Japon : le serviteur de Dieu Takashi Nagai à l’honneur au plus grand festival de BD d’Europe
Pour marquer le 60e anniversaire plus grand festival de BD d’Europe, le pavillon « Nagasaki ’45 » met à l’honneur l’héritage du serviteur de Dieu Takashi Nagai et de son épouse Midori, descendante des chrétiens cachés de Nagasaki.
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Le 29/10/2026
L’héritage du serviteur de Dieu Takashi Nagai (1908-1951) est mis à l’honneur par la 60e édition de Lucca Comics & Games (le plus grand festival de bande dessinée, de pop culture et de jeux d’Europe, justement consacré au thème de « l’héritage »). L’événement se déroule du 28 octobre au 1er novembre dans la ville de Lucques (Lucca, en Toscane). Pour l’occasion, un pavillon propose de retracer l’histoire de Takashi Nagai, radiologue et survivant de la bombe de 1945 qui a tué sa femme Midori, descendante des Chrétiens cachés de Nagasaki.
« L’héritage de Takashi et Midori Nagai » est un témoignage de la foi chrétienne dans un monde marqué par l’holocauste nucléaire, une tragédie qui, plus de 80 ans après, reste d’actualité compte tenu des nombreuses guerres qui font rage à travers le monde (du conflit russo-ukrainien à la situation en Iran) et du risque d’escalade nucléaire.
Cette histoire est mise à l’honneur par Lucca Comics & Games, le plus grand festival de bande dessinée, de pop culture et de jeux d’Europe qui célèbre son 60e anniversaire autour du thème de « l’héritage ». L’édition 2026 de cet événement annuel a lieu du 28 octobre au 1er novembre dans la ville de Lucques (Lucca, en Toscane).
Pour l’occasion, le pavillon « Nagasaki ‘45 » offre aux visiteurs la possibilité de retracer l’histoire de Takashi Nagai, un radiologue qui a survécu au bombardement qui a tué sa femme Midori, une descendante des Chrétiens cachés de Nagasaki. Après l’explosion nucléaire, Takashi s’est retiré dans une cabane de 4 m², le « Nyokodo », et grâce à ses écrits (devenus best-sellers au Japon), il a contribué symboliquement à la reconstruction de la ville et à la renaissance du Japon.
Cette œuvre lui a valu le titre prestigieux de « héros national » décerné par l’empereur Hirohito et l’a amené à rencontrer, au fil des ans, une foule immense à qui il n’a jamais cessé de transmettre un message de paix et de pardon jusqu’à sa mort en 1951.
Un lien qui a façonné leur vie
Durant le festival toscan, Paola Marenco, vice-présidente du comité des « Amis de Takashi et Midori Nagai », a décrit le lien qui unissait le couple et qui a continué de marquer Takashi après la mort de Midori dans le bombardement : « Sans Midori, il n’y aurait pas eu de Takashi… Nous n’aurions pas connu le Takashi que nous avons connu, ni comme médecin, ni comme homme, ni comme saint », a souligné l’hématologue, qui soutient la cause de béatification et de canonisation de son collègue japonais.
« Midori est une figure fascinante, malgré sa nature discrète », poursuit-elle. « Issue d’une tradition de chrétiens cachés, elle est une femme d’une foi inébranlable. Après plus de deux siècles sans prêtre, elle a su préserver une foi, une espérance et une charité extraordinaires. Mais surtout, c’est une femme qui a vécu en présence de Dieu, toujours, dans chacune de ses décisions, prises devant le crucifix des martyrs. Même lorsque son mari lui a annoncé sa leucémie, elle s’est arrêtée un instant devant ce crucifix, puis, souriante, s’est tournée vers lui et a dit : ‘Que nous vivions ou que nous mourions, c’est pour la gloire de Dieu.’ »
À propos de Takashi, elle le décrit comme « un homme extraordinaire : un scientifique, un pionnier de la radiologie, aux côtés de Madame [Marie] Curie et des autres. Mais c’est aussi une personne ouverte d’esprit qui se laisse interroger par la vie ». « Il a été témoin direct des guerres et des maladies », poursuit Paola Marenco. « Il se posait des questions, mais il savait aussi accepter les réponses, quelle que soit leur provenance, même celles de ceux qu’il n’estimait pas de prime abord » – comme les chrétiens, au début.
« Quand il entendait sonner les cloches (des églises chrétiennes), cela l’irritait », explique-t-elle. « Et pourtant, il est allé vivre parmi eux pour voir comment ils vivaient et s’est laissé surprendre. Son parcours a été un long cheminement, un chemin de transformation personnelle. »
Holocauste nucléaire
Les 6 et 9 août 1945, deux des événements les plus terribles de l’histoire de l’humanité se sont produits lorsque l’US Air Force a largué deux bombes atomiques : l’une sur Hiroshima et l’autre sur Nagasaki, dans l’île méridionale de Kyushu, où à 11h02, la bombe au plutonium connue sous le nom de « Fat Man » a explosé, trois jours après la destruction d’Hiroshima par « Little Boy ».
Dans ce contexte déchirant, où brillent de « petites mais puissantes lueurs d’espoir », Nathalie Quinterie Fourmy, peintre et illustratrice française passionnée par l’Extrême-Orient, s’est lancée pour la première fois dans l’aventure de la bande dessinée afin de faire connaître la vie de Takashi Nagai.
Elle relate sa conversion au christianisme et son histoire de survivant du bombardement atomique. D’étudiant en médecine brillant et ambitieux – matérialiste et athée –, il devient un pionnier de la radiologie et de la recherche atomique, et découvreur de l’histoire des habitants d’Urakami (un récit de foi et de martyre). Il rencontre ensuite Midori, qui deviendra son épouse et l’accompagnera dans son cheminement vers le christianisme.
Après l’explosion de la bombe, Nagasaki a été rasé et Midori est morte, le laissant seul avec leurs deux jeunes enfants. Il a révélé au monde son extraordinaire résilience face à l’holocauste atomique en 1949 avec son livre « Les Cloches de Nagasaki », qui a connu un succès international. Il est mort le 1er mai 1951. Plus de 20 000 personnes ont assisté à ses funérailles, célébrées au milieu des ruines de la cathédrale de Nagasaki. Durant la cérémonie, la ville s’est arrêtée et les gongs bouddhistes, les cloches chrétiennes et les sirènes d’usines ont retenti.
L’œuvre de l’artiste française, qui retrace son parcours de vie et de foi, lui a valu le prix international de la bande dessinée chrétienne d’Angoulême 2025, pour son album Nagasaki 1945 (Takashi et Midori Nagai, un destin brisé par la bombe, une vie offerte pour la paix).
« La paix n’est pas un slogan, mais une longue lutte »
« En retraçant cette histoire à travers l’exposition », explique Paola Marenco, « la valeur de la paix se dégage, message que Takashi transmettait à tous ceux qui venaient lui rendre visite dans sa hutte. Il expliquait que la paix n’est pas du pacifisme ; ce n’est pas un slogan, mais une longue lutte ».
C’est aussi grâce à lui que Nagasaki demeure un cas unique dans l’histoire du Japon, malgré la tragédie atomique qui l’a frappée : « Pour les Japonais, le pardon est impensable. Ils n’avaient jamais été vaincus ; ils nourrissaient un désir de vengeance. Nombreux furent ceux qui vinrent lui demander : ‘Mais que faire maintenant ?’ À chacun, il répondit qu’un sacrifice plus grand était nécessaire pour parvenir à la paix : celui de nous transformer nous-mêmes’. »
(Avec Asianews/Dario Salvi)