Pâques 2026 : au Japon, une fillette de 8 ans demande le baptême pour « se rapprocher de Dieu »
Minami Kimura, 8 ans, devant une statue de la Vierge à l’Enfant devant l’église de Kojimachi (Tokyo).
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Le 02/04/2026
À Tokyo, une fillette japonaise de 8 ans s’apprête à recevoir le baptême à Pâques, entraînant dans son sillage sa propre mère. Élève dans une école catholique, Minami Kimura a progressivement découvert la foi chrétienne jusqu’à exprimer le désir personnel de devenir catholique. Son cheminement, rare à cet âge dans le contexte japonais, illustre le rôle discret mais réel des établissements catholiques dans la transmission de la foi. Une démarche sincère, nourrie par la prière, les rencontres et une quête spirituelle déjà affirmée.
Dans une paroisse tranquille de l’archidiocèse de Tokyo, la décision de Minami Kimura, 8 ans, a surpris presque tout le monde, y compris ses parents : elle souhaitait être baptisée dans l’Église catholique. En mai 2025, Minami, une élève de CE1 de l’école primaire Shirayuri Gakuen à Tokyo, a confié à sa mère qu’elle souhaitait devenir chrétienne. Dans les écoles catholiques japonaises comme Shirayuri, les enfants interagissent avec des chrétiens. Ils découvrent la religion et apprennent des histoires bibliques, mais expriment rarement le désir d’être baptisés.
Parmi ses professeurs, Minami est connue pour sa curiosité et son intérêt pour la lecture et les questions religieuses. Lorsqu’elle lit quelque chose qui l’intéresse, elle s’y plonge corps et âme. Après avoir lu l’histoire d’Helen Keller, Minami a ainsi été touchée non seulement par son incapacité à voir et entendre, mais aussi par son institutrice, Anne Sullivan. Peu après, Minami a commencé à apprendre le braille.
La première rencontre de Minami avec le christianisme a eu lieu à l’âge de trois ans, à son arrivée dans l’école maternelle Shirayuri Gakuen. « Je ne me souviens pas de grand-chose parce que j’étais petite. Mais j’ai senti que Jésus était comme un membre de ma famille », raconte-t-elle. Les cours de religion à l’école primaire ont approfondi sa connaissance de Dieu. Les discussions sur l’existence de Dieu et la vie de Jésus l’ont conduite à vouloir se rapprocher de Dieu.
« En mai dernier, j’ai fait part de mon intention de me faire baptiser », confie-t-elle. Interrogée sur sa vision actuelle de Dieu, elle déclare : « Vous savez, Dieu ne s’enorgueillit pas quand les gens le louent ou le remercient. »
Le père jésuite Kiyoshi Shibata, de l’église de Kojimachi, qui la prépare au baptême, ajoute : « Minami porte l’histoire de Jésus dans son cœur depuis la maternelle. » « Lorsqu’on lui a demandé pourquoi elle voulait se faire baptiser », se souvient le prêtre, « elle a étendu les mains et elle a dit : ‘En ce moment, je suis comme ça’, puis elle les a levées bien haut et elle a ajouté : ‘Je veux me faire baptiser parce que cela me rapprochera de Dieu.’ »
Jeanne d’Arc ou Thérèse de Lisieux comme nom de baptême
Quand on lui a demandé si elle avait une anecdote particulière à propos de Jésus qui lui donnait le sentiment qu’il est une présence naturelle, toujours là pour elle, la réponse de Minami a été simple et directe : « La façon d’être de Jésus. »
Sa mère, Maiko, admet que sa fille « n’est généralement pas très affirmée ». C’est pourquoi, face à la détermination de Minami, elle ajoute : « Je veux qu’elle soit baptisée. » La décision de Minami a incité Maiko à étudier le christianisme et à « approfondir sa compréhension » du Dieu chrétien. Elle a maintenant décidé de se faire baptiser avec sa fille. Maiko attribue le changement de sa fille à l’école maternelle Shirayuri Gakuen.
Elle précise que dans l’établissement, les journées commencent et se terminent par la prière. « Les enfants apprennent à être reconnaissants pour tout et que Jésus est notre ami. Cet enseignement, ‘Jésus est notre ami’, a été assimilé de manière naturelle par ma fille, et je sens qu’il est devenu le cœur de sa foi. »
Sa conviction profonde se manifeste dans les situations les plus banales. Un jour, alors que sa famille discutait de la nature effrayante des fantômes, elle a dit calmement : « Les fantômes ne me font pas peur. Ils n’existent pas. Dieu ne créerait pas de tels fantômes. » Pour Maiko, cette réponse était « incroyable » parce qu’elle n’avait « jamais entendu parler d’un enfant qui n’avait pas peur des fantômes ».
Les parents de Minami ont toujours souhaité transmettre à leur enfant des convictions profondes qui l’ancreront dans la vie. Pour eux, le baptême n’est pas une simple formalité, mais une étape essentielle qui lui apportera cet ancrage. Minami hésite encore quant au nom de sainte qu’elle choisira pour son baptême. Elle envisage Jeanne d’Arc, dont la personnalité affirmée contraste avec la sienne, et Thérèse de Lisieux, avec laquelle elle partage certaines similitudes. Minami Kimura et sa mère, Maiko, seront baptisées le dimanche de Pâques à l’église de Kojimachi à Tokyo.
(Avec Ucanews, Asami Ohmoto)