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Deux citoyens américains arrêtés à quelques jours d’intervalle en Birmanie et en Chine

U Min Zin, un citoyen américain d’origine birmane, arrêté ce mois-ci dans la ville chinoise de Kunming. U Min Zin, un citoyen américain d’origine birmane, arrêté ce mois-ci dans la ville chinoise de Kunming. © Min Zin / Facebook
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Début juin, deux citoyens américains ont été arrêtés à quelques jours d’intervalle en Birmanie et en Chine. Adam Castillo, auteur d’un livre sur le coup d’État de 2021, a été arrêté le 11 juin en Birmanie et placé en détention provisoire. U Min Zin, d’origine birmane, a été arrêté le 3 juin à Kunming au Yunnan pour des activités présumées d’espionnage. Ces deux arrestations, survenues juste avant la visite diplomatique en Chine du président Min Aung Hlaing, illustrent la sensibilité croissante de Pékin concernant ses intérêts en Birmanie.

Le 3 juin puis le 11 juin, deux citoyens américains, dont un chercheur d’origine birmane, ont été arrêtés respectivement en Chine et en Birmanie, quelques jours avant la rencontre à Pékin, le 15 juin, du président Min Aung Hlaing et de son homologue Xi Jinping. Alors que le pays d’Asie du Sud-Est est toujours plongé dans la guerre civile, ces arrestations et cette visite chinoise de l’ex-général putschiste confirment le soutien croissant de la Chine au nouveau gouvernement birman.

Pour Min Aung Hlaing, sa venue en Chine représentait en effet une nouvelle étape vers la normalisation du régime, qui a pris le pouvoir lors du coup d’État de février 2021. Durant leur rencontre, les deux chefs d’État ont d’ailleurs exprimé leur volonté d’accélérer la coopération bilatérale et de promouvoir une profonde amitié « pauk-phaw » (un terme souvent utilisé par les médias d’État chinois pour décrire la « fraternité » entre la Birmanie et la Chine).

Cette visite s’est pourtant déroulée dans un contexte de fortes tensions, notamment après l’arrestation, le 3 juin à Kunming, dans la province chinoise du Yunnan, d’U Min Zin, un chercheur américain d’origine birmane, reconnu pour son expertise sur les relations diplomatiques entre Pékin et Naypyidaw. L’homme est directeur de l’institut ISP-Myanmar (Institute for Strategy and Policy-Myanmar), basé à Chiang Mai (dans le nord de la Thaïlande).

L’arrestation de Min Zin, signe de la sensibilité de Pékin sur ses intérêts en Birmanie

Les autorités chinoises l’accusent d’espionnage et de menace envers la sécurité nationale. Il avait été porté disparu quelques jours auparavant à son arrivée à Kunming, capitale du Yunnan, où il devait se rendre pour une série de rencontres universitaires. U Min Zin est considéré comme l’un des principaux experts sur les relations sino-birmanes. L’ISP-Myanmar a publié de nombreuses études ces dernières années, notamment sur le rôle de la Chine dans le conflit birman et sur l’impact de la guerre civile sur le commerce transfrontalier.

Richard Horsey, chercheur de l’International Crisis Group (un think-tank reconnu basé à Bruxelles), a expliqué à Nikkei Asia qu’U Min Zin « fait partie des pionniers sur l’analyse des relations entre la Chine et la Birmanie ». « Il a fondé l’un des rares programmes de recherche consacrés aux études chinoises en Birmanie, et il a encouragé à développer le dialogue et la compréhension mutuelle entre les mondes politiques des deux pays », a-t-il ajouté.

Pour certains analystes, son arrestation est un signal de la sensibilité grandissante de Pékin vis-à-vis de toute forme de veille indépendante sur les activités chinoises en Birmanie. L’un des derniers rapports de l’ISP-Myanmar était une analyse des relations entre la Chine et la MNDAA (Myanmar National Democratic Alliance Army), une des principales milices ethniques combattant la junte militaire, mais aussi soumise, comme plusieurs autres groupes, à l’influence chinoise. Coïncidence ou non, quand Min Aung Hlaing a atterri à Pékin, le groupe ethnique a remis à l’armée birmane 200 prisonniers de guerre (des soldats de la junte qui avaient été capturés par la milice).

Deux hommes connus pour leur critique de l’influence chinoise en Birmanie

De son côté, le consultant et auteur Adam Castillo, qui a publié un ouvrage sur le coup d’État militaire de 2021, a été arrêté le 11 juin en Birmanie, officiellement pour abus de confiance concernant un bien immobilier. Fondateur d’une société de conseil en sécurité, il a publié son livre-témoignage récemment, en détaillant son travail dans la communauté d’affaires birmane au milieu du putsch militaire – qui a poussé une grande partie de la communauté étrangère à quitter le pays.

Avant son arrestation, Adam Castillo, ancien président de la Chambre de commerce américaine locale, avait confié sur le réseau social Instagram qu’il achevait en Malaisie une tournée promotionnelle internationale sur son ouvrage, appelé Finding Our Voice (« Trouver notre voix »).

À première vue, le lien n’est pas évident entre les arrestations d’U Min Zin et Adam Castillo. Cependant, les deux hommes sont connus pour leur critique de l’influence chinoise en Birmanie, en particulier depuis le début de la guerre civile il y a plus de cinq ans. Dans son ouvrage, Adam Castillo défendait entre autres une politique américaine plus active en Birmanie. De son côté, parmi ses travaux, Min Zin travaillait sur le contrôle par Pékin des mines de terres rares dans l’État Kachin, frontalier de la Chine.

Sources : Asianews ; Ucanews

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