Birmanie

Les catholiques birmans, toujours victimes de la guerre civile, prient pour la paix au Moyen-Orient

Des paroissiens de Shwe Pyi, le 7 avril 2023 près de Rangoun. Le cardinal Bo a appelé les catholiques birmans à participer à une journée de prière et de jeûne pour la paix au Moyen-Orient. © Ucanews
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Le cardinal Bo, archevêque de Rangoun, a invité les catholiques birmans à participer à une journée de jeûne et de prière pour la paix, le 27 octobre à l’appel du pape face à l’extension du conflit entre Israël et le Hamas. Un appel partagé dans tout le pays, notamment par Mgr Alexandre Pyone Cho, évêque de Pyay dans la région de Bago (au nord de Rangoun). Selon Sylvester, de la cathédrale de Loikaw, 200 personnes ont prié tous les soirs en octobre à cette intention, dont des catholiques déplacés par les conflits internes en Birmanie.

Le cardinal Charles Maung Bo, archevêque de Rangoun, a invité tous les catholiques birmans à répondre à l’appel du pape François en participant à une journée de jeûne et de prière pour la paix, observée ce vendredi 27 octobre face à l’extension du conflit Israël-Hamas. « Je vous appelle tous à vous joindre au jeûne et à prier ce vendredi dans vos lieux respectifs, de la manière qui vous semblera la plus adaptée, à la suite de l’appel du pape pour la paix », a déclaré l’archevêque, qui est également président de la Conférence épiscopale birmane, dans une lettre publiée le 20 octobre.

Le 18 octobre à l’issue de l’audience générale au Vatican, le pape a demandé une journée de jeûne, de prière et de pénitence en invitant les hommes et les femmes de toutes confessions chrétiennes, ainsi que les fidèles d’autres religions et toutes les personnes de bonne volonté soutenant la cause de la paix, à participer à cette journée du 27 octobre de la façon qu’ils jugeront la plus appropriée. Ce vendredi à 18 heures, une heure de prière sera organisée place Saint-Pierre afin « d’implorer pour la paix dans le monde », a expliqué le Saint-Père en invitant toutes les Églises locales à organiser des initiatives similaires.

Le cardinal Bo, qui est également président de la Fédération des Conférences épiscopales d’Asie (FABC), a cité le pape François en rappelant que « le nombre de victimes augmente et la situation à Gaza est désespérée ». « Que les armes se taisent, écoutons le cri des pauvres, des habitants, des enfants pour la paix », a-t-il demandé. « Frères et sœurs, la guerre ne règle aucun problème : elle ne fait que semer la mort et la destruction, elle provoque la haine et engendre la vengeance. La guerre détruit l’avenir », a souligné le cardinal Bo en citant le pape dans sa lettre.

Des Birmans déplacés par la guerre civile participent aux prières pour la paix

Mgr Alexandre Pyone Cho, évêque du diocèse de Pyay, a partagé le message du cardinal à tous les prêtres diocésains. « J’appelle tous les prêtres dans les paroisses à dire aux fidèles et aux religieux et religieuses de participer au jeûne et à la prière pour la paix le 27 octobre », a-t-il demandé le 23 octobre. Selon Sylvester, président du conseil pastoral de la cathédrale du Christ-Roi de la ville de Loikaw, le curé de sa paroisse a également invité ses paroissiens, dimanche dernier, à rechercher la paix dans le monde en participant à l’initiative.

Sylvester ajoute que près de 200 personnes, dont des catholiques déplacés par les conflits en cours en Birmanie, prient le chapelet tous les soirs devant une grotte mariale installée dans l’enceinte de la cathédrale, dans le cadre des célébrations marquant le mois du Rosaire en octobre. « Durant les temps de chapelet, nous confions des intentions pour la paix dans le monde en incluant la Birmanie dans nos prières », explique-t-il.

La Birmanie continue de traverser une crise grave depuis presque trois ans, avec des atrocités militaires qui se multiplient dans des régions comptant de nombreux chrétiens comme les États Kachin, Kayah, Chin et Karen. Des villages catholiques historiques de la principale région Bamar, l’ethnie majoritaire en Birmanie, dans le centre du pays, ont également vu plusieurs milliers d’habitants fuir leurs maisons pour se réfugier dans des églises ou dans les forêts alentours. Des églises et autres institutions chrétiennes comme des couvents, des écoles et des cliniques ont été ciblées par des bombardements et des tirs d’artillerie à travers tout le pays. Le pape François, qui s’est rendu en Birmanie en novembre 2017, a prié à de nombreuses reprises depuis le coup d’État militaire du 1er février 2021 pour la paix dans le pays d’Asie du Sud-Est, en appelant à mettre fin aux violences et à reprendre les négociations.

(Avec Ucanews)