Inde

En Inde, l’Église salue l’acquittement d’une Missionnaire de la Charité dans une affaire de trafic d’êtres humains

Des Missionnaires de la Charité servent de la nourriture à un homme au couvent de Ranchi en 2025. Chaque samedi, le couvent sert des repas aux hommes démunis et toxicomanes. Des Missionnaires de la Charité servent de la nourriture à un homme au couvent de Ranchi en 2025. Chaque samedi, le couvent sert des repas aux hommes démunis et toxicomanes. © Anto Akkara
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Vendredi 18 juin, le tribunal de district de Ranchi (la capitale de l’État du Jharkhand dans l’est de l’Inde) a acquitté sœur Concelia Baxla, faussement accusée en juillet 2018 dans une affaire présumée de trafic d’enfants. L’Église indienne a salué la décision de justice et s’est réjouie d’une « victoire de la vérité ». La religieuse des Missionnaires de la Charité, la congrégation fondée par sainte Teresa de Calcutta, dirigeait à l’époque le foyer Nirmal Hriday (Cœur tendre) pour mères célibataires à Ranchi.

L’Église en Inde a salué l’acquittement, vendredi 18 juin à Ranchi, capitale de l’État du Jharkhand dans l’est de l’Inde, d’une religieuse des Missionnaires de la Charité (MC) et de deux personnes laïques, dans le cadre d’une affaire présumée de trafic d’enfants qui a fait grand bruit il y a huit ans.

« Nous remercions Dieu pour ce verdict du tribunal. Nous sommes heureuses que nos prières aient été entendues », a déclaré sœur Concettina, secrétaire générale de la congrégation, samedi 19 juin depuis la maison mère à Calcutta. « Enfin, ce long combat de huit ans prend fin », a réagi Mgr Vincent Aind, archevêque de Ranchi, après le verdict rendu le 18 juin par le tribunal de district de Ranchi.

Le 4 juillet 2018, sœur Concelia Baxla et deux aides du foyer Nirmal Hriday (« Cœur tendre ») pour mères célibataires deRanchi avaient été arrêtées à la suite d’une plainte déposée par Rupa Verma, présidente du Comité de protection de l’enfance du district de Ranchi. Celle-ci avait accusé le foyer d’avoir vendu un nourrisson de 14 jours à un couple.

À l’époque, les informations sensationnalistes sur cette affaire de « trafic d’enfants » impliquant les Missionnaires de la Charité, fondées par sainte Teresa de Calcutta, avaient fait la une des journaux du monde entier. Le ministère fédéral de la Femme et de l’Enfant, sous le gouvernement du parti nationaliste hindou BJP (Bharatiya Janata Party, « parti du peuple indien »), avait tenté de discréditer la congrégation féminine, déclenchant une vague de critiques. Le ministère avait même ordonné l’inspection de tous les foyers MC du pays.

Mgr Mascarenhas évoque la détresse et l’humiliation de la congrégation

Le 11 juillet 2018, quelques jours après l’arrestation à Ranchi, une importante chaîne d’information indienne, connue pour défendre les positions du BJP, avait affirmé que le nombre de bébés manquants dans les foyers de la congrégation s’élevait à 280, et avait qualifié les Missionnaires de la Charité de « société multimillionnaire ».

Trois jours plus tard, la chaîne avait renoncé à sa première accusation invraisemblable pour parler de « trois bébés vendus ». Même la Cour suprême indienne avait refusé la libération sous caution de la religieuse accusée. Elle a passé 14 mois en prison avant de pouvoir être libérée sous caution par la Haute Cour du Jharkhand.

« Nous sommes heureux que la justice ait rejeté cette affaire fabriquée de toutes pièces », a également commenté Mgr Theodore Mascarenhas, qui était à l’époque secrétaire général de la Conférence épiscopale indienne. « Cela faisait partie d’une conspiration destinée à ternir l’image de l’Église. Il faut comprendre cette affaire dans le contexte du climat politique de l’époque au Jharkhand (sous gouvernement BJP), où des efforts concertés visaient à discréditer l’Église. Les institutions ecclésiales subissaient des visites d’équipes d’investigation jusqu’à tard le soir. »

Après cette affaire, 22 enfants – de la naissance à l’âge de cinq ans – qui bénéficiaient de soins nutritionnels au foyer MC voisin de Hinoo ont été emmenés par le gouvernement, et deux d’entre eux sont décédés.

« J’ai rencontré le ministre fédéral de l’Intérieur pour lui faire savoir l’humiliation et la détresse qu’ont vécu les Missionnaires de la Charité, ainsi que la douleur de l’Église en Inde, à cause de cette accusation absurde », a ajouté Mgr Mascarenhas, qui est aujourd’hui évêque de Daltonganj au Jharkhand. « Je ne peux oublier le visage en larmes de sœur Concelia quand je suis allé la voir en prison, où elle m’a dit ‘J’ai faim de l’Eucharistie’ », a-t-il poursuivi.

Par ailleurs, selon des sources au sein de l’Église à Ranchi, la nouvelle de la décision d’abandonner les poursuites contre la congrégation a été pratiquement occultée par les médias locaux du Jharkhand, sans parler des médias nationaux dans le reste de l’Inde.

(Avec EWTN News)

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