Mongolie

D’un téléphone perdu à la foi trouvée : le parcours de baptême d’une étudiante d’Oulan-Bator

Enkhjin Baatar, 21 ans, devant la cathédrale Saints-Pierres-et-Paul d'Oulan-Bator. Enkhjin Baatar, 21 ans, devant la cathédrale Saints-Pierres-et-Paul d’Oulan-Bator. © Ucanews
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À Oulan-Bator, une étudiante de 21 ans s’apprête à recevoir le baptême lors de la veillée pascale, au terme d’un cheminement spirituel inattendu. Tout a commencé par la perte de son téléphone, qui l’a conduite à prier pour la première fois dans une église catholique. Accompagnée par des amis croyants, Enkhjin Baatar a peu à peu découvert la foi chrétienne dans une Mongolie largement marquée par le bouddhisme. Son parcours illustre le rôle central des relations personnelles dans la croissance d’une Église encore jeune.

Par une froide soirée d’hiver à Oulan-Bator, la capitale mongole, Enkhjin Baatar, une étudiante de 21 ans, s’est agenouillée en silence devant une crèche de Noël dans la pro-cathédrale Saints-Pierre-et-Paul, construite en forme de yourte en 2003. Elle avait perdu son téléphone dans un bus bondé et se sentait désemparée. Sur les conseils d’une amie, elle était venue prier. Pour elle, ce petit acte de foi est devenu le tournant d’un cheminement spirituel qui se poursuit encore aujourd’hui.

Enkhjin a grandi dans la province de Khentii (une des 21 aïmags – provinces – de Mongolie, à l’est du pays) au sein d’une famille modeste et travailleuse. Ses parents, Uugan Baatar et Enkh Tuvshin, travaillent dans une usine de transformation de viande pour subvenir aux besoins d’Enkhjin et de ses deux jeunes sœurs, Enkhguun, 15 ans, et Enkhmaa, 13 ans. Comme beaucoup de jeunes Mongols issus des zones rurales, elle a déménagé à Oulan-Bator pour poursuivre des études universitaires, animée par la détermination tranquille d’une étudiante de première génération (issue d’une famille non-universitaire).

C’est là qu’elle a rencontré Michael Arvanai Khashdorj, un camarade de sa promotion, catholique et enfant de chœur à la cathédrale d’Oulan-Bator. La famille d’Arvanai – sa grand-mère, sa tante et ses cousins – fréquente régulièrement la messe au sein de la petite communauté catholique de Mongolie, qui compte à peine plus de 1 500 membres dans un pays de plus de trois millions d’habitants. Grâce à cette amitié, Enkhjin a commencé à découvrir une autre façon de vivre sa foi. « Grâce à lui, j’ai commencé à mieux connaître Jésus, de manière plus personnelle. »

Une prière devant la crèche

Après avoir perdu son téléphone durant la période de Noël, Enkhjin a confié son angoisse à Arvanai, qui lui a suggéré de prier devant la crèche, en demandant l’aide de l’Enfant Jésus. « Cela a été une profonde expérience », confie-t-elle. Si cette prière ne lui a pas rendu son téléphone, elle assure avoir reçu « beaucoup de sérénité ». « C’est à ce moment que j’ai commencé à comprendre le pouvoir de la prière », raconte-t-elle. « Jésus nous écoute. Quand nous prions avec foi, il nous répond à sa manière. »

Ses parents n’ont aucune conviction religieuse et l’ont laissée libre de croire en la religion de son choix, ajoute Enkhjin, dont les parents vivent dans un village isolé de la province de Khentii. « Il n’y a aucune raison qu’ils rejettent mon choix », assure-t-elle. « Mes parents me font confiance. Ils savent que les choix que je fais sont bons pour ma vie. »

Attirée par l’autel

Enkhjin avait déjà visité une église protestante, où elle avait remarqué l’importance accordée aux Écritures. Pourtant, ce qui l’a attirée vers le catholicisme, c’est l’autel. « Ce qui m’attire dans l’Église catholique, c’est l’autel, où le Corps et le Sang de Jésus sont offerts en sacrifice et distribués au peuple », confie-t-elle. « Cela nourrit l’âme. Je souhaite en faire l’expérience personnellement. J’attends avec impatience le jour où je recevrai pour la première fois le Corps et le Sang de Jésus. » Elle a été officiellement acceptée comme catéchumène l’année dernière, et lors de cette veillée pascale, elle sera baptisée dans la cathédrale Saints-Pierre-et-Paul.

L’Église mongole n’a été fondée qu’en 1992, après la chute du communiste et l’ouverture du pays. C’est une Église encore jeune, composée en grande partie de convertis et soutenue par des communautés soudées et un accompagnement personnel. Le parcours d’Enkhjin est emblématique de cette réalité : l’évangélisation par l’amitié. Tuya, la grand-mère d’Arvanai, a suivi avec affection la croissance spirituelle de la jeune femme. « C’est une jeune fille intelligente et pieuse », se réjouit la paroissienne âgée. « Elle ne comprend pas encore beaucoup d’enseignements de l’Église, mais elle dit : ‘J’ai foi en Jésus.’ »

L’appel missionnaire

Enkhjin n’a pas encore choisi ses parrains et marraines. Elle dit que cela se fera lorsque Dieu le pourvoira. En Mongolie, où la pratique bouddhiste traditionnelle et les influences laïques façonnent une grande partie de la société, la conversion commence souvent non pas par un enseignement doctrinal, mais par l’expérience vécue. Interrogée sur la manière dont elle espère servir l’Église, Enkhjin explique qu’elle voudrait devenir lectrice – pour proclamer la Parole de Dieu aux autres.

Son imagination est façonnée par l’Évangile de Jean. Elle se reconnaît en André, qui amène son frère Simon Pierre à Jésus en disant : « Nous avons trouvé le Messie. » « Tout comme André, mon ami Arvanai m’a amenée à Jésus. C’est un moment très important dans ma vie de jeune Mongole. À l’avenir, je souhaite aussi devenir un ‘André’ pour de nombreux ‘Pierre’, en les amenant à Jésus. Je comprends que c’est le rôle de tout missionnaire dans cette jeune Église en Mongolie. »

(Avec Ucanews, Sr Nirmala Rani)

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