Malaisie : le pèlerinage de sainte Anne de Penang attire des milliers de fidèles d’Asie du Sud-Est
Des danseuses Dayaks, un ensemble de peuples autochtones de Bornéo, lors d’une célébration dans l’église Sainte-Anne de Kota Padawan, dans l’archidiocèse de Kuching.
© RVA
Le 31/07/2026
Plusieurs milliers de fidèles de Malaisie, de Singapour et des pays voisins ont participé au pèlerinage annuel au sanctuaire de Sainte-Anne de Penang, le 26 juillet, pour la fête de sainte Anne. C’est un événement particulièrement important pour de nombreux catholiques d’Asie du Sud-Est, où la foi est souvent cultivée au sein des foyers et transmise de génération en génération. Ainsi, sainte Anne, mère de la Vierge Marie, symbolise le rôle souvent essentiel des mères et des aînés pour la transmission de la foi.
Dimanche 26 juillet, les catholiques de Malaisie et de Singapour ont célébré la fête de sainte Anne avec des neuvaines, des processions, des messes et des pèlerinages, en témoignant d’une dévotion qui continue d’unir les familles et les communautés à travers l’Asie du Sud-Est.
Le plus grand rassemblement a eu lieu dans la basilique mineure de Sainte-Anne de Bukit Mertajam, dans l’État de Penang, au nord de la Malaisie, où des milliers de pèlerins se sont réunis après neuf jours de prière pour honorer sainte Anne, la mère de la Vierge Marie et la grand-mère de Jésus.
Des pèlerins venus de toute la Malaisie, de Singapour et des pays voisins ont convergé vers le sanctuaire pour solliciter l’intercession de sainte Anne, en particulier pour les familles, les mariages, les enfants, les grands-parents et ceux qui sont éprouvés par la maladie ou les difficultés.
Pour beaucoup, ce pèlerinage annuel à Penang est bien plus qu’un simple festival religieux. De nombreuses familles ont voyagé ensemble, en portant des intentions de prière et en prenant le temps de prier au sanctuaire. Certains ont prié pour la guérison, tandis que d’autres ont confié leurs proches et les générations futures à la protection de sainte Anne.

« Cette fête trouve un écho particulier en Asie »
Cette célébration reflète également la riche diversité culturelle de la Malaisie. Chez les catholiques d’origine indienne, des guirlandes de fleurs sont déposées autour des statues de sainte Anne en signe d’honneur et de dévotion, illustrant l’enracinement de la foi catholique dans les cultures locales. Cette pratique est devenue un élément familier de la fête annuelle et illustre comment le catholicisme en Asie du Sud-Est s’est enraciné dans les cultures locales tout en restant fidèle à la tradition universelle de l’Église.
La fête de Sainte-Anne de Penang a également rassemblé des catholiques issus des différentes communautés ethniques de Malaisie, notamment chinoises, indiennes et autochtones. Au cours du pèlerinage, les messes, les prières et les chants ont été repris en plusieurs langues, reflétant le caractère multiculturel de l’Église catholique dans le pays.
L’importance accordée à la famille lors de cette fête trouve un écho particulier en Asie, où la foi est souvent cultivée au sein du foyer et transmise de génération en génération. Cette dévotion est également partagée par les communautés catholiques autochtones, notamment les Dayaks du Sarawak et les Kadazans et les Rungus de Sabah, dans l’île de Bornéo.
Sainte-Anne de Punggol, à Singapour
De l’autre côté du détroit de Johor, à Singapour, les catholiques ont également célébré la fête de sainte Anne avec des festivités et des célébrations particulières, notamment dans l’église Sainte-Anne de Punggol.
Pour Francis Joseph Hendricks, 99 ans, cette célébration annuelle reste profondément personnelle. « Sainte Anne a toujours eu une signification très intime pour moi », a-t-il confié par l’intermédiaire de sa fille unique, Stella Hendricks, après avoir assisté à la messe du 26 juillet. « Chaque fois que je viens célébrer sa fête, je me souviens d’où je viens et de la foi qui m’a été transmise. »
Bien que le Nouveau Testament ne mentionne pas les parents de Marie, les noms d’Anne et de Joachim proviennent de la tradition chrétienne primitive, notamment du Protévangile de Jacques du IIe siècle. Au fil des siècles, la dévotion à sainte Anne a fait d’elle une patronne vénérée des mères, des grands-parents, des familles et de la transmission de la foi.
Cet héritage continue d’attirer chaque année des pèlerins à Penang. La basilique est devenue un lieu de rassemblement pour les grands-parents, les parents et les enfants, où ils viennent prier ensemble, perpétuant ainsi les traditions familiales et renforçant leur foi commune. Pour les catholiques de Malaisie et de Singapour, la fête de sainte Anne demeure non seulement une célébration religieuse importante, mais aussi un rappel que la foi se nourrit des familles, des traditions partagées et du témoignage d’une génération à l’autre.
(Avec RVA, Joseph Masilamany)