Revue de presse du vendredi 6 novembre 2026
Un groupe de pèlerins chinois, place Saint-Pierre en 2019.
© CNS photo/Paul Haring
Le 06/11/2026
Dans l’actualité de la semaine en Asie : Léon XIV a adressé un message vidéo à l’occasion du centenaire de la consécration des premiers évêques chinois (1926-2026) ; le père Paul Lay a été nommé administrateur de la préfecture de Kampong Cham, dans l’est du Cambodge ; Mgr Gomes, évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Dacca, soutient le mouvement social des ouvriers du textile bangladais, qui demandent une hausse des salaires ; le jeune militant prodémocratie hongkongais Joshua Wong a été condamné à dix ans de prison supplémentaires pour collusion avec l’étranger ; la Cour internationale de justice doit rendre le 19 novembre son arrêt sur le génocide présumé des Rohingyas en Birmanie.
CHINE – Le 5 novembre, Léon XIV a adressé un message vidéo aux participants du colloque organisé à Rome pour le centenaire de la consécration des premiers évêques chinois. Le colloque, intitulé « Le visage universel de l’Église en Chine, 100 ans depuis la consécration des premiers évêques chinois », était organisé par le dicastère pour l’Évangélisation en collaboration avec l’Université pontificale urbanienne. Le pape a rappelé que la consécration des premiers évêques catholiques chinois, le 28 octobre 1926, fut un événement « d’une grande importance, non seulement pour le cheminement de l’Église catholique en Chine, mais aussi pour l’Église universelle ».
CAMBODGE – Le 4 novembre, le père Paul Lay a été nommé administrateur apostolique de la préfecture de Kampong Cham, dans l’est du Cambodge. Sa nomination a été annoncée par une lettre officielle de la nonciature apostolique du Cambodge, et a été prononcée par le dicastère pour l’Évangélisation avec l’accord du pape Léon XIV. Le précédent préfet apostolique était Mgr Pierre Suon Hangly, nommé vicaire apostolique coadjuteur de Phnom Penh en juin 2025. Le père Lay est né en 1960 dans une famille catholique cambodgienne. Durant le génocide perpétré par les Khmers Rouges, lui et ses proches se sont réfugiés dans un camp à la frontière thaïlandaise. Après son ordination, il a poursuivi ses études à Paris durant quatre ans. De 2011 à 2019, il a été vicaire général de la préfecture apostolique de Kampong Cham.
BANGLADESH – Le 2 novembre, plusieurs milliers d’ouvriers du textile ont bloqué la route entre Dacca et Tangail, au nord de la capitale, en demandant une hausse des salaires. Le secteur du textile emploie plusieurs millions de personnes dans le pays. Les ouvriers réclament que le salaire minimum mensuel passe de 13 000 takas (93 euros) à 30 000 takas (215 euros). Mgr Subroto Boniface Gomes, évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Dacca, qui soutient les manifestations, explique que ce mouvement résulte « d’un système mondial dans lequel les grandes marques de mode bénéficient de coûts de production très bas, tandis que ceux qui fabriquent concrètement les produits ont du mal à vivre de leur salaire ».
HONG-KONG – Le 5 novembre, le jeune militant prodémocratie hongkongais Joshua Wong a été condamné à dix ans de prison supplémentaires pour collusion avec l’étranger. Cette peine pourrait le maintenir derrière les barreaux jusqu’à ses 40 ans. Tout juste âgé de 30 ans, il était déjà détenu depuis près de six ans en vertu de la loi de sécurité nationale. Il fait partie des figures les plus connues du mouvement prodémocratie de Hong-Kong et des grandes manifestations de 2019. L’ancien leader étudiant avait plaidé coupable en septembre dans cette nouvelle affaire de collusion avec l’étranger. Il encourait une peine allant jusqu’à la prison à perpétuité.
BIRMANIE – La Cour internationale de justice rendra le 19 novembre son arrêt sur le génocide présumé des Rohingyas en Birmanie. Une décision historique, attendue depuis sept ans, qui pourrait faire jurisprudence pour d’autres affaires similaires. La plus haute juridiction des Nations unies doit déterminer si la répression menée par la Birmanie à l’encontre de sa minorité Rohingya, majoritairement musulmane, a constitué un génocide. Le 3 novembre, elle a enfin annoncé la date de son verdict. Les accusations auprès de la CIJ ont été portées par la Gambie, et dénoncent une infraction de la Convention des Nations unies de 1948 sur le génocide. La Birmanie a toujours nié les accusations.
INDONÉSIE – Le 3 novembre, des hauts gradés de la police nationale indonésienne ont été accusés d’avoir mis sur écoute le président Prabowo Subianto ainsi que d’autres responsables gouvernementaux et personnalités politiques. Selon la présidence, cette affaire pourrait être assimilée à un acte de trahison. Le commandement de l’armée a indiqué avoir déployé 20 000 militaires à Jakarta, une procédure standard de sécurité nationale. L’espionnage a débuté en 2025 et s’est poursuivi tout au long de cette année. Outre le président, il portait sur des ministres et hauts responsables de l’État, des journalistes et patrons de médias ou encore des militants d’ONG et des chefs d’entreprise.
INDE – Samedi 31 octobre, une trentaine d’assaillants ont interrompu une célébration dans une église anglicane de l’État du Bengale occidental, dans l’est de l’Inde. L’attaque a eu lieu lors de la cérémonie d’inauguration de l’église nouvellement construite, en présence de l’évêque anglican Subrata Chakraborty (de l’Église de l’Inde du Nord, CNI). Plusieurs prêtres et de nombreux fidèles étaient présents. Des fidèles, dont des femmes, ainsi que des membres du clergé ont été frappés. Les assaillants ont proféré des menaces explicites : « Ici, ni chants, ni prières, ni cérémonies religieuses ne seront autorisés. » Selon le Conseil chrétien du Bengale (BCB), ces groupes extrémistes se heurtent à peu de résistance de la part du gouvernement et deviennent toujours plus audacieux.
ASIE DU SUD-EST – Ces dernières semaines, les incendies en Indonésie ont accentué la pollution de l’air dans le pays et dans les pays voisins. Si le retour de la pluie atténue depuis fin octobre le brouillard toxique dans la région, l’heure est aussi aux premiers bilans : en Indonésie, la pollution de l’air aurait provoqué 3 560 morts. En Malaisie voisine, une étude scientifique commandée par la Fédération des fabricants malaisiens estime que cette pollution pourrait avoir aussi contribué à 1 700 décès. À Singapour, la pollution affecte aussi les paroisses catholiques, qui ont adapté certaines activités et invité les fidèles à prendre des précautions. Pour certains experts, il faut renforcer la coopération régionale en matière de surveillance environnementale, de gestion durable des terres et de prévention des incendies en Asie du Sud-Est.
DIVERS HORIZONS – Selon le nouveau rapport « Persécutés et oubliés ? Un rapport sur les chrétiens opprimés pour leur foi 2024-2026 », publié le 27 octobre par l’AED (Aide à l’Église en Détresse), la persécution des chrétiens s’est intensifiée dans certaines régions d’Asie durant cette période. Le rapport évoque notamment les régimes autoritaires, le nationalisme religieux et les conflits armés qui entraînent arrestations, violences, déplacements de population et attaques contre les églises. L’oppression des chrétiens s’est aggravée dans 55 % des 18 pays évalués (dont la Chine, l’Inde, la Corée du Nord et le Nigeria). La répression s’est intensifiée en Chine et les violences antichrétiennes ont augmenté en Inde. La menace islamiste est également citée au Pakistan. La Birmanie, la Corée du Nord et le Vietnam sont aussi étudiés par le rapport, qui couvre plusieurs autres pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Amérique du Sud.
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