sans religion sont 20 %. Ce contexte est un bon laboratoire pour observer l’évolution du dialogue islamo-chrétien dans la région, et l’impact d’évènements qui ont bouleversé son histoire. Débat avec le chercheur musulman Imran Mohammed Taib et avec le catholique François Bretault, membres du Centre pour la compréhension interreligieuse (CIFU).
En 700 ans d’histoire, Singapour est passée d'un petit poste de commerce à une métropole vibrante qui vante « l’unité dans la diversité ». Aujourd’hui, c’est un très petit territoire avec une incroyable diversité religieuse et culturelle : quatre langues officielles (anglais, mandarin, malais et tamoul) et dix religions reconnues. À cause de son passé, dont des violences raciales et interreligieuses durant les années 1950 et 1960, la cité-État a imposé des règles strictes sur la place des religions. Aujourd’hui, le dialogue islamo-chrétien a toute sa place à Singapour, où le dialogue interreligieux est encouragé depuis quelques années.