Cambodge : les responsables bouddhistes remettent un titre honorifique à l’évêque de Phnom Penh pour des décennies de coopération
Mgr Olivier Schmitthaeusler, vicaire apostolique de Phnom Penh, le 13 juin 2026 avec des responsables bouddhistes à la pagode Wat Botum Vatey de Phnom Penh.
© Ly Sovanna / Catholic National Office for Social Communications in Cambodia
Le 24/06/2026
Le samedi 13 juin dernier, Mgr Olivier Schmitthaeusler, vicaire apostolique de Phnom Penh, s’est joint à des responsables bouddhistes et à des membres de la communauté catholique locale à l’occasion d’une cérémonie organisée à la pagode de Wat Botum Vatey, dans la capitale cambodgienne. L’évêque y a reçu un titre honorifique prestigieux en reconnaissance de son travail en faveur de la coopération bouddhiste-chrétienne au Cambodge.
Les autorités bouddhistes du Cambodge ont remis un titre honorifique à l’évêque de Phnom Penh, en reconnaissance de plusieurs décennies de coopération entre les communautés catholiques et bouddhistes, dans un pays où l’Église catholique reste une petite minorité.
Le 13 juin 2026, à la pagode de Wat Botum Vatey, dans la capitale cambodgienne, Mgr Olivier Schmitthaeusler, vicaire apostolique de Phnom Penh, a reçu le titre « Akka Mahāupāsakabuddhasāsanūpatthambhakr », qui peut se traduire par « Grand laïc aîné, soutien et défenseur de la doctrine du Bouddha ».
Ce titre lui a été conféré par le patriarche suprême Nun Nget de l’ordre bouddhiste Mohanikaya, et présenté à l’occasion d’une cérémonie présidée par le vénérable Khim Sorn, troisième vice-patriarche suprême de l’ordre.
Cet honneur s’ajoute à une distinction reçue par l’évêque en 2022, lorsque les responsables bouddhistes du pays l’avaient nommé « Maha Upasaka », en reconnaissance de son soutien aux communautés bouddhistes et de son rôle en faveur du dialogue et de la coopération entre la majorité bouddhiste cambodgienne et la petite communauté catholique.
À l’époque, les autorités bouddhistes avaient évoqué des projets conjoints de développement, des initiatives éducatives et des efforts pour renforcer la cohésion sociale. Le nouveau titre représente un niveau de reconnaissance plus élevé de la part des instances bouddhistes locales.
« Pour moi, évêque catholique, cet événement a une profonde signification »
Durant la cérémonie, le vénérable Khim Sorn a évoqué le cadre constitutionnel du Cambodge, qui reconnaît le bouddhisme comme la religion d’État tout en protégeant la liberté religieuse. Il a insisté sur le fait que la Constitution du Royaume du Cambodge « garantit la pleine liberté de religion sans coercition » et soutient l’harmonie religieuse, la coexistence pacifique et le respect mutuel entre les différentes religions.
Les dignitaires bouddhistes ont souligné que cette reconnaissance reflète le long engagement de Mgr Schmitthaeusler en faveur des initiatives des institutions bouddhistes pour l’éducation, l’aide humanitaire et le développement communautaire.
Pour l’évêque, ce titre marque un autre chapitre dans une relation qui a débuté il y a plus de deux décennies. « Pour moi, en tant qu’évêque catholique, cet événement a une profonde signification », a-t-il expliqué. Ce missionnaire d’origine française, membre de la Société des Missions Étrangères de Paris (MEP), a fait remonter ce lien avec ses années comme curé dans la province de Takeo, où catholiques et bouddhistes travaillaient ensemble pour des projets locaux de développement.
Les deux communautés ont collaboré face aux récentes tensions frontalières
Parmi ces projets figurait la construction d’une route reliant une communauté catholique et une pagode locale – une initiative qui, selon lui, a contribué à jeter les bases d’une coopération plus poussée.
Mgr Schmitthaeusler a également évoqué son soutien à la création d’une école primaire à Wat Ang Montrey. Les élèves y étudient notamment le pali, le sanskrit et d’autres matières. L’évêque a également souligné les efforts humanitaires conjoints déployés durant la pandémie de Covid-19 et l’aide apportée aux familles déplacées lors des tensions récentes le long de la frontière avec la Thaïlande.
« Le fait de recevoir aujourd’hui le statut d’Akka Mahāupāsakabuddhasāsanūpatthambhakr signifie une reconnaissance profonde de la façon dont l’Église catholique et le bouddhisme avancent main dans la main pour le bien commun de notre peuple et de notre pays », a-t-il confié. Il a également cité des initiatives récentes de dialogue impliquant des dirigeants bouddhistes et chrétiens du Cambodge et de toute l’Asie, axées sur la consolidation de la paix et la réconciliation.
« Nous savons que lorsque le Cambodge est en paix, son influence positive rayonne sur le reste du monde. C’est un signal fort : lorsque les religions cheminent ensemble, le monde peut reconnaître une paix véritable », a-t-il ajouté.
Une petite Église reconstruite après les Khmers Rouges
Le bouddhisme theravada est pratiqué par la grande majorité des quelque 18 millions d’habitants du Cambodge. L’Église catholique compte environ 20 000 fidèles répartis entre un vicariat apostolique et deux préfectures apostoliques.
L’Église catholique a été presque anéantie durant l’ère des Khmers Rouges, lorsque les communautés religieuses ont été persécutées et la plupart des édifices religieux détruits.
Depuis la reprise de la vie religieuse publique au début des années 1990, l’Église catholique s’est progressivement reconstruite à travers l’éducation, les soins de santé, les services sociaux et le ministère pastoral, devenant une présence modeste mais visible dans la société cambodgienne.
Source : EWTN News / Mark Saludes