Sri Lanka

L’Église sri-lankaise célèbre le 375e anniversaire de la naissance de saint Joseph Vaz, apôtre de l’île

Une jeune femme tient un portrait de saint Joseph Vaz durant la canonisation du premier saint du Sri Lanka, le 14 janvier à Colombo. Une jeune femme tient un portrait de saint Joseph Vaz durant la canonisation du premier saint du Sri Lanka, le 14 janvier à Colombo. © CNS photo/Anto Akkara
Lecture 5 min

Ce vendredi 16 janvier célèbre la fête de saint Joseph Vaz, apôtre du Sri Lanka, où l’Église débute les festivités du 375e anniversaire de la naissance ce missionnaire originaire de Goa, en Inde. Canonisé en 2015 à Colombo par le pape François, saint Joseph Vaz a contribué à évangéliser l’île au XVIIsiècle, après une période de persécution. Pour marquer ce jubilé, une grande messe a été célébrée ce jeudi 15 janvier au sanctuaire national Saint-Joseph-Vaz de Mahagalagamuwa (Kurunegala, province du Nord-Ouest).

Cette année marque le 375e anniversaire de la naissance de saint Joseph Vaz, un humble prêtre originaire de Goa (Inde), dont la mission audacieuse a contribué à évangéliser le Sri Lanka au XVIIsiècle. Ce jeudi 15 janvier, une grande messe est célébrée au sanctuaire national Saint-Joseph-Vaz de Mahagalagamuwa, situé à Kurunegala, capitale de la province du Nord-Ouest. La célébration est présidée par Mgr Harold Anthony Perera, évêque de Kurunegala, aux côtés de Mgr Anthonypillai Gnanapragasam, évêque de Mannar.

La fête de saint Joseph Vaz est célébrée chaque année le 16 janvier. Les festivités de ce 375e anniversaire sont organisées autour du thème « Notre apôtre, dans le Seigneur, donne-nous le courage de construire notre nation ». Le saint indien est en effet considéré comme l’apôtre du Sri Lanka.

Bien que l’histoire du catholicisme dans le pays remonte avant même l’arrivée des Portugais en 1505, c’est pendant la période portugaise que la foi s’est fortement répandue dans l’île, en particulier dans le Nord et l’Ouest. Par conséquent, la communauté catholique au Sri Lanka présente aujourd’hui une grande variété entre les fidèles de langue cinghalaise et tamoule (les Tamouls vivant majoritairement dans les provinces du Nord et de l’Est, et les Cinghalais dans la partie sud-ouest).

Après la période portugaise, des années sombres ont débuté pour l’Église locale quand les Hollandais ont pris le contrôle des régions côtières du Sri Lanka. Durant cette période de persécution, les prêtres catholiques ont été bannis de l’île, et la pratique de la foi catholique a été strictement interdite. Après presque trente ans sans un seul prêtre, la survie de la foi semblait impossible.

Une mission de sacrifice

Mais en mai 1687, le vent a tourné quand le père Joseph Vaz est arrivé depuis Goa, en Inde. Déguisé en mendiant et accompagné de son fidèle assistant, Jean, il est entré dans l’île avec le courage d’un martyr, raconte le média catholique asiatique RVA (Radio Veritas Asia), qui assure que sans l’arrivée du missionnaire, le catholicisme au Sri Lanka aurait entièrement disparu.

Dans son livre L’Église catholique à Ceylan sous le règne hollandais (Rome, 1957), le père Robert Boudens, OMI, a décrit sa mission : « Il y avait un homme humble, de peau brune, originaire de Goa. Vêtu d’un simple pagne et faisant l’aumône, cet individu se déplaçait dans le seul but de trouver des disciples de la Parole de Jésus. Sa présence restait enracinée sur cette terre, et la sueur qu’il a versée sur le sol de Lanka portera à jamais du fruit. »

Vers la canonisation

Le père Joseph Vaz a traversé l’île du nord au nord-ouest, de l’est au royaume de Kandy (un ancien État monarchique dans le centre et l’est du pays). Les miracles qui ont eu lieu à travers lui et ses voyages missionnaires infatigables ont amené Mgr Dom Pedro de Cochin à initier un processus de béatification dès 1713, soit seulement deux ans après sa mort. Malgré les nombreux obstacles qui ont ralenti le processus au fil des siècles, il s’est finalement réalisé au bout de 302 ans. Le 15 janvier 2015, le pape François l’a canonisé au jardin historique de Galle Face Green (à Colombo), en présence de plusieurs centaines de milliers de fidèles du Sri Lanka et de l’Inde.

Un héritage intemporel

Plusieurs personnages clés ont contribué à ce long parcours vers la sainteté. En 1747, le père Sebastian do Rego, un neveu de Joseph Vaz, a écrit sa première biographie en portugais, intitulée Vida do Veneravel Padre Jose Vaz. Plus tard, en 1987, le père Joe Quintus Perera, du diocèse de Chilaw, a soumis une thèse historique monumentale de 1 024 pages (Positio Historica) à la Congrégation pour les Causes des saints au Vatican, résultat d’une décennie de recherches.

Les Conférences épiscopales du Sri Lanka et de l’Inde, ainsi que la Commission nationale Joseph Vaz, ont également joué des rôles essentiels pour cette cause. Comme en témoigne RVA, il a laissé derrière lui une profonde sagesse, à l’exemple de cette citation : « Personne ne peut faire au moment de la mort ce qu’il n’a pas fait durant sa vie. » Saint Joseph Vaz représente toujours un pont entre les communautés catholiques d’Inde et du Sri Lanka, un humble « apôtre du Lanka » dont l’influence spirituelle continue de bénir les deux pays.

(Avec RVA)

Ad Extra est un site participatif, si vous souhaitez réagir, vous pouvez nous proposer votre contribution