Birmanie : une nouvelle église inaugurée dans l’État Chin, signe d’espérance et de résilience
Le 12 février, la nouvelle église Saint-Joseph a été consacrée par Mgr Lucius Hre Kung, évêque de Hakha dans l’État Chin.
© Diocèse de Hakha / Facebook
Le 19/02/2026
Le 12 février dans l’État Chin, au nord-ouest de la Birmanie, la communauté catholique a inauguré la nouvelle église Saint-Joseph dans le diocèse de Hakha. Dans cette région majoritairement chrétienne, durement touchée par la guerre civile depuis le coup d’État de 2021, ce lieu de culte apparaît comme un signe d’espérance et de résilience. Malgré les destructions d’édifices religieux et les déplacements massifs de population, l’évêque de Hakha assure que « la foi reste solide, car le peuple de Dieu continue de croire et d’espérer ».
Le 12 février dans le diocèse de Hakha, situé dans l’État Chin au nord-ouest de la Birmanie, les catholiques ont inauguré la nouvelle église Saint-Joseph dans le canton de Matupi. Elle est décrite comme un signe d’espérance et de résilience, dans une région majoritairement chrétienne et meurtrie par la guerre civile.
L’État compte environ 500 000 habitants, dont près de 85 % de chrétiens (une majorité de baptistes et environ 70 000 catholiques). La région est particulièrement affectée par le conflit depuis le coup d’État militaire de février 2021, qui a renversé le gouvernement civil élu d’Aung San Suu Kyi. Les événements survenus il y a maintenant cinq ans ont déclenché des violences qui se poursuivent toujours aujourd’hui, même après les élections controversées organisées par la junte le mois dernier.
Dans l’État Chin, la guerre a déplacé près de la moitié de la population selon les estimations, sans compter les dégâts causés aux habitations et aux infrastructures. La ville de Thantlang, en particulier, est devenue un symbole de ces destructions, quand l’armée a lancé une campagne d’incendies criminels entre fin 2021 et début 2022, forçant tous les résidents à fuir, soit près de 10 000 habitants.
« Un signe de l’amour de Dieu » au milieu des souffrances du peuple birman
Sur les 22 églises que comptait la ville, une seule reste debout selon l’agence Fides. Des églises catholiques, méthodistes, presbytériennes, pentecôtistes et adventistes du septième jour, considérées par l’armée comme des « lieux de résistance », ont été incendiées. Selon l’Organisation Chin pour les droits de l’homme, depuis 2021, plus de 107 édifices religieux, dont 67 églises, ont été détruits dans l’État Chin par l’armée dans le cadre de la guerre civile. Une grande partie de l’État est aujourd’hui sous le contrôle des forces anti-junte.
Parmi les sites catholiques endommagés récemment dans la région se trouve l’église du Christ-Roi de Falam, visée en avril 2025 dans le diocèse de Hakha. En février 2025, un bombardement a également endommagé l’église du Sacré-Cœur de Mindat, qui devait devenir la cathédrale du nouveau diocèse de Mindat.
Malgré ces dégâts, Mgr Lucius Hre Kung, évêque de Hakha, qui présidait la cérémonie d’inauguration le 12 février dernier à Matupi, a salué la nouvelle église comme une nouvelle étape pour la communauté catholique. « Dans la vie d’une paroisse, il y a peu d’événements plus significatifs et plus joyeux que la consécration d’une nouvelle église, maison de Dieu et maison du peuple de Dieu », a-t-il souligné en considérant cet événement comme « un vrai signe de l’amour de Dieu » au milieu des souffrances que traverse le peuple birman.
Il a également félicité les personnes qui ont contribué à la construction de l’église Saint-Joseph, en expliquant que quand les murs des églises sont détruits, « on frappe un bâtiment, mais la foi reste solide, car le peuple de Dieu continue de croire et d’espérer ». « L’Église est celle du Christ et Il est proche de son peuple ». « Restons fermes dans la prière et la communion, en restant unis au cœur du Christ et au cœur de Marie, qui embrassent toutes les souffrances de l’humanité », a-t-il conclu.
Sources : Ucanews, Fides