Japon : dans l’île de Kyushu, un séisme fait 18 morts et perturbe l’économie régionale
Dans la préfecture de Kumamoto, dans le sud-ouest du Japon, après un séisme en 2016. La région a été à nouveau secouée le 28 juillet.
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Le 29/07/2026
Le 28 juillet, un séisme de magnitude 7,1 a frappé le sud-ouest du Japon, sur l’île de Kyushu, faisant au moins 18 morts et des dizaines de blessés selon le dernier bilan officiel. Près de 10 000 personnes restent hébergées dans des centres d’évacuation, tandis que les opérations de secours se poursuivent dans une chaleur accablante. Outre les dégâts causés, la catastrophe a également perturbé l’industrie régionale des semi-conducteurs et de l’automobile, essentielle pour l’économie japonaise. Taïwan figure parmi les premiers pays à proposer son aide.
Au lendemain du séisme de magnitude 7,1 qui a frappé la préfecture de Kumamoto, dans le sud-ouest du Japon, on compte au moins 18 morts et plusieurs dizaines de blessés. Par ailleurs, près de 10 000 personnes sont toujours logées dans des centres d’hébergement d’urgence et plusieurs services restent interrompus, dont les trains à grande vitesse (Shinkansen) dans la région.
Après la secousse principale survenue mardi 28 juillet à 16h27, des répliques se sont poursuivies toute la nuit. Selon le ministre de la Défense Shinjiro Koizumi, quelque 4 600 militaires ont été déployés dans la zone touchée, dont 170 participent aux opérations de sauvetage au centre commercial Aeon, qui s’est partiellement effondré dans la ville de Kashima, l’une des communes les plus affectées.
Environ une heure après la secousse principale, une explosion a provoqué l’effondrement du deuxième étage. Près de 200 personnes avaient déjà été évacuées du site. Le centre commercial avait rouvert le 13 juin, après d’importants travaux de rénovation marquant son 25e anniversaire ainsi que le dixième anniversaire de sa reconstruction, engagée après les séismes d’avril 2016 (magnitudes 6,5 et 7,3) qui avaient dévasté la région de Kumamoto.
Environ 36 700 foyers toujours privés d’électricité
Des décès ont également été signalés à l’usine Nippon Paper Industries de Yatsushiro, où l’effondrement d’une cheminée a piégé onze personnes. Sept victimes ont été retrouvées, dont cinq décédées, tandis que quatre autres sont toujours portées disparues. Une autre victime, extraite vivante des décombres d’une maison effondrée à Yatsushiro, est décédée peu après à l’hôpital.
Une vague de chaleur exceptionnelle a encore compliqué les opérations de secours, avec des températures dépassant les 35 °C ce mercredi 29 juillet dans plusieurs zones de la préfecture. Environ 36 700 foyers, principalement à Yatsushiro et Uki, étaient toujours privés d’électricité, tandis que l’eau a été coupée dans des dizaines de milliers d’autres foyers.
En plus des 9 872 personnes hébergées dans 465 centres d’évacuation s’ajoutent de nombreuses autres familles, qui ont préféré passer la nuit dans leurs voitures, garées devant des supérettes, des stations de service ou le long de routes de campagne.
Les géants des semi-conducteurs et de l’automobile également perturbés
Le séisme a également paralysé l’économie locale. Les industries de cette région, qui abrite certains des plus grands géants mondiaux de l’électronique et de l’automobile, ont été les plus durement touchées.
Honda a fermé son usine d’Ozu, tandis que le fabricant de pièces automobiles Astemo a suspendu ses activités dans son usine d’Uki. Toyota avait suspendu la production dans trois usines de la préfecture voisine de Fukuoka. L’activité a repris mercredi matin avant d’être de nouveau interrompue dans la soirée, le temps d’évaluer les conséquences du séisme sur la chaîne d’approvisionnement.
Sony Semiconductor Solutions a interrompu la production dans son usine de Kikuyo, tandis que Renesas Electronics a fermé deux usines après avoir constaté des fissures, des fuites d’eau et des panneaux effondrés.
Mitsubishi Chemical a suspendu ses activités dans son usine d’Uto, où deux employés ont été blessés. Le fabricant taïwanais de semi-conducteurs TSMC, qui exploite une importante usine à Kikuyo depuis 2024, a également évacué temporairement son personnel, reprenant progressivement ses activités tandis que les inspections des équipements se poursuivent.
La présence de TSMC constitue d’ailleurs un enjeu économique majeur. Cet investissement stratégique a contribué à faire de la région de Kumamoto l’un des principaux pôles mondiaux des semi-conducteurs.
« Taïwan est prêt à apporter son aide à tout moment »
Le gouvernement taïwanais a été l’un des premiers à exprimer sa solidarité avec le Japon. « Taïwan et le Japon sont de véritables amis qui se soutiennent mutuellement dans l’adversité », a écrit le président taïwanais Lai Ching-te en japonais sur le réseau social X, quelques heures après le séisme. « Taïwan est prêt à apporter son aide à tout moment », a-t-il ajouté.
Le Premier ministre taïwanais Cho Jung-tai a annoncé qu’une équipe spéciale de recherche et de sauvetage a été placée en alerte, prête à intervenir à la demande des autorités japonaises.
La réaction officielle et rapide de Taïwan ne relève pas d’une simple courtoisie diplomatique.
Taïwan et le Japon n’entretiennent pas de relations diplomatiques officielles, mais conservent des liens économiques étroits, renforcés ces dernières années par leur perception commune de la menace que représente la Chine. À cela s’ajoute l’expérience commune des catastrophes naturelles, Taïwan étant aussi exposé à une forte activité sismique.
(Avec Asianews)