Taïwan appelle la Chine et Hong-Kong à libérer Joshua Wong et à mettre fin à la répression
Joshua Wong (ici photographié en 2023), figure emblématique prodémocratie à Hong-Kong, a plaidé coupable le 2 septembre dans le cadre d’un second procès.
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Le 07/09/2026
Joshua Wong, 29 ans, figure emblématique du mouvement prodémocratie hongkongais, devait être libéré de prison en janvier 2027 à l’issue de sa première condamnation. Il se retrouve de nouveau sur le banc des accusés pour « collusion avec des forces étrangères » en vertu de la loi sur la sécurité nationale. Il a plaidé coupable le 2 septembre et risque la prison à vie pour un délit d’opinion. Le 4 septembre, Taïwan a dénoncé la répression des libertés fondamentales à Hong-Kong et appelé à mettre fin aux persécutions politiques.
Mercredi 2 septembre, le militant hongkongais prodémocratie Joshua Wong a plaidé coupable face aux nouveaux chefs d’accusation auxquels il faisait face dans le cadre de la loi sur la sécurité nationale. Il risque la prison à vie. Selon le service français de Radio Taiwan International (RTI), il est notamment accusé d’avoir conspiré avec des forces étrangères entre juillet et novembre 2020, afin d’obtenir l’imposition de sanctions contre Hong-Kong et la Chine. Déjà emprisonné dans une autre affaire liée à la sécurité nationale, il risque une peine pouvant aller jusqu’à la réclusion à perpétuité pour « crime grave ».
Vendredi 4 septembre, le palais présidentiel taïwanais a réagi en appelant les autorités chinoises et hongkongaises à cesser d’utiliser la sécurité nationale comme prétexte pour réprimer les dissidents et museler les libertés. La porte-parole de la présidence Karen Kuo a notamment dénoncé l’atteinte aux droits humains et à l’indépendance de la Justice à Hong-Kong, sous couvert de la loi chinoise sur la sécurité nationale. Elle a aussi exhorté Pékin à mettre fin aux persécutions politiques et à libérer toutes les personnes détenues pour leurs opinions.
De son côté, le gouvernement a également appelé les autorités chinoises et hongkongaises à cesser toute répression et, au contraire, à garantir les libertés fondamentales de tous les habitants de Hong-Kong. La porte-parole du gouvernement taïwanais, Michelle Lee, a par ailleurs déclaré que cette affaire souligne la nécessité pour Taïwan de défendre et renforcer sa souveraineté et ses capacités de défense afin de préserver sa démocratie.
Un nouveau procès pour prévenir sa libération
Le 2 septembre, lors de son second procès, après déjà cinq ans de prison, Joshua Wong a prononcé un seul mot devant les juges : « coupable ». Il avait acquis une notoriété internationale lors de la « Révolution des parapluies » de 2014, en mobilisant des milliers de jeunes dans les rues de Hong-Kong. En 2026, douze ans plus tard, il est jugé dans le cadre de la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin en juin 2020, à la suite de la nouvelle vague des manifestations prodémocratie de 2019.
Les accusations portées contre Joshua Wong, un chrétien évangélique qui a été scolarisé à l’United Christian College de Kowloon, concernent les activités de Demosisto, le mouvement prodémocratie qu’il a cofondé avec Nathan Law – avec Nathan Law – autre figure du « Mouvement des parapluies », aujourd’hui en exil à Londres.
Demosisto a été dissous le jour même de l’adoption de la loi sur la sécurité nationale, mais cela n’a pas empêché Joshua Wong d’être poursuivi. Il est accusé d’avoir demandé à des gouvernements étrangers d’imposer des sanctions, des blocus économiques ou d’autres mesures hostiles contre Hong-Kong en réponse à la répression des mouvements prodémocratie et de défense des droits humains. Selon l’accusation, Joshua Wong a poursuivi cette activité même après l’entrée en vigueur de la loi en juin 2020, tandis que Nathan Law a quitté Hong-Kong pour continuer depuis l’étranger.
À Hong-Kong, le délit de « collusion avec des forces étrangères » est aujourd’hui passible de la réclusion à perpétuité. Il est donc aisé de supposer que le plaidoyer de culpabilité de Joshua Wong visait, en accord avec ses avocats, à obtenir une réduction de peine. Après tout, l’issue du procès semblait inévitable, comme l’ont démontré, le 21 août, les cas de Chow Hang-tung et de Lee Cheuk-yan (qui ont refusé de plaider coupable du délit de « subversion »).
L’espoir de s’occuper de ses parents âgés
Dès son premier procès lié au « Groupe des 47 » (les organisateurs des élections primaires non officielles organisées en 2020 par le camp prodémocratie à Hong-Kong), Joshua Wong avait adopté la même stratégie juridique en plaidant coupable du délit de « subversion ». À ce titre, en 2024, il avait été condamné à « seulement » 4 ans et 8 mois de prison, qu’il aurait dû purger en janvier 2027. Cependant, sa nouvelle arrestation en juin 2025, alors qu’il était en prison, a clairement montré que même après l’expiration de sa peine, les portes de la prison ne s’ouvriraient pas pour lui.
Il est clair qu’il s’agit de procès distincts pour un « crime » fondamentalement identique : une situation qui serait, en théorie, inacceptable dans un système judiciaire. Pour la justifier, le procureur Mingme Yeung a soutenu que Joshua Wong, même après la dissolution de Demosisto, « aurait continué à soutenir la progression du front international par le biais des médias étrangers et des réseaux sociaux ».
Le militant connaîtra sa peine dans les prochaines semaines. Son avocat, Derek Chan, a déclaré avoir déjà été informé que Joshua Wong ne bénéficiera d’aucune remise de peine (ce qui lui aurait permis de déduire de sa nouvelle peine le temps déjà passé en prison).
Au tribunal, Joshua Wong, qui semblait avoir maigri, a salué d’un signe de tête ses amis et sympathisants. Parmi les personnes présentes figuraient d’anciens membres de Scholarism, un groupe d’activistes étudiants aujourd’hui dissous et qu’il a fondé en 2011, alors qu’il n’avait que 15 ans.
Son avocat Derek Chan a également déclaré que Joshua, qui aura 30 ans le mois prochain, a eu « une longue occasion de réfléchir à son parcours », ajoutant qu’« il n’a pas perdu son temps en prison ». Il a précisé qu’il a lu plus d’une centaine de livres d’auteurs de tous horizons politiques pendant sa détention, et qu’il espère pouvoir s’occuper de ses parents âgés une fois libéré.
(Avec RTI et Asianews)