Sri Lanka

L’Église sri-lankaise exige une enquête après l’agression d’un prêtre catholique

Une manifestation silencieuse a été organisée ce mardi matin en protestation contre l’agression d’un prêtre le week-end dernier près de Negombo. Une manifestation silencieuse a été organisée ce mardi matin en protestation contre l’agression d’un prêtre le week-end dernier près de Negombo. © Melani Manel Perera / Asianews
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Ce samedi 24 janvier au soir, un prêtre à moto et en soutane a été agressé violemment par un groupe de six policiers près de la ville de Negombo, au nord de Colombo, la capitale. Les policiers accusés ont été placés en détention provisoire, et une enquête a été ouverte. Cependant, des membres du clergé local ont organisé une manifestation silencieuse pour protester contre l’attaque et exprimer leur solidarité avec le prêtre, qui dépend de l’archidiocèse de Colombo.

L’Église sri-lankaise a exigé une enquête sur une agression policière présumée contre un prêtre catholique sur la voie publique alors qu’il revenait de la messe. Le père Milan Priyadarshana, de l’archidiocèse de Colombo, a été agressé le soir du samedi 24 janvier. Il a été maltraité, roué de coups et frappé avec des chaussures et des casques par six policiers, a déclaré le père Jude Krishantha, porte-parole de l’Église catholique au Sri Lanka.

Le père Priyadarshana a été blessé et admis dans un hôpital de Negombo, une ville située à environ 35 kilomètres au nord de Colombo, la capitale. Le père Krishantha, qui lui a rendu visite à l’hôpital, a expliqué que les agresseurs ont reconnu le père Priyadarshana comme prêtre à cause de sa soutane. « Ils lui ont même dit : ‘C’est vous qui détruisez ce pays avec vos soutanes et vos robes’ », a-t-il confié aux médias le 25 janvier.

Au moment des faits, il circulait à moto et portait son habit sacerdotal. Il a été agressé à Gampaha, ville située au nord-est de Colombo, alors qu’il rentrait d’une messe à l’église de Dippitigoda. Après les faits, sa soutane portait encore les marques de l’agression brutale, notamment des empreintes de chaussures. Certains témoins oculaires de l’attaque étaient prêts à témoigner devant le tribunal, a ajouté le père Krishantha. « Nous voulons que les autorités enquêtent et punissent les coupables. ».

Selon lui, les policiers ont interrogé le père Priyadarshana après l’avoir agressé, en l’accusant d’avoir eu un « accident » et en tentant de lui infliger une amende pour conduite imprudente. Comme le prêtre a nié toute implication dans un accident, ils l’ont finalement laissé partir après avoir vérifié son permis de conduire, a précisé le père Krishantha.

Une manifestation silencieuse organisée par le clergé local

Mgr Maxwell Silva, évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Colombo, accompagné de prêtres de l’archidiocèse, a rendu visite au blessé à l’hôpital. Le ministre des Sciences et de la Technologie, Krishantha Abeysena, qui a également rendu visite au prêtre, a condamné « cet acte honteux et inacceptable de la police ». « Il devra rester à l’hôpital quelques jours de plus, jusqu’à sa guérison complète », a-t-il confié. Il a aussi déploré le fait que des responsables religieux puissent être victimes de telles attaques au Sri Lanka.

Kavinda Jayawardena, un député catholique de l’opposition, a fait remarquer que le père Priyadarshana a été agressé alors même qu’il était identifié comme prêtre catholique. « Le gouvernement a la responsabilité de rendre justice au père Priyadarshana », a-t-il déclaré. L’histoire récente du Sri Lanka a été marquée par plusieurs agressions et meurtres de prêtres catholiques. En 2001, le père Alfred Bernard Costa a été tué dans sa maison de mission de l’archidiocèse de Colombo, tandis que le père Srilal Amarathunga a été assassiné en 1990. Personne n’a été puni pour ces crimes.

Après la plainte déposée, les six policiers accusés de l’agression ont été placés en détention provisoire. Ils seront appelés à comparaitre ce 29 janvier devant le tribunal pour être identifiés par le prêtre. Dans l’intervalle, ils ont été suspendus de leurs fonctions.

Pour exprimer leur opposition à cette violente intervention policière et en solidarité avec la victime, le clergé catholique local a organisé une manifestation silencieuse d’une durée d’environ une heure, ce mardi 27 janvier au matin devant la mairie de Negombo. Seuls des prêtres et des religieux de la région de Negombo, relevant de l’archidiocèse de Colombo, y ont participé.

« Nous appelons le président et tous ceux qui appliquent la loi à veiller à ce que la police ne tolère aucune violence physique ou psychologique contre aucun citoyen, et pas seulement contre un responsable religieux. De tels abus doivent cesser si notre pays veut progresser sur la bonne voie », a confié à cette occasion le père Jude Krishantha, directeur de la communication de l’archidiocèse de Colombo.

(Avec Ucanews et Asianews)

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