Japon

Séisme : les initiatives du diocèse de Nagoya, le plus touché par la catastrophe du 1er janvier, auprès des victimes

Une photo prise après le séisme et le tsunami de 2011 au Japon. © Hikaru Kazushime / CC BY-SA 2.0 DEED
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Mgr Goro Matsuura, évêque du diocèse du Nagoya, le plus touché par le séisme du 1er janvier dans la péninsule de Noto, informe régulièrement sur l’évolution de la situation sur le site internet de la Conférence épiscopale japonaise. Il a confié avoir reçu de nombreux dons qui permettent de financer les différentes initiatives lancées par son diocèse après le tremblement de terre. Parmi celles-ci, la paroisse de Kanazawa utilise une école maternelle comme base pour distribuer des aides, notamment de l’eau courante et des repas chauds.

Samedi 20 janvier, un centre d’urgence a été ouvert par la paroisse catholique de Kanazawa, dans le diocèse de Nagoya, le plus affecté par le tremblement de terre qui a dévasté la péninsule de Noto le 1er janvier. Le centre propose d’aider tous ceux qui doivent gérer des dégâts importants dus au séisme, qui a causé 232 morts et un niveau de destruction considérable, même pour un pays comme le Japon pourtant habitué à ce genre de catastrophes.

Les deux églises de Wajima et de Nanao, celles qui ont subi le plus de dégâts, font partie de la paroisse de Kanazawa, dans la préfecture d’Ishikawa. Comme ce sont de très petites communautés catholiques sans prêtre résidant, le père Yoshihiro Kataoka, âgé de 41 ans, curé de Kanazawa, a essayé de les joindre immédiatement, afin de vérifier leur situation.

Les conditions sont pires à Wajima, mais heureusement, il n’y a eu aucune victime parmi les paroissiens. L’église a cependant été fortement endommagée et devra être reconstruite. À proximité, l’école maternelle Umi no Hoshi, qui accueille 66 enfants, ne peut pas non plus reprendre ses activités en l’état et manque d’infrastructures. Comme dans d’autres communautés japonaises, la paroisse locale est directement impliquée dans les activités de l’école.

« Jésus est là avec nous et il porte nos souffrances »

Au début, le père Kataoka, a eu du mal à rejoindre Wajima à cause des dégâts importants. De son côté, le directeur du jardin d’enfants, Tsuneko Maeda, a dû parcourir plus de 4 km à pied pour parvenir jusqu’à l’établissement, afin de pouvoir décrire les dégâts subis. Il est aujourd’hui en contact avec les familles des enfants et espère rouvrir bientôt afin de reprendre les services indispensables de l’école.

À Nanao, l’église n’a pas été beaucoup affectée par le séisme. Mgr Goro Matsuura, évêque de Nagoya, a pu s’y rendre afin de célébrer l’Eucharistie avec la petite assemblée locale, dès le premier dimanche après la catastrophe. « Aujourd’hui, Jésus est juste là, dans notre réalité », a-t-il confié. « Il ne nous envoie pas des instructions et des encouragements depuis le ciel, mais il est avec nous et porte nos souffrances. »

Les catholiques de Nanao utilisent leur école maternelle comme base pour distribuer des aides. L’électricité et le gaz sont revenus, mais ce n’est pas le cas de l’eau courante ; il faudra peut-être deux à trois mois avant que les choses reviennent à la normale. Pourtant, le jardin d’enfants de Nanao a pu rouvrir et accueillir les élèves, en particulier ceux dont les parents doivent s’absenter durant la journée pour travailler. Les enseignants puisent de l’eau dans des puits alentour et l’utilisent avec parcimonie pour les toilettes, le lavage des mains et autres besoins courants.

Une collecte de dons lancée par l’Église catholique au Japon

Pour cette raison, le centre d’aide de Kanazawa s’attelle à fournir de l’eau en la transportant dans des grands réservoirs. C’est ce centre qui reçoit les dons envoyés par différents diocèses japonais aux victimes du séisme. Cela permet de fournir des repas et de l’eau aux élèves pour assurer leur tranquillité d’esprit et soulager la fatigue du personnel. Ainsi, le centre espère que tous puissent revenir à l’école.

Sur le parking de l’établissement, le centre a aussi ouvert le « restaurant Jinnobi » (« relax » ou « détente » dans le dialecte de Nanao) afin de distribuer des repas chauds. Mais le centre explique que c’est plus qu’une soupe populaire. « Nous l’ouvrirons tous les jours de la semaine afin d’encourager les interactions. Nous espérons que cela attirera non seulement les gens qui sont liés à l’école maternelle, mais aussi tous les habitants du quartier qui ont besoin de faire une pause et de se rencontrer à nouveau », explique le père Kataoka.

Afin de soutenir ces initiatives, l’Église catholique au Japon a lancé une collecte de dons. « Nous avons déjà reçu des dons de la part de nombreuses personnes et organisations, et nous n’avons pas les mots pour exprimer toute notre gratitude. Nous nous réjouissons de votre prière et de votre soutien », a réagi Mgr Mutsuura, qui publie régulièrement des informations sur la situation sur le site Internet de la Conférence épiscopale japonaise.

(Avec Asianews)