Birmanie

Cardinal Bo : « Ce rassemblement synodal nous donne l’énergie de revenir aux grands jours de l’évangélisation par les apôtres »

Le cardinal Charles Maung Bo, archevêque de Rangoun (Birmanie) et président de la Fédération des Conférences épiscopales d’Asie (ici en février 2023 à Bangkok). © bangkok.synod2023.org
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Le 23 octobre, le cardinal Charles Maung Bo, archevêque de Rangoun et président de la FABC (Fédération des Conférences épiscopales d’Asie), a présidé l’eucharistie dans la basilique Saint-Pierre à Rome, en présence de tous les membres de l’assemblée synodale (dont les travaux de la première session générale prendront fin ce dimanche 29 octobre). Dans son homélie, l’archevêque birman a reconnu que « notre cheminement de foi en Asie n’est pas sans difficultés », mais « nous accueillons avec optimisme l’appel lancé à l’Asie ».

Ce lundi 23 octobre, le cardinal Charles Maung Bo, archevêque de Rangoun et président de la Fédération des Conférences épiscopales asiatiques (FABC), a présidé l’eucharistie dans la basilique Saint-Pierre en présence de tous les membres de l’Assemblée du Synode sur la synodalité (dont la première session générale au Vatican prendra fin ce dimanche 29 octobre après presque un mois de travaux).

À cette occasion, dans son homélie, le cardinal Bo a souligné que les fruits que les peuples d’Asie et du monde entier veulent avant tout récolter le long du chemin synodal sont l’espérance, la paix et la justice. À commencer par le souhait d’un renouveau à partir du chemin laissé par les apôtres qui ont semé l’Évangile sur les terres asiatiques.

En commentant les lectures du jour, le cardinal birman a également évoqué les souffrances qui se poursuivent dans son pays, la Birmanie, mais aussi dans de nombreuses autres Églises en Asie. « Notre parcours synodal a pour but de guérir et réconcilier le monde dans la justice et la paix », a-t-il expliqué. « La seule façon de sauver l’humanité et de créer un monde d’espérance, de justice et de paix passe par la synodalité mondiale de tous les peuples. »

« L’héritage dû aux générations futures est en péril »

Il a également évoqué les préoccupations du Synode liées à l’environnement, alors que l’héritage dû aux générations futures, à savoir « un monde plus pacifique avec l’intégrité de la Création intacte », est en péril. « Le réchauffement climatique a dévasté des communautés et les moyens de subsistance de millions d’habitants », a-t-il insisté, en rappelant que le pape François a « attiré l’attention sur le concept de justice intergénérationnelle ».

« En tant qu’évêques d’Asie, nous sommes parfaitement conscients des dommages environnementaux infligés à notre région à cause des catastrophes climatiques », a-t-il ajouté, en précisant que « nous avons une population importante de communautés chrétiennes autochtones, en particulier dans le sud de la mer de Chine, au centre de l’Inde, au Vietnam et en Birmanie ».

« Ces communautés ont été des protectrices de la nature, mais elles ont également souffert à cause des idéologies modernes, de la colonisation et de l’exploitation des ressources », a-t-il assuré. « En tant que FABC, nous appelons le monde entier à prêter attention à la destruction d’immenses étendues de forêts, qui sont les poumons de notre planète, dans ces régions, et à l’augmentation des violences envers les populations indigènes locales. »

« Nous accueillons avec optimisme l’appel lancé à l’Asie »

« Notre cheminement de foi en Asie n’est pas sans difficultés, mais ce rassemblement synodal nous donne l’énergie de revenir aux grands jours de l’évangélisation par les apôtres », a-t-il souligné. « Nous accueillons avec optimisme l’appel lancé à l’Asie pour que, inspirée par le voyage synodal de l’Église mondiale, elle devienne le XXIe siècle du Christ. »

En évoquant la communauté catholique birmane, le cardinal Bo l’a décrite comme « un petit troupeau actuellement dispersé à cause des catastrophes naturelles et des crises provoquées par l’homme, qui provoquent des crises multidimensionnelles et d’immenses souffrances ». « Notre peuple est en exode. Des maisons ont disparu, des églises ont subi le poids de la cruauté et le chemin de croix est une réalité douloureuse dans de nombreuses régions d’Asie », a-t-il poursuivi.

« Pourtant, comme les femmes fidèles qui ont suivi Jésus le long du Chemin de Croix, l’Église en Birmanie et en Asie veut investir dans l’espérance de la réconciliation. Poursuivons notre chemin synodal pleins de larmes, confiant que comme ces femmes, nous verrons toutes les blessures guéries et une nouvelle ère d’espérance, de paix et de justice qui brillera sur toutes les nations longuement éprouvées », a-t-il souligné avant de conclure : « Prions pour que l’Église catholique, sous la direction du pape François, guide toute la famille humaine sur le long chemin de la guérison. »

(Avec Asianews)