Corée du Sud : le président Lee Jae-myung appelle à la reprise du dialogue avec la Corée du Nord
Le président Lee Jae-myung (ici le 25 août 2025 avec Donald Trump à Washington) espère jouer le rôle de « pacificateur » dans les efforts visant à relancer le dialogue entre la Corée du Nord et les États-Unis.
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Le 02/03/2026
Le 1er mars à l’occasion de la fête du Samiljeol, le président sud-coréen Lee Jae-myung a réaffirmé son engagement en faveur d’un apaisement durable avec la Corée du Nord, appelant à la reprise du dialogue intercoréen et à une relance des discussions entre Pyongyang et Washington. Dans un contexte régional marqué par des tensions persistantes, le chef de l’État a défendu une approche diplomatique pragmatique, malgré les critiques virulentes du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un à l’égard des initiatives de Séoul.
Le 1er mars, le président sud-coréen Lee Jae-myung a à nouveau soutenu le dialogue avec la Corée du Nord durant la cérémonie du Samiljeol. Cette fête, dont le nom signifie littéralement « festival du 1er mars », commémore chaque année le mouvement du 1er mars 1919, une des premières manifestations populaires coréennes contre l’occupation japonaise.
Bien que de nombreuses personnes aient perdu la vie contre la répression japonaise à l’époque, ce mouvement reste d’une importance majeure dans l’histoire récente de la Corée. En prenant la parole durant le Samiljeol, le président Lee a déclaré que la meilleure façon « d’honorer l’esprit » du mouvement d’indépendance coréen consiste aujourd’hui à « créer une péninsule coréenne pacifique ».
Il a ainsi maintenu sa politique d’assouplissement envers Pyongyang, en réaffirmant que Séoul compte respecter le régime nord-coréen et éviter tout acte hostile ou toute tentative de réunification par absorption. Il a aussi assuré que l’intrusion de drones sud-coréens au Nord en 2025 est un acte criminel commis indépendamment de la volonté du gouvernement actuel, en promettant d’empêcher tout nouvel incident de ce type.
Le dirigeant a également déclaré que la Corée du Sud espère jouer le rôle de « pacificateur » dans les efforts visant à relancer le dialogue entre la Corée du Nord et les États-Unis, dans le but de « construire ensemble un nouvel avenir ».
Trump-Kim : vers une nouvelle rencontre ?
Le président Lee a aussi évoqué les relations avec le Japon, en réaffirmant sa volonté de dynamiser la « diplomatie de la navette » (« shuttle diplomacy »). À l’origine, cette pratique consiste à servir d’intermédiaire entre différents belligérants.
Ici, cependant, elle prend un sens élargi et transformé, pour désigner les réunions régulières entre le Japon et la Corée du Sud. Malgré les différends historiques entre les deux nations, Séoul défend ainsi une diplomatie pragmatique et s’engage à « chercher la voie vers une coopération tournée vers l’avenir, tout en regardant en face le passé colonial ».
Enfin, Lee Jae-myung a également mis en avant une coopération trilatérale avec la Chine et le Japon, deux pays en tensions croissantes, pour instaurer la paix et l’harmonie en Asie du Nord-Est.
De son côté, le leader nord-coréen Kim Jong-un a douché tout espoir de dégel diplomatique intercoréen le 19 février lors du 9e Congrès parti du travail, quand il a qualifié les ouvertures souhaitées par Séoul de « farce maladroite et trompeuse » et de « travail bâclé ». Il avait aussi déclaré que la Corée du Nord n’avait « absolument aucune raison de coopérer avec la Corée du Sud, son entité la plus hostile, et exclurait définitivement la Corée du Sud de la catégorie des compatriotes ».
Il avait cependant affirmé que le Nord pouvait « bien s’entendre » avec les États-Unis si Washington reconnaissait son statut nucléaire. Dans ce contexte, des spéculations circulent quant à une possible rencontre avec Kim Jong-un lors des déplacements prévus de Donald Trump en Chine.
Les précédents sommets Trump-Kim, durant le dernier mandat du président américain, ont échoué alors que les deux délégations n’avaient pas réussi à s’entendre sur la levée des sanctions et sur les concessions nucléaires que la Corée du Nord pouvait faire en retour.
Sources : KBS, Ucanews