Japon

Japon : 15 ans après Fukushima, l’Église locale continue d’appeler à la dénucléarisation

La triple catastrophe de du 11 mars 2011 a causé 19 782 morts, 2 550 disparus, 122 053 habitations détruites et 470 000 personnes évacuées. La triple catastrophe de du 11 mars 2011 a causé 19 782 morts, 2 550 disparus, 122 053 habitations détruites et 470 000 personnes évacuées. © greensefa (CC BY 2.0)
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Le 11 mars 2011, un séisme suivi d’un tsunami provoquait l’accident nucléaire de Fukushima Daiichi, l’une des pires catastrophes industrielles de l’histoire. Quinze ans plus tard, le bilan humain continue d’évoluer : le nombre de décès indirectement liés à la catastrophe atteint désormais 3 810. Alors que le Japon tente de promouvoir la renaissance de la région et de relancer son tourisme, la catastrophe nourrit toujours les débats sur l’avenir du nucléaire dans l’archipel et dans la région, notamment parmi les Églises d’Asie de l’Est.

Quinze ans après la triple catastrophe de Fukushima du 11 mars 2011 (le séisme, le tsunami et l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi), le nombre total de victimes indirectes a atteint 3 810 morts, et ce chiffre continue d’augmenter. Après la catastrophe et l’évacuation massive des résidents, beaucoup de réfugiés sont restés déplacés durant des années.

Cette situation a provoqué un stress psychologique et physique important parmi eux, entraînant encore des conséquences aujourd’hui. Des difficultés administratives, notamment sur la reconnaissance des décès officiellement liés à la catastrophe, ont aussi été mises en lumière. Ainsi, même après quinze ans, l’objectif du gouvernement, c’est-à-dire zéro nouveau décès indirect lié à la catastrophe de Fukushima, semble encore loin d’être atteint.

Outre les victimes causées directement par la catastrophe, résultant par exemple de l’effondrement d’immeubles provoqués par le séisme, les décès indirects font notamment référence à des blessures qui s’aggravent, ou à des problèmes de santé préexistants qui se détériorent à cause du poids psychologique et physique de la vie dans des centres d’évacuation et d’hébergement.

Fukushima cherche à relancer son image et son tourisme

Dans ce contexte, afin de promouvoir la région touchée par l’accident, le Japon a produit une vidéo touristique spéciale à l’approche du 15e anniversaire de la triple catastrophe. Cette campagne, qui durera jusqu’au 15 mars, a été diffusée sur des panneaux d’affichage géants à Séoul, en Corée du Sud, dans le but d’attirer les touristes étrangers.

Ce clip de 30 secondes, réalisé par l’Agence japonaise pour la reconstruction, présente des sites emblématiques de la région avec le slogan : « Quinze ans après la catastrophe, il est temps de visiter Fukushima. » « Alors que nous atteignons le tournant qui marque le 15e anniversaire du tremblement de terre, nous espérons que cela mettra en valeur la renaissance de Fukushima et l’attrait de sa gastronomie et de son tourisme », a déclaré un représentant de l’ambassade japonaise à Séoul, interrogé le 10 mars.

Plus de 9,4 millions de Sud-Coréens ont visité le Japon en 2025, ce qui en fait le premier contingent de touristes étrangers au Japon, selon les chiffres officiels. Mais les séjours dans la région de Fukushima restent à environ un dixième de leur niveau d’avant le tsunami.

Le 15e anniversaire ravive les débats sur le nucléaire en Corée du Sud

Avant ce 15e anniversaire, des catholiques sud-coréens ont également célébré une série de messes afin de prier spécialement pour que l’administration actuelle prenne la décision de mettre fin à l’extension de centrales nucléaires vieillissantes et de reconsidérer les projets visant à en construire de nouvelles. « Cette année marque le 15e anniversaire de l’explosion de la centrale nucléaire de Fukushima, et le gouvernement actuel a choisi une politique de prolifération nucléaire », a commenté le père Yang Ki-seok lors d’une cérémonie organisée en février dernier à Séoul, en présence de membres du clergé, de religieux et de fidèles laïcs.

Ce mercredi 11 mars, date anniversaire de l’accident de la centrale de Fukushima Daiichi, une messe pour la dénucléarisation doit notamment être présidée par Mgr Kang Woo-il, évêque émérite de Cheju. Cette initiative rejoint les appels réguliers de l’Église japonaise à la dénucléarisation (notamment lors de la visite du pape François dans le pays d’Asie de l’Est en 2019).

La triple catastrophe de 2011 a causé au total 19 782 morts, 2 550 disparus, 122 053 habitations détruites, 470 000 personnes évacuées dont 27 000 qui étaient toujours déplacées en novembre 2025. Certaines zones sont en effet toujours classées comme « zones d’évacuation » à cause du rejet et de la propagation de substances radioactives après l’accident nucléaire.

Outre les opérations de décontamination des terres, le pays continue de rejeter des « eaux traitées » dans le Pacifique (des eaux contaminées utilisées pour refroidir les réacteurs) ; cette opération a été dénoncée en particulier par la Chine, qui a imposé un embargo total sur les produits de la mer japonais (levé puis rétabli à plusieurs reprises). L’embargo est actuellement à nouveau en vigueur à la suite du discours prononcé le 19 novembre 2025 par la Première ministre Takaichi Sanae devant le Parlement japonais au sujet d’une éventuelle crise à Taïwan.

Sources : Japan Times, Strait Times, Vatican News, nippon.com

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