Journée mondiale de prière pour l’Église en Chine : prier pour les catholiques chinois avec le père Greene
La basilique Notre-Dame de Sheshan est dédiée à Marie Auxiliatrice, dont la fête est célébrée le 24 mai.
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Le 22/05/2026
La Journée mondiale de prière pour l’Église en Chine est célébrée ce dimanche 24 mai et coïncide cette année avec la solennité de la Pentecôte. Instituée en 2007 par le pape Benoît XVI, elle est célébrée chaque année le jour de la fête de Notre-Dame de Sheshan, patronne de la Chine, dont le sanctuaire est situé près de Shanghai. À cette occasion, l’agence Asianews invite à redécouvrir le témoignage du père Robert Greene, un missionnaire de Maryknoll emprisonné dans le Guangxi dans les années 1950.
En 1924, la Chine était consacrée à Notre-Dame de Sheshan, dont le sanctuaire se trouve près de la ville de Shanghai. L’unique basilique mariale de Chine est dédiée à Marie Auxiliatrice, dont la fête est célébrée chaque année le 24 mai.
C’est ce jour-là que le pape Benoît XVI a choisi, en 2007, pour instituer la Journée mondiale de prière pour l’Église en Chine. Aujourd’hui, la basilique se dresse au sommet de la colline de Sheshan, à environ 35 km de Shanghai. La colline est devenue la première destination de pèlerinage pour les catholiques chinois et compte plusieurs églises, dont la basilique.
À l’occasion de ce 24 mai 2026, l’agence Asianews estime que cette journée est une opportunité de préserver la mémoire des nombreux chrétiens chinois du XXe siècle qui, au prix de grandes souffrances, et dans bien des cas de leurs propres vies, ont gardé la foi malgré les persécutions du régime communiste. Il s’agit aussi de réfléchir au parcours de l’Église en Chine aujourd’hui. Même si elle est entrée dans une ère différente, elle n’est pas pour autant exempte de sérieuses restrictions à la liberté religieuse.
Dans ce contexte, le père Gianni Criveller, missionnaire PIME et directeur éditorial de l’agence d’information, évoque le livre Mon calvaire en Chine, publié en 1953 à New-York par le père Robert Greene, un missionnaire de Maryknoll emprisonné dans le Guangxi au début des années 1950. Son témoignage a été publié à son retour aux États-Unis, un an après sa libération. Il s’agit du journal historique du prêtre, qui a servi comme missionnaire de Maryknoll dans une ville de la province de Guangxi, au sud de la Chine, durant quinze ans.

« Les confesseurs et les martyrs de Chine appartiennent à toute la chrétienté »
Soixante-dix ans plus tard, ce récit reste un point de référence afin de mieux comprendre ce qui s’est passé en Chine après l’arrivée au pouvoir de Mao Zedong (dont le 50e anniversaire de la mort tombe en septembre 2026). Selon Asianews, il est difficile d’établir avec certitude quels sont les premiers récits publiés sur les souffrances endurées par les chrétiens chinois durant ces années, « mais ce livre est unique car il les raconte sous un angle particulier, non pas depuis une grande ville, mais dans un cadre rural tel que celui de Tong’an au Guangxi ».
C’est un lieu où il n’y avait même pas encore de prison avant la venue des communistes. C’est là que le père Greene, confiné dans sa mission (mais en aucun cas épargné par les horreurs des violences idéologiques), a été le témoin direct de la persécution et de l’endoctrinement de son ancienne communauté. Un processus que le missionnaire relate dans son livre à travers la description éloquente d’une série de personnages marquants. « Il y a un devoir de mémoire, en particulier envers les martyrs du XXe siècle, tous les martyrs, sous tous les régimes, sans réserve aucune », écrit le père Criveller dans la préface d’une nouvelle traduction italienne de l’ouvrage, présentée quelques jours avant la fête de Sheshan 2026.
« Les confesseurs et les martyrs de l’Église en Chine appartiennent à l’ensemble de la chrétienté. Les catholiques ont le droit et le devoir de faire connaître leurs témoignages, pour qu’ils puissent nourrir la foi des croyants des communautés chrétiennes à travers le monde. La persécution ouverte des croyants a continué en Chine jusqu’à la fin de la Révolution culturelle (octobre 1976). Les protagonistes de cette période de persécutions ont aujourd’hui presque tous disparu. Il faut espérer que les catholiques chinois recueilleront et préserveront les récits de souffrance et de martyre qui n’ont pas encore été consignés », poursuit le père Criveller.
Des jeunes communautés chrétiennes brisées dès leur naissance
« Le livre du père Greene pourrait captiver le lecteur à la manière d’un roman policier. Sauf que malheureusement, ce n’est pas une fiction, et qu’il n’y a pas de fin heureuse, du moins pour les croyants auxquels le missionnaire a consacré sa vie. Comme d’autres récits de cette période, ces années tumultueuses témoignent d’une fidélité héroïque à la foi et de relations empreintes de loyauté envers autrui », explique le prêtre.
« Le père Greene décrit aussi les transformations que la propagande idéologique peut engendrer chez les individus, dont certains deviennent capables de sentiments de haine et d’actions violentes qu’ils n’auraient probablement jamais exprimés dans des circonstances normales », ajoute le missionnaire PIME.
« Le père Greene décrit le messianisme presque religieux qui, sans doute sincèrement, a motivé toute une génération de jeunes qui croyaient en l’avènement d’une société communiste. Si la générosité dont ont fait preuve tant de jeunes en se sacrifiant pour la cause communiste est d’une certaine manière admirable, la justification des violences les plus atroces comme un prix nécessaire à payer est toujours déconcertante, voire terrifiante. »
« Ce qui demeure, c’est l’amère constatation d’un énorme gâchis de possibilités et de promesses jamais tenues : des jeunes communautés chrétiennes brisées dès leur naissance, des services sociaux, médicaux et religieux inachevés, des vocations religieuses réprimées, des débuts de conversion religieuse interrompus. De nombreuses années de vie perdues en prison, en exil ou dans le travail forcé, et la perte de tant de vies humaines, souvent jeunes et prometteuses », conclut le père Criveller.
En appelant l’Église universelle à prier chaque 24 mai pour l’Église en Chine, Benoît XVI avait encouragé les fidèles du monde entier à prier, particulièrement ce jour-là, pour l’unité de l’Église dans le pays, manifestant ainsi leur communion et leur solidarité avec les catholiques chinois. Il avait aussi rédigé une prière à Notre-Dame de Sheshan, en appelant la Vierge à soutenir « l’engagement de tous ceux qui, en Chine, au milieu des difficultés quotidiennes, continuent à croire, à espérer, à aimer, afin qu’ils ne craignent jamais de parler de Jésus au monde et du monde à Jésus ».
(Avec Asianews)