samedi 22 août 2026
Un siècle après la signature du traité de 1925 qui avait normalisé leurs relations, le Japon et la Russie sont plus que jamais en opposition. Entre crispations diplomatiques, contentieux territoriaux et démonstrations de force, les tensions entre les deux pays n’ont cessé de s’aggraver, dans un contexte mondial marqué par la guerre en Ukraine et le rapprochement russo-nord-coréen. Le politologue Olivier Guillard revient ici sur une relation sinistrée, où le poids de l’histoire se conjugue aux conflits d’aujourd’hui.
Dans l’actualité de la semaine en Asie : les évêques indiens ont exprimé leurs condoléances après la mort de 30 pèlerins hindous dans un mouvement de foule au pèlerinage géant de la Khumb Mela ; le pape François a reçu une délégation de moines de Shaolin, lieu phare de l’histoire du bouddhisme de Chine ; en Birmanie, le Vatican a approuvé la création du nouveau diocèse de Mindat dans l’État Shan ; le Premier ministre japonais Shigeru Ishiba a atterri à Washington ce vendredi 7 février pour sa première rencontre avec Donald Trump ; la Conférence épiscopale indienne a réélu le cardinal Ferrao comme président à l’occasion de sa 36e Assemblée plénière.
Plus de quinze ans après la guerre civile sri-lankaise, qui a fait plus de 100 000 morts entre 1983 et 2009, le cardinal Malcolm Ranjith, archevêque de Colombo, appelle le gouvernement d’Anura Kumara Dissanayake, élu en septembre 2024, à mettre en œuvre une « politique de compassion ». Pour le jeune Surin Amarakoon, de Jaffna (province du Nord), le régime actuel « a une opportunité en or de favoriser la réconciliation et d’appliquer de nouvelles lois en vue d’une paix permanente ».
La semaine dernière, le Conseil pour l’unité hindoue, bouddhiste et chrétienne du Bangladesh a organisé une conférence de presse pour dénoncer les violences visant les minorités religieuses depuis plusieurs mois. L’organisation parle de 174 cas de violences sectaires entre le 21 août et le 30 décembre 2024. Le gouvernement par intérim (dirigé par Muhammad Yunus depuis que Sheikh Hasina a été chassée du pouvoir en août) nie toute discrimination et affirme que la majorité de ces violences sont politiques et non religieuses.
Mgr Girelli, le nonce apostolique en Inde, a visité les communautés victimes des plus graves violences antichrétiennes de l’histoire récente du pays, survenues en 2008. « Je suis heureux et ému de me retrouver ici pour prier devant le mémorial des martyrs. Vous êtes comme les premiers chrétiens, qui sont restés fermes dans la foi », a-t-il confié. À cette occasion, il a reçu une lettre destinée au pape François, demandant d’inclure le nom du père Bernard Digal dans la liste des « Martyrs du XXIe siècle » qui seront commémorés durant le Jubilé 2025.
Le 2 février, le cardinal Ranjith, archevêque de Colombo, a célébré les dix ans de diffusion de la chaîne de télévision catholique sri-lankaise Verbum TV. La chaîne a été fondée en 2015 par Milan et Mallika De Silva, un couple catholique. Le cardinal a rappelé que le média a été particulièrement utile durant la pandémie. La célébration, diffusée en direct, a eu lieu dans la chapelle de la chaîne, à Tewatta (Ragama, province de l’Ouest). Sur 1,3 million de catholiques sri-lankais, près de 200 000 personnes suivent régulièrement ses programmes.
Alors que plusieurs centaines de millions de personnes viennent de célébrer le Nouvel an lunaire, Benedict Rogers, journaliste et militant britannique des droits humains, rappelle dans cet éditorial que cette fête est célébrée non seulement en Chine mais sur tout le continent. « Dans cette diversité, célébrons la Nouvelle année lunaire pour toutes les communautés », suggère-t-il, en invitant à adopter « la sagesse et l’ingéniosité » traditionnellement liés à l’Année du Serpent « face aux nombreux défis et conflits à travers l’Asie et le monde entier ».
À Singapour, les catholiques d’origine chinoise intègrent les traditions du Nouvel an lunaire dans leurs pratiques religieuses. Ainsi qu’en atteste François Bretault, un enseignant français installé dans la cité-État depuis plus de 30 ans, le Nouvel an chinois y est un exemple vibrant d’inculturation : « Les catholiques chinois, grâce à ces pratiques, montrent comment les valeurs universelles de l’Évangile peuvent se fondre harmonieusement dans des expressions culturelles locales. »
Dans l’actualité de la semaine en Asie : ce samedi 1er février, la Birmanie marque le 4e anniversaire du coup d’État de la junte militaire en 2021 ; le 29 janvier marquait le Nouvel an lunaire et l’ouverture d’un festival de 15 jours célébré en Chine et dans de nombreux pays d’Asie ; le 24 janvier, le cardinal indien George Jacob Koovakad, 51 ans, chargé de l’organisation des voyages pontificaux, a été nommé à la tête du dicastère pour le Dialogue interreligieux ; le Cambodge a approuvé un projet de loi interdisant toute négation des crimes des Khmers Rouges, avec des peines d’un à cinq ans de prison.
Un organisme de veille basé au Massachusetts (US), BishopAccountability.org, a publié la première base de données sur les prêtres ayant été accusés d’abus sexuels aux Philippines, le troisième pays comptant le plus de catholiques au monde et le premier en Asie. La liste identifie 84 prêtres et religieux en lien avec le pays d’Asie du Sud-Est, qui ont été accusés publiquement d’abus contre des mineurs. Parmi eux, tous ne sont pas Philippins, et certains sont aujourd’hui décédés.
Du 28 janvier au 4 février, la Conférence épiscopale indienne (CCBI) s’est rassemblée pour sa 36e assemblée plénière dans l’État d’Odisha (dans l’est du pays), en présence du nonce apostolique en Inde et au Népal, Mgr Leopoldo Girelli. Au cours de la messe inaugurale de l’événement, mardi matin, le vice-président de la conférence épiscopale, Mgr George Antonysamy, a lu un message du pape François adressé aux évêques catholiques indiens. Le Saint-Père les invite à « ouvrir les portes aux pauvres » et à être porteurs d’espérance.
Un missionnaire vivant en Corée du Sud depuis presque 50 ans commente la situation politique actuelle dans le pays, ébranlé depuis la tentative de coup d’État du président Yoon en décembre dernier. Le père Donal O’Keeffe, un missionnaire irlandais de la Société de Saint-Colomban, explique la manière dont les divisions actuelles au sein de la société sud-coréenne se sont développées. Cependant, il assure que la situation n’est pas totalement bloquée mais qu’elle progresse « lentement mais sûrement ».