Indonésie

Indonésie : à Surabaya, un père protestant et ses deux fils reçus dans l’Église catholique à Pâques

Hendrix Salvatore Chandrawan avec son épouse Fina Vironica Liesabeth et leurs enfants Stefan et Lorenzo, devant une grotte mariale à Surabaya, Indonésie. Hendrix Salvatore Chandrawan avec son épouse Fina Vironica Liesabeth et leurs enfants Stefan et Lorenzo, devant une grotte mariale à Surabaya, Indonésie. © Ucanews
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À l’approche de la Vigile pascale, une famille de Surabaya s’apprête à franchir une étape décisive. Ancien membre d’une Église protestante influente, Hendrix Salvatore Chandrawan, 42 ans, sera baptisé catholique avec ses deux fils adolescents. Un cheminement de quinze ans, marqué par des tensions familiales, un dialogue conjugal patient et une redécouverte progressive de la théologie du mariage, au cœur de la forte diversité religieuse indonésienne.

À la prochaine Vigile pascale, dans la paroisse Saint-Joseph de Surabaya (Java oriental), Hendrix Salvatore Chandrawan, 42 ans, s’avancera vers les fonts baptismaux avec ses deux fils, Stefan et Lorenzo. Pour cet époux et père de famille, cette entrée dans l’Église catholique vient sceller un itinéraire spirituel de quinze années, traversé par l’amour conjugal, l’épreuve du rejet et une conviction mûrie dans la durée.

Ancien membre actif de la Central Protestant Church de Surabaya, où sa sœur aînée aujourd’hui décédée et son beau-frère ont exercé comme pasteurs, Hendrix reconnaît que son mariage, en 2010, avec Fina Vironica Liesabeth, catholique pratiquante depuis l’enfance, n’allait pas de soi.

« Épouser une catholique n’a pas été facile. J’étais très engagé dans mon Église, et ma sœur ainsi que son mari dirigeaient des communautés alors qu’ils étaient encore jeunes », confie-t-il. Son frère et sa belle-sœur ont refusé d’assister à la cérémonie de mariage, tandis que des amis engagés dans le protestantisme l’ont exhorté à renoncer à cette union. Si ses parents ont respecté son choix, ces oppositions ont laissé des blessures profondes.

Les premières années de mariage ont été marquées par des discussions nourries sur leurs divergences confessionnelles. « Nous avons beaucoup parlé de nos différences au début. Mais notre promesse de rester unis comptait davantage que d’avoir les meilleurs arguments », souligne-t-il.

Peu à peu, l’affrontement a cédé la place au respect mutuel. La vision catholique du mariage comme « mystère sacré » a profondément marqué Hendrix. « Dans le catholicisme, le mariage est unique, indissoluble et fidèle. Le divorce et le remariage ne sont pas pris à la légère. Cette cohérence a compté pour moi », affirme-t-il.

À l’inverse, il dit avoir été troublé par certaines situations observées dans des milieux protestants. « Lorsque des pasteurs eux-mêmes se remarient après un divorce, cela soulève des questions sur la compréhension du mariage », estime-t-il.

Après un temps d’étude personnelle sur la primauté de l’Église catholique, son enracinement apostolique et son unité autour d’une hiérarchie clairement établie, il a décidé de s’inscrire au catéchuménat l’an dernier. Ses deux fils l’ont rapidement rejoint. Tous trois recevront le baptême lors de la Vigile pascale.

Un témoignage de la vitalité de l’Église en Indonésie

Son accompagnateur au sein du catéchuménat, Agustinus Longa, diplômé en philosophie et en théologie en Allemagne, salue son sérieux : « Hendrix a montré une compréhension solide de l’enseignement catholique. Nos échanges étaient profonds et sincères. Lui et ses fils n’ont manqué aucune rencontre. »

Installé depuis 2018 dans le quartier de la paroisse Saint-Joseph à Surabaya, il s’est progressivement impliqué dans la vie paroissiale, notamment après la levée des restrictions sanitaires. Selon Andry Budiman, responsable de la communauté catholique locale, « à partir de 2023, il était pleinement engagé », participant à l’organisation de temps de prière et de courts pèlerinages, notamment vers un sanctuaire marial du secteur.

Avec le recul, Hendrix perçoit la trace discrète du catholicisme dans son propre parcours. Il a fréquenté le collège Saint-Joseph de Surabaya, dirigé par les Sœurs de Saint-Charles-Borromée, puis l’école professionnelle Saint-Louis, animée par des prêtres vincentiens, où les élèves participaient à la messe des premiers vendredis du mois.

« Après l’obtention de mon diplôme, je me suis investi totalement dans le protestantisme. Mais les semences catholiques étaient déjà là », reconnaît-il. Fina, son épouse originaire de Banyuwangi, dans l’est de Java, voit dans cette formation initiale un terreau décisif. « Son éducation et ses convictions profondes l’ont amené à faire confiance en la foi catholique. Pour cela, je rends grâce », confie-t-elle. Elle assure qu’elle n’a exercé aucune pression : « Je ne l’ai jamais forcé, ni lui ni les enfants. Leur foi a grandi naturellement. »

Aujourd’hui, Hendrix, technicien automobile passionné autrefois de courses automobiles, consacre son énergie à son métier et à sa paroisse. « Je souhaite que notre famille grandisse dans la foi, vive pleinement comme une famille catholique et serve les autres à travers notre travail », résume-t-il.

Pour Fina, qui voit ses fils se préparer au baptême, l’événement dépasse la simple étape religieuse, mais représente le fruit d’un amour éprouvé par le temps et affermi par la patience – un témoignage discret mais éloquent de la vitalité de l’Église en Indonésie.

Cet article fait partie de la série « Christ calls, Asians respond » (« Le Christ appelle, les Asiatiques répondent »), publiée au cours du Carême par l’agence Ucanews.

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