Corée du Sud : réunis en assemblée plénière, les évêques se mobilisent pour la paix et une « culture de la vie »
Les évêques sud-coréens avec Mgr Giovanni Gaspari, nonce apostolique, le 10 mars lors de l’ouverture de leur assemblée plénière de printemps.
© cbck.or.kr
Le 12/03/2026
Réunis à Séoul pour leur assemblée plénière de printemps, les évêques sud-coréens ont abordé plusieurs enjeux majeurs, de la paix dans la péninsule à la préparation des JMJ de Séoul 2027. Dans un message, le pape Léon XIV les a encouragés à promouvoir l’unité et la fraternité humaine afin de témoigner de « l’Évangile de la paix ». Ils ont aussi publié une déclaration dénonçant un projet d’assouplissement de la législation sur l’avortement, en appelant à renforcer la protection de la vie et le soutien aux familles pour bâtir une « culture de la vie ».
Les évêques sud-coréens ont débuté leur assemblée plénière de printemps ce mardi 10 mars à Séoul. À cette occasion, le pape Léon XIV leur a envoyé sa bénédiction apostolique : « J’espère que ces échanges amèneront tous les évêques à discerner les meilleurs moyens de promouvoir l’unité et la fraternité humaine, afin d’encourager les fidèles à témoigner de l’Évangile de la paix. Je suis confiant que l’Église coréenne continuera d’être un témoin vivant de l’amour du Christ. »
Parmi les principaux thèmes abordés durant l’assemblée plénière figurent les questions liées à la paix, en particulier dans la péninsule coréenne, ainsi que l’approche de la 100e Journée missionnaire mondiale (le 19 octobre 2026), la synodalité, le dialogue interreligieux et les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) de Séoul 2027.
Lors de la messe d’ouverture de l’assemblée, Mgr Giovanni Gaspari, nonce apostolique en Corée du Sud, s’est adressé à la Conférence épiscopale sud-coréenne (CBCK) : « Sachant bien le riche héritage culturel et spirituel et la foi profonde de votre peuple, je crois fermement que l’Église coréenne trouvera la bonne voie vers le renouveau spirituel et qu’elle continuera d’être l’Église que le Christ désire. »
Avant l’ouverture de l’assemblée plénière, les évêques coréens ont également écouté une intervention du père Kim Do-hyun, professeur de l’Université catholique de Daegu, sur le thème « éducation religieuse et défis spirituels à l’ère de l’intelligence artificielle ». Mercredi 11 mars, ils ont aussi commémoré le premier anniversaire de l’élection du pape Léon XIV lors d’une messe célébrée dans la cathédrale de Myeongdong, siège de l’archidiocèse de Séoul.
À cette occasion, Mgr Matthias Lee Yong-hoon, évêque de Suwon et président des évêques de Corée, a rappelé les mots prononcés par le pape Léon XIV lors de sa messe inaugurale : « Construisons une Église qui ouvre les bras au monde, annonce la Parole et devient un levain d’unité pour l’humanité. C’est l’heure de l’amour ! » Mgr Lee a ajouté : « Seigneur, accorde à ton serviteur, le pape Léon XIV, notre pasteur, la sagesse et le courage, pour qu’il puisse guider ton Église dans la paix au milieu des vagues tempétueuses de ce monde. »

Les évêques sud-coréens dénoncent la libéralisation de l’avortement
Jeudi 12 mars, les évêques coréens ont également publié une déclaration en réaction à l’amendement partiel de la loi sur la santé infantile et maternelle (Maternal and Child Health Act), proposé récemment par le gouvernement sud-coréen dans le but d’assouplir les règles sur l’accès à l’avortement dans le pays : « L’avortement, l’interruption artificielle de la vie dans le sein maternel, est un acte de ‘meurtre’, qui blesse la vie précieuse donnée par Dieu, la vie la plus vulnérable. La vie est un don sacré de Dieu, elle possède une valeur absolue qui ne peut être compromise. »
Les évêques ont proposé une série de mesures afin de venir en aide à la fois au fœtus et aux femmes enceintes, dans le but de construire une culture de la vie. En premier lieu, la CBCK a critiqué le vide législatif qui persiste depuis la décision de la Cour constitutionnelle de 2019 déclarant la loi sur l’avortement inconstitutionnelle. Selon eux, il est urgent de réviser en profondeur le code pénal pour établir des principes juridiques clairs et éviter la légalisation d’une culture qui banalise la perte de la vie.
Ils ont également demandé que les personnes envisageant un avortement bénéficient d’un accompagnement obligatoire comprenant un conseil et un temps de réflexion de plusieurs semaines, afin de prendre une décision informée. Les évêques ont aussi insisté sur la protection de la conscience des professionnels de santé, avec la reconnaissance d’hôpitaux qui refusent de pratiquer des avortements. Ils ont également suggéré un contrôle strict des médicaments abortifs, qu’ils considèrent comme dangereux physiquement et psychologiquement. Ils ont aussi rappelé que les hommes partagent la responsabilité de la grossesse, de l’accouchement et de l’éducation des enfants, en appelant l’État à créer un environnement où les deux parents peuvent assumer ces responsabilités.
Enfin, ils ont estimé que le débat sur le droit des femmes à disposer de leur corps doit s’accompagner d’un renforcement des politiques de soutien aux familles, comme des aides financières, des programmes pour enfants et davantage de structures de garde.
Selon eux, protéger la vie signifie protéger la dignité de toute la communauté, et ils ont appelé les autorités à promouvoir une « culture de la vie ».
Sources : Catholic Times of Korea ; cbck.or.kr