Inde : une survivante des violences de Kandhamal célèbre 25 ans de vie religieuse
Le 26 mai, près de 300 fidèles, dont 35 prêtres et 20 religieuses, ont participé au jubilé d’argent de sœur Anjali Nayak à Kerubadi, dans le district de Kandhamal (Odisha).
© RVA
Le 02/06/2026
Une religieuse catholique qui a survécu aux violences antichrétiennes de Kandhamal, survenues en 2008 dans l’État d’Odisha (dans l’est de l’Inde), a célébré ses 25 ans de vie religieuse le 26 mai. Sœur Anjali Nayak, des sœurs Carmélites de Sainte-Thérèse (CSST), a célébré ce jubilé lors d’une messe d’action de grâce en présence d’environ 300 fidèles. Elle leur a donné un témoignage de foi, de pardon et de persévérance, 17 ans après le massacre qui a causé la mort d’au moins une centaine de personnes.
Près de 300 catholiques de la station missionnaire de Kerubadi, à Kandhamal dans l’État d’Odisha (dans l’est de l’Inde), ont célébré les 25 ans de vie religieuse de sœur Anjali Nayak, survivante du massacre antichrétien de Kandhamal (25 au 28 août 2008). Parmi eux, 35 prêtres et 20 religieuses étaient présents pour marquer le jubilé de cette sœur des Carmélites de Sainte-Thérèse (une congrégation missionnaire fondée en 1887 au Kerala).
La messe d’action de grâce a été présidée le 26 mai par Mgr Sarat Chandra Nayak, évêque du diocèse de Berhampur (une ville située sur la côte est indienne, dans l’État d’Odisha). « Alors que vous célébrez ce jubilé d’argent, que votre vie inspire beaucoup de croyants à rester fermes dans la foi », a confié l’évêque. « Que les flammes de la persécution ne consument pas votre foi ; au contraire, que votre témoignage rayonne toujours pour le Christ et son Église. »
Née le 23 avril 1979 à Kerubadi, un village de la région de Kandhamal, sœur Anjali est l’aînée de cinq enfants. Elle a prononcé ses vœux solennels en 2001 au sein de sa congrégation. Celle-ci mène différentes missions éducatives, sociales et caritatives à travers l’Inde. Sœur Anjali servait au couvent du Mont Carmel de Balliguda (Kandhamal) lorsque les violences antichrétiennes de 2008 ont éclaté dans la région. Durant les attaques, de nombreuses églises, couvents et maisons chrétiennes ont été ciblés, forçant beaucoup de fidèles à fuir.
« Les persécutions n’ont pas affaibli sa foi »
La semaine dernière durant la messe, sœur Anjali s’est souvenue des souffrances subies par la communauté, en racontant comment sa supérieure s’est échappée de justesse quand les attaquants ont mis le feu à plusieurs bâtiments à proximité. « C’est la main puissante de Dieu qui m’a sauvée. Traverser les flammes ne m’a causé aucune blessure. Les menaces et les violences n’ont pas ébranlé ma vocation. »
Malgré le traumatisme des persécutions, elle a poursuivi son ministère avec un dévouement renouvelé, à travers la prière, l’éducation, les œuvres caritatives, la formation des jeunes et le soutien des communautés marginalisées. De son côté, le père Deepak Singh, responsable de la station missionnaire de Kerubadi, a décrit sœur Anjali comme « un témoin vivant de l’amour et de la miséricorde de Dieu ». « Les blessures des persécutions n’ont pas affaibli sa foi mais ont approfondi son engagement au service de Dieu et de l’humanité », a ajouté Devjani Nayak, un paroissien.
Les participants ont aussi salué les contributions de la religieuse à l’harmonie communautaire, à l’éducation et au renouveau spirituel dans la région. À l’issue du jubilé d’argent, les fidèles ont été invités à dépasser la peur, et à se rappeler que l’amour peut triompher sur la haine.
(Avec RVA)