dimanche 22 février 2026
Plus de quinze ans après la guerre civile sri-lankaise, qui a fait plus de 100 000 morts entre 1983 et 2009, le cardinal Malcolm Ranjith, archevêque de Colombo, appelle le gouvernement d’Anura Kumara Dissanayake, élu en septembre 2024, à mettre en œuvre une « politique de compassion ». Pour le jeune Surin Amarakoon, de Jaffna (province du Nord), le régime actuel « a une opportunité en or de favoriser la réconciliation et d’appliquer de nouvelles lois en vue d’une paix permanente ».
La semaine dernière, le Conseil pour l’unité hindoue, bouddhiste et chrétienne du Bangladesh a organisé une conférence de presse pour dénoncer les violences visant les minorités religieuses depuis plusieurs mois. L’organisation parle de 174 cas de violences sectaires entre le 21 août et le 30 décembre 2024. Le gouvernement par intérim (dirigé par Muhammad Yunus depuis que Sheikh Hasina a été chassée du pouvoir en août) nie toute discrimination et affirme que la majorité de ces violences sont politiques et non religieuses.
Mgr Girelli, le nonce apostolique en Inde, a visité les communautés victimes des plus graves violences antichrétiennes de l’histoire récente du pays, survenues en 2008. « Je suis heureux et ému de me retrouver ici pour prier devant le mémorial des martyrs. Vous êtes comme les premiers chrétiens, qui sont restés fermes dans la foi », a-t-il confié. À cette occasion, il a reçu une lettre destinée au pape François, demandant d’inclure le nom du père Bernard Digal dans la liste des « Martyrs du XXIe siècle » qui seront commémorés durant le Jubilé 2025.
Le 2 février, le cardinal Ranjith, archevêque de Colombo, a célébré les dix ans de diffusion de la chaîne de télévision catholique sri-lankaise Verbum TV. La chaîne a été fondée en 2015 par Milan et Mallika De Silva, un couple catholique. Le cardinal a rappelé que le média a été particulièrement utile durant la pandémie. La célébration, diffusée en direct, a eu lieu dans la chapelle de la chaîne, à Tewatta (Ragama, province de l’Ouest). Sur 1,3 million de catholiques sri-lankais, près de 200 000 personnes suivent régulièrement ses programmes.
Alors que plusieurs centaines de millions de personnes viennent de célébrer le Nouvel an lunaire, Benedict Rogers, journaliste et militant britannique des droits humains, rappelle dans cet éditorial que cette fête est célébrée non seulement en Chine mais sur tout le continent. « Dans cette diversité, célébrons la Nouvelle année lunaire pour toutes les communautés », suggère-t-il, en invitant à adopter « la sagesse et l’ingéniosité » traditionnellement liés à l’Année du Serpent « face aux nombreux défis et conflits à travers l’Asie et le monde entier ».
À Singapour, les catholiques d’origine chinoise intègrent les traditions du Nouvel an lunaire dans leurs pratiques religieuses. Ainsi qu’en atteste François Bretault, un enseignant français installé dans la cité-État depuis plus de 30 ans, le Nouvel an chinois y est un exemple vibrant d’inculturation : « Les catholiques chinois, grâce à ces pratiques, montrent comment les valeurs universelles de l’Évangile peuvent se fondre harmonieusement dans des expressions culturelles locales. »
Dans l’actualité de la semaine en Asie : ce samedi 1er février, la Birmanie marque le 4e anniversaire du coup d’État de la junte militaire en 2021 ; le 29 janvier marquait le Nouvel an lunaire et l’ouverture d’un festival de 15 jours célébré en Chine et dans de nombreux pays d’Asie ; le 24 janvier, le cardinal indien George Jacob Koovakad, 51 ans, chargé de l’organisation des voyages pontificaux, a été nommé à la tête du dicastère pour le Dialogue interreligieux ; le Cambodge a approuvé un projet de loi interdisant toute négation des crimes des Khmers Rouges, avec des peines d’un à cinq ans de prison.
Un organisme de veille basé au Massachusetts (US), BishopAccountability.org, a publié la première base de données sur les prêtres ayant été accusés d’abus sexuels aux Philippines, le troisième pays comptant le plus de catholiques au monde et le premier en Asie. La liste identifie 84 prêtres et religieux en lien avec le pays d’Asie du Sud-Est, qui ont été accusés publiquement d’abus contre des mineurs. Parmi eux, tous ne sont pas Philippins, et certains sont aujourd’hui décédés.
Du 28 janvier au 4 février, la Conférence épiscopale indienne (CCBI) s’est rassemblée pour sa 36e assemblée plénière dans l’État d’Odisha (dans l’est du pays), en présence du nonce apostolique en Inde et au Népal, Mgr Leopoldo Girelli. Au cours de la messe inaugurale de l’événement, mardi matin, le vice-président de la conférence épiscopale, Mgr George Antonysamy, a lu un message du pape François adressé aux évêques catholiques indiens. Le Saint-Père les invite à « ouvrir les portes aux pauvres » et à être porteurs d’espérance.
Un missionnaire vivant en Corée du Sud depuis presque 50 ans commente la situation politique actuelle dans le pays, ébranlé depuis la tentative de coup d’État du président Yoon en décembre dernier. Le père Donal O’Keeffe, un missionnaire irlandais de la Société de Saint-Colomban, explique la manière dont les divisions actuelles au sein de la société sud-coréenne se sont développées. Cependant, il assure que la situation n’est pas totalement bloquée mais qu’elle progresse « lentement mais sûrement ».
Comme le Vatican l’a annoncé le 24 janvier, le prélat indien George Jacob Koovakad, 51 ans et chargé de l’organisation des voyages pontificaux, créé cardinal lors du consistoire du 7 décembre dernier, a été nommé par le pape François comme nouveau préfet du dicastère pour le Dialogue interreligieux. Il est le troisième cardinal asiatique à diriger un dicastère avec le cardinal Tagle (Philippines), pro-préfet du dicastère pour l’Évangélisation, et le cardinal You (Corée du Sud), préfet du dicastère pour le Clergé.
Selon l’Indice mondial de persécution des chrétiens 2025, publié le 15 janvier par World Watch Research (WWR), le département de recherche de l’organisation Portes Ouvertes, l’Inde est classée 11e parmi les 50 pays où les chrétiens de toutes dénominations sont le plus persécutés. Le rapport 2025, qui étudie la période du 1er octobre 2023 au 30 septembre 2024, souligne que « pour un pays qui se décrit comme la plus grande démocratie au monde, le niveau de violence contre les chrétiens depuis cinq ans est extrêmement élevé ».