Inde

250 ans de mission à Pondichéry (1776-2026) : « Se souvenir, se réjouir, se renouveler »

Le père Vincent Sénéchal, supérieur général MEP, le 25 août lors du jubilé des 250 ans de la mission MEP à Pondichéry. Le père Vincent Sénéchal, supérieur général MEP, le 25 août lors du jubilé des 250 ans de la mission MEP à Pondichéry. © LourdesTV/Youtube
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À l’occasion du 250e anniversaire de l’arrivée des Missions Étrangères de Paris (MEP) à Pondichéry, en 1776, l’Église locale célèbre un héritage qui a profondément marqué l’histoire du catholicisme dans le sud de l’Inde, entre la formation du clergé, la création d’institutions éducatives et le développement des structures ecclésiales. Ce jubilé est organisé sur le thème « Se souvenir, se réjouir, se renouveler », afin de rendre grâce pour le chemin parcouru et de raviver l’élan missionnaire face aux défis actuels.

Pour l’Église catholique dans le sud de l’Inde, l’année 2026 marque une étape importante : le 250e anniversaire du début des activités missionnaires des Missions Étrangères de Paris (MEP) à Pondichéry, en 1 776. Comme l’écrit l’archidiocèse, « ce jubilé nous invite à nous souvenir avec gratitude de la foi, du courage et du zèle missionnaire des pères MEP, qui ont travaillé sans relâche à renforcer les fondations de l’Église catholique dans la région, en particulier dans l’archidiocèse de Pondichéry-Cuddalore ».

« Par leur infatigable travail d’évangélisation, leurs initiatives dans le domaine de l’éducation et leur service empreint de compassion, les missionnaires des MEP ont contribué à enraciner profondément l’Évangile en terre indienne », ajoute l’archidiocèse, qui explique que ce jubilé offre une occasion privilégiée de célébrer cet héritage, de renouveler l’esprit missionnaire et de raviver l’engagement en faveur de l’annonce de l’Évangile.

Le sens de cette célébration

Pour l’archidiocèse, le fait de retracer ses racines historiques est une occasion de « mieux comprendre la signification de cette célébration ». Il y a 250 ans, le début de la mission MEP dans le sud de l’Inde a ouvert une nouvelle ère pour l’évangélisation dans la Pondichéry du XVIIIe siècle.

Pondichéry était à l’origine un hameau de pêcheurs dans une terre aride et déserte. La découverte des routes maritimes en a fait un lieu qui a attiré tous les regards. Ainsi, des Romains au Ier siècle aux Danois au XVIIe siècle, différents explorateurs y ont débarqué. À la suite de ces explorations, les activités missionnaires ont commencé également à se développer, avec l’aide des missionnaires qui accompagnait les explorateurs. La première trace d’une activité missionnaire est attribuée à saint François Xavier qui, au cours de ses voyages vers le Japon et la Chine, a séjourné brièvement au lieu appelé aujourd’hui Uppalam (Pondichéry).

La première présence missionnaire connue et attestée par des documents remonte au 8 janvier 1632, avec l’arrivée de missionnaires capucins, qui sont toutefois repartis en 1634. Un second groupe de capucins a débarqué à Pondichéry le 26 juin 1642, avant de repartir également.

En 1673, le commandant français Bellanger de Lespinay s’installe à Pondichéry avec deux pères capucins venus de Madras, ouvrant ainsi la voie à l’établissement de la mission catholique à Pondichéry. De 1673 à 1689, les capucins sont les seuls missionnaires présents à Pondichéry. En 1687, des pères MEP expulsés du Siam viennent s’installer à Pondichéry et y établir une procure.

Deux missionnaires MEP, le P. de Lionne et le P. de la Vigne, sont les premiers missionnaires des MEP à s’y établir. Le 2 novembre 1688, un premier groupe de jésuites expulsés du Siam débarque également à Pondichéry. Les pères MEP comme les jésuites ont été bien accueillis par les capucins.

L’arrivée des Missions Etrangères de Paris

La mission du Carnatique, également appelée mission de la côte de Coromandel ou « mission du Malabar », a été fondée par les jésuites. En 1701, le P. Tachard, SJ, surnommé « l’Apôtre du Siam », a proposé la création d’une mission française distincte, détachée de la mission de Maduré, qui comptait principalement des prêtres venus du Portugal.

Le 22 septembre 1700, le supérieur général des jésuites, dans une lettre adressée au P. de la Breuille, SJ, à Pondichéry, autorise la création d’une nouvelle mission, qui pose les fondations des parties tamoule et télougoue de la mission du Carnatique.

La suppression de la Compagnie de Jésus en 1773 rend nécessaire la recherche d’une nouvelle congrégation missionnaire pour prendre en charge les missions de Maduré et du Carnatique. Les capucins, déjà présents à Pondichéry, se proposent pour diriger la mission du Carnatique, mais Jean Law de Lauriston, gouverneur général de Pondichéry, propose plutôt la Société des Missions Étrangères de Paris.

Après les accords préliminaires, le pape Pie VI et le roi Louis XVI invitent la Société des Missions Étrangères à prendre en charge les missions du Carnatique et de Maduré, en nommant Mgr Brigot comme supérieur de la mission le 30 septembre 1776. Cet événement marque le début d’une nouvelle ère dans l’histoire de l’archidiocèse de Pondichéry et Cuddalore.

Les grandes étapes de la mission de Pondichéry

Couvrant un vaste territoire, la mission de Pondichéry a compté jusqu’à présent 331 missionnaires MEP, depuis Mgr Brigot en 1 776 jusqu’au P. Olivier en 2009. Après l’arrivée des missionnaires des MEP, les missions du Carnatique et de Maduré ont connu un nouvel essor.

1778 – Mgr Brigot fonde à Oulgaret (Uzhavarkarai) un séminaire destiné à la formation du clergé autochtone, dont le premier recteur est le P. Busson, ancien jésuite.

1788 – Le P. Thomas, premier prêtre autochtone, est ordonné à l’âge de 49 ans.

1835 – La mission de Pondichéry est élevée au rang de vicariat, devenant le vicariat de la côte de Coromandel, avec Mgr Hébert comme premier vicaire apostolique.

1837 – La mission de Maduré est confiée par les MEP aux jésuites.

1840 – Création de l’imprimerie de la mission.

1844 – Le premier synode du vicariat apostolique de la côte de Coromandel a lieu à Pondichéry. À la suite de ce synode, le couvent du Cœur immaculé de Marie est fondé le 16 octobre 1844 par le père Louis Savinien Dupuis, MEP, afin d’assurer l’éducation des jeunes filles d’origine indienne.

1845 – Séparation des missions de Coimbatore et de Mysore du vicariat de Pondichéry.

1846 – Le petit séminaire est ouvert sur le modèle d’un petit séminaire français, accueillant pour leurs études tous les jeunes, y compris ceux qui ne se destinent pas au séminaire.

1849 – Le deuxième synode de Pondichéry.

1868 – Saint-Joseph, Cuddalore.

1886 – Le pape Léon XIII élève officiellement le vicariat de Pondichéry au rang d’archidiocèse, le 1er septembre, et Mgr Laoeunan, MEP, en devient le premier archevêque.

1899 – Le diocèse de Kumbakonam est séparé de l’archidiocèse le 1er septembre 1899.

1930 – Le diocèse de Salem est séparé de l’archidiocèse de Pondichéry le 26 mai 1930.

1932 – Le petit séminaire Sainte-Agnès est ouvert à Cuddalore, avec le père Compuzan, MEP, comme premier recteur.

1934 – Le séminaire Saint-Joseph est transféré de Pondichéry à Bangalore et devient le grand séminaire Saint-Pierre.

Renouveau missionnaire

Comme l’écrit l’archidiocèse, en rendant grâce à Dieu pour ces 250 années, il cherche à « honorer l’héritage missionnaire des pères MEP » et à renouveler l’engagement de l’Église en faveur de la mission, du service et de l’évangélisation dans le contexte actuel.

Sous le thème principal du jubilé, « Se souvenir, se réjouir, se renouveler », il s’agit de faire mémoire enexprimant « notre gratitude pour 250 années de conduite divine et de zèle missionnaire », et d’entretenir la mémoire de tous les missionnaires des MEP qui ont œuvré dans la mission de Pondichéry de 1776 à 2009.

Il s’agit aussi de favoriser un renouveau, en ravivant le zèle missionnaire parmi le clergé, les religieux et les laïcs à la lumière des défis contemporains. L’archidiocèse souhaite aussi encourager la formation en approfondissant « la compréhension de la vocation missionnaire de l’Église par la catéchèse, les études historiques et l’engagement des jeunes », et citer des témoins de foi qui puisse « faire renaître dans la vie du peuple, et particulièrement chez les jeunes, le zèle et l’esprit de sacrifice des missionnaires ».

Conclusion

« Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête ! » (Ps 125) « Alors que nous célébrons 250 ans de mission MEP à Pondichéry, nous nous souvenons avec gratitude, nous vivons le présent avec passion et nous embrassons l’avenir avec espérance », conclut l’archidiocèse de Pondichéry. « La célébration de ce jubilé a pour but de rappeler leur témoignage héroïque, de célébrer les fruits de leur travail et de discerner de nouveaux chemins pour l’avenir de la mission », ajoute-t-il.

« Guidés par l’Esprit-Saint qui a appelé et glorifié ses serviteurs (Romains 8, 30), que cette célébration renouvelle nos cœurs pour la mission, qu’elle approfondisse notre communion en tant qu’Église, et qu’elle nous pousse à proclamer l’Évangile avec une ardeur renouvelée pour notre temps. »

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