Vietnam : un miracle nocturne conduit une mère bouddhiste au Christ
Bui Thi Kim Thanh devant la statue du Christ-Roi de Vung Tau (un monument de 32m de haut situé au sud du Vietnam).
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Le 09/04/2026
Au Vietnam, une jeune mère bouddhiste a reçu le baptême après une expérience spirituelle marquante vécue à l’hôpital, au chevet de sa fille malade. Dans l’angoisse d’une nuit décisive, sa prière adressée au Dieu chrétien est devenue pour elle un tournant intérieur. Peu à peu, ce moment de détresse s’est transformé en chemin de foi, malgré les réticences familiales. Son parcours illustre la rencontre entre traditions vietnamiennes et christianisme, ainsi que la force d’une conversion née d’une expérience personnelle.
Les couloirs de l’hôpital central de Hué, au centre du Vietnam, étaient silencieux et glacials à minuit, hormis les battements frénétiques du cœur de Bui Thi Kim Thanh. Pendant la majeure partie de ses 34 années, la vie spirituelle de Thanh avait été façonnée par les rituels réguliers et rythmés du temple bouddhiste local.
Les chants et prières traditionnels de sa jeunesse lui avaient soudain paru lointains, alors que sa fille de trois ans venait d’être emmenée en urgence au bloc opératoire pour soigner une otite moyenne aiguë, une infection de l’oreille qui, fait rare, avait mis sa vie en danger. En cette heure d’isolement et de « tension extrême », elle s’est tournée vers un Dieu qu’elle n’avait connu qu’en marge de son mariage, murmurant une prière désespérée qui allait changer sa vie.
Thanh est une employée de banque avisée, issue d’une famille traditionnelle. Elle est la benjamine de trois frères, tous attachés aux traditions bouddhistes et fréquentant régulièrement leur temple local. Lorsqu’elle a épousé Matthieu Phan Van Khi, un livreur catholique, en 2019, ils ont conclu un accord courant au Vietnam : ils respecteraient la religion de l’autre. Ils ont également convenu que leur premier enfant serait bouddhiste et le second catholique.

Ils ont parcouru le pays ensemble, menant une vie heureuse. Durant l’été 2025, ils ont visité la ville de Vung Tau, dans le sud du pays. Thanh explique y avoir ressenti une émotion inattendue devant la statue emblématique du Christ-Roi de Vung Tau, haute de 32 mètres et érigée sur une colline de 170 mètres. « J’ai trouvé la statue très impressionnante, sacrée, et elle a attiré mon attention plus que d’autres sites religieux que j’avais visités », raconte-t-elle.
En cherchant à acheter des souvenirs, elle a choisi une calligraphie pour sa belle-mère catholique. C’était une citation de la Bible (Matthieu 6, 31-32) : « Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?” ou bien : “Qu’allons-nous boire ?” ou encore : “Avec quoi nous habiller ?”… Votre Père céleste sait que vous en avez besoin. » Elle explique que ces mots sont devenus par la suite « l’ancre de son âme ».
Un pont entre deux mondes
Dans le couloir de l’hôpital, ces mots calligraphiés lui ont offert courage et réconfort. « Mon Dieu, sauvez mon enfant. Je crois que vous donnez à mon enfant tout ce qui est bon. Je vivrai selon votre parole », a-t-elle imploré. Quand sa fille Phan Bui Khanh Thi s’est rétablie de son opération à une vitesse record, Thanh y a vu « une réponse divine plutôt qu’un miracle médical ».
« J’ai commencé à comprendre que la prière est puissante », confie-t-elle. « Dieu me répond. Quand nous prions avec foi, il répond immédiatement. » En signe de gratitude, la famille a fêté son premier Noël ensemble l’année dernière, en décorant sa maison de lanternes et en se rendant devant la crèche paroissiale. Quand elle a annoncé à ses parents sa décision de se convertir au catholicisme, ils ont été « tristes et déçus », y voyant une rupture avec la tradition spirituelle de leur famille.
Selon une idée fausse très répandue au Vietnam, beaucoup pensent que les catholiques n’honorent pas leurs ancêtres, malgré l’importance du culte des ancêtres dans la culture vietnamienne. « Je leur ai expliqué que les catholiques aussi honorent leurs ancêtres. Peu à peu, ils se sont montrés plus ouverts. »
Parallèlement, elle confie apprécier les enseignements de l’Église contre des pratiques telles que la combustion du papier-monnaie, une coutume traditionnelle consistant à brûler des papiers coupés en forme d’objets de la vie quotidienne (monnaie, vêtements, articles de luxe…) en vue d’honorer les ancêtres défunts et rechercher leur prospérité dans l’au-delà. « Je sais que les catholiques ne pratiquent pas de telles superstitions. Mais ce qui me touche vraiment, c’est le respect de l’Église pour l’enfant à naître et la dignité accordée aux enfants innocents. Cela crée une culture de vie que je souhaite pour ma fille. »
Un nouveau nom, une nouvelle vie
Thanh et sa fille ont suivi le catéchuménat dans la paroisse de Vinh Loc avec six autres personnes, qui ont été baptisées lors de la veillée pascale le 4 avril. Thanh a été baptisée sous le nom de Thérèse, et sa fille a reçu celui de Catherine. Son mari, Matthieu Khi, se dit « extrêmement heureux » du baptême de sa femme et de sa fille. Il ajoute qu’il a « toujours prié pour cela ». « Dieu a répondu à mes efforts », ajoute-t-il.
Pour Thanh, ce baptême familial est plus qu’une étape religieuse… C’est le signe de l’amour de Dieu envers ceux qui lui font entièrement confiance. Elle souligne que la transformation de sa vie demeure le témoignage d’une promesse faite dans un couloir froid d’hôpital.
(Avec Ucanews)