jeudi 05 mars 2026
Le 12 février dans l’État Chin, au nord-ouest de la Birmanie, la communauté catholique a inauguré la nouvelle église Saint-Joseph dans le diocèse de Hakha. Dans cette région majoritairement chrétienne, durement touchée par la guerre civile depuis le coup d’État de 2021, ce lieu de culte apparaît comme un signe d’espérance et de résilience. Malgré les destructions d’édifices religieux et les déplacements massifs de population, l’évêque de Hakha assure que « la foi reste solide, car le peuple de Dieu continue de croire et d’espérer ».
Dans un village de l’État de l’Odisha, dans l’est de l’Inde, la mort d’un garçon chrétien de 13 ans a ravivé les tensions entre les communautés chrétiennes et hindoues. Empêchée d’accéder au cimetière local par des villageois, sa famille n’a pu procéder à son inhumation que près de vingt heures après son décès, sur son propre terrain et sous conditions. L’incident, qui s’inscrit dans un contexte de pressions croissantes sur les minorités chrétiennes, vient fragiliser des tentatives de médiation engagées par les autorités locales.
À l’occasion du Nouvel An lunaire, célébré ce mardi 17 février en Asie et dans le monde entier, les Églises asiatiques invitent à vivre ce temps festif comme une opportunité de renforcer les liens familiaux et de promouvoir la paix. À Hong Kong, six responsables religieux ont publié un message commun appelant à l’harmonie et à l’espérance, en particulier après l’incendie de novembre 2025. Au Vietnam, où le « Têt » occupe une place centrale, les communautés catholiques continuent de conjuguer traditions ancestrales et foi chrétienne dans un esprit d’inculturation.
Le 12 février, le Pew Research Center a publié une nouvelle étude sur la diversité religieuse mondiale, basée sur des données de 2020 couvrant 201 pays et territoires. Selon cet « indice de diversité religieuse », plusieurs nations asiatiques figurent parmi les plus diversifiées au monde, notamment Singapour, Taïwan et la Corée du Sud. L’Asie-Pacifique apparaît comme la région présentant la plus forte diversité religieuse, reflet de la coexistence historique de grandes traditions spirituelles et de populations croissantes sans affiliation confessionnelle.
Au Bangladesh, les premières élections tenues depuis le soulèvement de 2024 suscitent de fortes attentes, notamment parmi les minorités religieuses. Donné largement vainqueur, le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP), mené par Tarique Rahman, pourrait ouvrir une nouvelle ère politique après quinze années de pouvoir de l’ex-Première ministre Sheikh Hasina. Dans un climat jugé apaisé et sans violences, chrétiens, hindous et bouddhistes espèrent que ce scrutin marque le début d’un Bangladesh plus inclusif, garantissant sécurité et égalité des droits pour tous. Mgr Subroto Boniface Gomes, évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Dacca : « Je constate que, dans l’ensemble, les chrétiens bangladais sont satisfaits et nourrissent de bonnes espérances ».
Dimanche 8 février, le Premier ministre sortant par intérim, Anutin Charnvirakul, a remporté les élections législatives avec environ 194 sièges sur 500. Son parti Bhumjaithai, pro-militaire et pro-monarchie, a réalisé sa meilleure performance électorale à ce jour lors de ce scrutin anticipé, tandis que les réformateurs du Parti du peuple ont été nettement distancés. Au lendemain de cette victoire inattendue, Anutin Charnvirakul est donc en position de force pour des négociations de coalition. Le parti Pheu Thai, longtemps dominant sur la scène politique thaïlandaise, est arrivé troisième.
Lors des élections législatives anticipées du 8 février, la coalition au pouvoir de la Première ministre Sanae Takaichi a remporté la majorité des deux tiers (316 sièges sur 465), selon les résultats publiés mardi 10 février. Ce score est le meilleur de l’histoire de son parti PLD (Parti libéral démocrate). Un résultat qui permet à la dirigeante ultraconservatrice de conforter son mandat, pour mettre en œuvre son programme dans l’archipel de 123 millions d’habitants au cours des quatre prochaines années. Mme Takaichi, élue en octobre 2025, avait dissous fin janvier la chambre basse, où sa coalition avait une courte majorité.
Un attentat-suicide a frappé une mosquée chiite d’Islamabad le 6 février, faisant au moins 36 morts et 170 blessés lors de la grande prière du vendredi. Revendiquée par un groupe affilié à l’État islamique, l’attaque ravive les craintes des minorités religieuses, régulièrement visées au Pakistan. Tandis que les funérailles ont rassemblé des milliers de personnes, les chrétiens se joignent aux responsables religieux et aux organisations de défense des droits humains et appellent les autorités à agir pour la protection des lieux de culte.
À Hong-Kong, la condamnation de Jimmy Lai à 20 ans de prison marque un tournant majeur dans la répression des libertés. Figure emblématique du camp prodémocratie et fondateur de l’Apple Daily aujourd’hui fermé, l’ex-magnat de la presse de 78 ans paie ses engagements politiques et éditoriaux au prix fort. Les autorités locales et chinoises, sourdes aux protestations internationales, assument une peine exemplaire, destinée à dissuader toute dissidence. Au-delà du sort d’un homme, elle interroge l’avenir même de la démocratie et de la liberté de la presse dans l’ancienne colonie britannique.
Le 6 février, le cardinal Anthony Poola, archevêque d’Hyderabad, a été élu président de la Conférence des évêques catholiques de l’Inde (CBCI), dont l’assemblée plénière a lieu à Bangalore. La CBCI regroupe les évêques des trois rites (communautés catholiques latines, syro-malabares et syro-malankares). Créé cardinal en 2022, le cardinal Poola est le seul cardinal issu de la caste Dalit (« intouchable »). Son élection envoie un message clair contre les mentalités de caste qui persistent dans l’Église indienne.
Installé en Malaisie depuis près de 40 ans, Serge Jardin est un observateur attentif de Malacca, ville portuaire classée à l’Unesco, où il vit aujourd’hui. Historien et géographe de formation, il a fait de cette cité au carrefour des influences asiatiques et européennes son terrain d’exploration privilégié. Depuis sa maison peranakan du vieux quartier chinois, il raconte l’histoire, la géographie et les équilibres culturels d’un pays souvent méconnu, et invite à découvrir une Malaisie qui se comprend moins par ses monuments que par son atmosphère et sa diversité.