Après les inondations au Népal et au Tibet, l’Église locale évalue les besoins des sinistrés
© Aditya Pal / CC BY-SA 4.0
Le 27/08/2026
Selon un bilan provisoire du 27 août, les glissements de terrain et les inondations survenus la veille au Népal et au Tibet ont causé au moins 273 morts et plus de 1 300 disparus, dont des centaines de touristes étrangers. La catastrophe a été provoquée par l’effondrement d’un glacier. Elle a eu lieu à la frontière entre le Népal et le Tibet. Alors que l’aide internationale s’intensifie, l’Église népalaise évalue les besoins des sinistrés. Le pape prie pour les victimes.
Après les crues massives et les glissements de terrain survenus mercredi 26 août, à la frontière du Tibet et du Népal, l’Église catholique népalaise a commencé à évaluer les besoins des sinistrés, victimes des inondations causées par l’effondrement d’un glacier. Les coulées de boue et les inondations ont submergé des villages, des places de marché et des axes routiers le long des vallées des fleuves Bhote Koshi et Trishuli.
Parmi les quelque 1 300 personnes portées disparues figurent plusieurs centaines de touristes étrangers, dont quatre Français. Selon les autorités, on compte également au moins 178 Indiens, 65 Américains, 53 Ukrainiens, 51 Malaisiens, 33 Britanniques, 25 Canadiens et 12 Israéliens. La zone touchée comprend également l’un des principaux itinéraires de pèlerinage menant au mont Kailash, au Tibet, site sacré pour les hindous et les bouddhistes, et très fréquenté par les pèlerins, les touristes et les randonneurs.
Le vicariat apostolique du Népal évalue les besoins urgents
Selon le média catholique Crux, le père Silas Krishna Bogati, administrateur apostolique du vicariat du Népal, a déclaré que les inondations se sont déclenchées au Tibet avant de se propager vers le Népal, en emportant dans leur sillage des habitations et des villages dans quatre districts. « Nous avons 25 familles catholiques qui sont saines et sauves », a expliqué le père Bogati, en ajoutant qu’« il y a eu de nombreuses victimes » dans la zone touchée.
Il a aussi signalé que le père James Britto, un prêtre du vicariat, s’est retrouvé bloqué après avoir traversé le fleuve pour célébrer la messe. « Il ne peut pas retourner à sa mission car les routes et les ponts ont été emportés par les eaux. » Au moins 19 ponts et près de 40 km de routes ont été détruits. Selon le père Bogati, l’Église locale compte examiner comment elle peut soutenir les opérations de secours dans ce contexte.
Il a indiqué que le gouvernement a déclaré les districts touchés comme zones sinistrées pour une durée d’au moins trois mois, le temps que les autorités prennent en charge les blessés, qu’elles mènent des opérations de secours et évacuent les personnes bloquées vers des zones plus sûres. « C’est la deuxième fois que nous sommes confrontés à une telle catastrophe dans la région, mais celle-ci est d’une ampleur considérable », a-t-il ajouté.
« Le glacier s’est détaché nettement »
Côté tibétain, l’ampleur des dégâts reste plus difficile à évaluer en raison du contrôle strict exercé par les autorités chinoises sur les médias, particulièrement marqué dans la région. Cependant, l’intervention directe du président Xi Jinping, qui a ordonné aux équipes de secours de tout mettre en œuvre pour retrouver les disparus, témoigne de la gravité de la situation.
L’historienne de l’environnement Ruth Gamble, de l’université La Trobe, a confié à l’AFP que les coulées de boue et de débris se sont propagées « comme un tsunami intérieur, parcourant près de 170 km dans la vallée du Bhote Koshi jusqu’au Népal ». Selon l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS), la catastrophe a d’abord été signalée comme un tremblement de terre. Selon l’USGS, des analyses complémentaires des données sismiques et des images satellites ont ensuite permis d’établir que « l’événement sismique était en réalité un effondrement glaciaire et une coulée de débris ».
Les autorités ont averti qu’une autre inondation reste possible en raison d’un barrage naturel qui obstrue toujours le cours d’eau en amont, sur le fleuve frontalier entre le Népal et le Tibet. Le géologue Daniel Shugar, de l’université de Calgary, a expliqué au New York Times que « le glacier s’est détaché nettement, ce qui lui a permis de chuter de plus d’un kilomètre jusqu’au fond de la vallée ». Certains experts soupçonnent qu’une immense poche d’eau piégée dans le glacier s’est libérée d’un seul coup. « La zone ressemble à une zone dévastée par une explosion. »
Le pape adresse ses condoléances
Cette catastrophe est la pire catastrophe naturelle qu’ait connue le Népal depuis le séisme de 2015, qui avait fait près de 9 000 victimes. L’année dernière encore, des crues soudaines dans la même région avaient causé 18 décès et d’importants dégâts. Les pluies de mousson, de juin à septembre, provoquent régulièrement des inondations et des glissements de terrain meurtriers dans toute l’Asie du Sud. Les scientifiques affirment que les changements climatiques accroissent la fréquence et l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes dans la région.
Jeudi 27 août, le pape Léon XIV a adressé ses condoléances en se disant « profondément attristé » par la crue, selon un télégramme signé par le secrétaire d’État du Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin. Le Saint-Père a confié prier « pour le personnel d’urgence engagé dans les opérations de secours ».
Sources : Cruxnow.com, Asianews, Ucanews