Le prix Magsaysay 2026, le « prix Nobel asiatique », sera remis à un Birman, une Bangladaise et un Singapourien
Les lauréats du prix Magsaysay 2026 sont Tommy Koh, de Singapour, Runa Khan, du Bangladesh, et Bo Kyi, de Birmanie.
© RVA/Ramon Magsaysay Award Foundation
Le 01/09/2026
Le 31 août, la Fondation Ramon Magsaysay a annoncé les trois lauréats du prix Magsaysay 2026, souvent surnommé le « prix Nobel asiatique » : Tommy Koh, de Singapour, Runa Khan, du Bangladesh et Bo Kyi, de Birmanie. Selon la Fondation, l’intégrité, le courage et le service désintéressé de ces trois personnalités « ont directement amélioré les conditions de vie de leurs communautés respectives ». L’édition 2026 coïncide avec le 119e anniversaire de la naissance du président philippin Ramon Magsaysay, qui a donné son nom à la fondation.
Un diplomate singapourien chevronné, une entrepreneure sociale et humanitaire bangladaise et un défenseur des droits de l’homme birman ont été désignés lauréats du prix Ramon Magsaysay 2026, souvent surnommé le « prix Nobel asiatique ». La Fondation Ramon Magsaysay, basée à Manille, a annoncé les noms des lauréats dans un communiqué de presse publié le 31 août. Les lauréats de cette année sont Tommy Koh, de Singapour, Runa Khan, du Bangladesh et Bo Kyi, de Birmanie.
Les contributions d’un Singapourien à la diplomatie internationale
Tommy Koh, âgé de 88 ans, a consacré près de six décennies à la diplomatie, au droit international, à l’éducation et à la fonction publique. Avocat et juriste de formation, il a représenté Singapour lors de négociations internationales et a occupé des postes de direction au sein d’importantes instances multilatérales.
L’une de ses contributions les plus importantes à la diplomatie internationale a été son rôle lors de la troisième Conférence des Nations unies sur le droit de la mer. En tant que président de la conférence, il a contribué à mener les négociations réunissant plus de 150 pays et, en 1982, a guidé le processus d’adoption de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM). Ce traité a établi un cadre juridique international régissant les droits et les responsabilités maritimes.
Au-delà de la diplomatie, Tommy Koh a consacré sa carrière à l’éducation, au mentorat et au service public. Grâce à sa longue collaboration avec l’Université nationale de Singapour et à son travail dans le domaine des politiques publiques, il a contribué à former des générations de dirigeants, d’universitaires et de fonctionnaires singapouriens. Il s’est également engagé en faveur des arts, du patrimoine et des causes humanitaires.
Au service des communautés isolées au Bangladesh
Runa Khan, âgée de 67 ans, est une entrepreneure sociale et humanitaire, également reconnue comme auteure et conférencière. Elle s’est rendue pour la première fois, en 1997, dans l’une des îles fluviales reculées et mouvantes du Bangladesh, connues sous le nom de chars. Il s’agit de terres instables, formées du sable et du limon déposés par les rivières en période de mousson. Plus d’un million de personnes vivent sur ces îles éphémères. Cette expérience l’a amenée à travailler avec des communautés confrontées à l’isolement géographique et à un accès limité aux services essentiels.
En 2002, elle a fondé Friendship, une organisation de développement communautaire qui a débuté avec un hôpital flottant pionnier, fournissant des soins de santé aux personnes vivant dans les îles fluviales. Elle dirige cette organisation depuis plus de vingt ans, et a étendu son action aux domaines de la santé, de l’éducation, de l’adaptation au changement climatique, des moyens de subsistance, de la préparation aux catastrophes et de la citoyenneté inclusive.
Ces actions bénéficient à des millions de Bangladais, notamment touchés par les inondations, l’érosion fluviale, les cyclones, les déplacements de population et autres défis liés au climat. Selon l’organisation, ses programmes visent à terme à améliorer les moyens de subsistance, la résilience et la préparation des populations locales aux catastrophes.
Plus de vingt ans de veille des droits de l’homme en Birmanie
Enfin, Bo Kyi, âgé de 61 ans, est un ancien prisonnier politique qui a consacré des décennies à défendre les prisonniers politiques et à documenter les violations des droits humains en Birmanie. Il est cofondateur de l’Association d’assistance aux prisonniers politiques (AAPP), qui recense les arrestations et détentions politiques et apporte un soutien aux détenus politiques et à leurs familles.
Bo Kyi a été arrêté à la suite des manifestations prodémocratie de 1988 en Birmanie et emprisonné à deux reprises, passant au total sept ans en détention. En 2000, après avoir fui vers la frontière thaïlandaise pour éviter une nouvelle arrestation, il a cofondé l’AAPP avec d’autres anciens prisonniers politiques.
Depuis plus de vingt ans, l’AAPP documente les emprisonnements politiques et les violations des droits humains en Birmanie. À la suite du coup d’État militaire de février 2021, l’organisation a continué de documenter les arrestations arbitraires, les emprisonnements politiques et les violences, tout en apportant son soutien aux personnes touchées et à leurs familles.
Remise des prix en novembre 2026
Le prix Ramon Magsaysay porte le nom de l’ancien président philippin Ramon Magsaysay, décédé en 1957 à l’âge de 49 ans. Le premier prix a été décerné en 1958. À ce jour, il a été attribué à 331 personnes et 28 organisations issues de 24 pays et territoires d’Asie. La 68e cérémonie de remise des prix Magsaysay 2026 aura lieu à Manille le 15 novembre prochain.
(Avec Ucanews)