Chine

Chine : la libération du pasteur Ezra Jin par Pékin, une rare victoire pour la liberté religieuse

La libération du pasteur Ezra Jin est certes une bonne nouvelle, mais ne doit pas être interprétée comme un renversement de tendance concernant la liberté religieuse en Chine. La libération du pasteur Ezra Jin est certes une bonne nouvelle, mais ne doit pas être interprétée comme un renversement de tendance concernant la liberté religieuse en Chine.
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La libération du pasteur protestant Ezra Jin, le 4 juillet dernier, intervient près de deux mois après des entretiens à Pékin entre Donald Trump et Xi Jinping. Au cours de ces mêmes échanges, le cas de l’ex-patron de presse hongkongais Jimmy Lai avait également été évoqué, bien que la situation de ce dernier demeure inchangée. Cette libération constitue une rare victoire pour la liberté religieuse en Chine. Cependant, la répression contre les Églises de maison se poursuit : huit autres pasteurs restent emprisonnés.

Après plus de huit mois de détention, le pasteur Ezra Jin, fondateur de l’Église de Sion à Pékin, a été libéré par les autorités chinoises, ce qui a permis au religieux protestant de se rendre aux États-Unis pour retrouver sa famille.

Sa libération intervient moins de deux mois après la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping dans la capitale chinoise, mi-mai 2026. Au cours de sa visite en Chine, le dirigeant américain avait personnellement évoqué le cas du pasteur Jin ainsi que celui de l’homme d’affaires hongkongais Jimmy Lai.

Ezra Jin, 57 ans, également connu sous le nom de Jin Mingri, a été arrêté en octobre 2025 pour « utilisation illégale de réseaux d’information » dans le cadre d’une répression croissante contre les Églises de maison, c’est-à-dire les communautés chrétiennes qui refusent de rejoindre les instances religieuses contrôlées par le Parti communiste chinois.

Après la fermeture de l’Église Zion en 2018, le pasteur a continué de prêcher en ligne, touchant des milliers de fidèles à travers la Chine. Selon sa fille, Grace Jin Drexel, qui vit aux États-Unis, et ChinaAid, une organisation chrétienne, Pékin a accordé sa libération à la suite de pourparlers entre Trump et Xi Jinping.

À sa libération, le pasteur a été placé dans un avion pour Los Angeles, où il est arrivé le 4 juillet, jour du 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance américaine. Dans un communiqué publié par la famille, Grace Jin Drexel a remercié « le président Trump et son administration pour leur leadership exceptionnel », ajoutant que cela n’aurait pas été possible « sans l’intervention directe du président Xi Jinping ». « Nous espérons que cela annonce une évolution positive pour les croyants en Chine et pour les relations entre nos deux nations. »

De son côté, l’organisation ChinaAid a qualifié cette libération comme une importante réussite diplomatique, tout en soulignant que d’autres membres du clergé de l’Église de Sion sont toujours détenus en Chine, ainsi que de nombreux autres prisonniers.

« Alors que nous célébrons la libération du pasteur Jin, nos pensées restent tournées vers les innombrables pasteurs, dont huit autres pasteurs et collaborateurs de l’Église de Sion emprisonnés, les prêtres, les évêques, les chrétiens des Églises de maison, les musulmans ouïghours, les bouddhistes tibétains, les pratiquants de Falun Gong et les autres prisonniers d’opinion qui demeurent incarcérés injustement par le Parti communiste chinois », peut-on lire dans un communiqué publié par l’organisation.

Une nouvelle étape dans les relations sino-américaines

Lors du sommet de mai, Trump a également discuté avec Xi du cas de l’homme d’affaires Jimmy Lai, fondateur du journal Apple Daily et l’une des figures les plus importantes du mouvement prodémocratie de Hong-Kong.

S’exprimant devant les journalistes au sujet de sa rencontre avec Xi Jinping, le président américain a déclaré que ce dernier avait promis d’« examiner sérieusement » la position du pasteur, tout en précisant que l’affaire Lai était « délicate ».

Depuis, la situation de l’homme d’affaires n’a pas évolué. En février dernier, il a été condamné à 20 ans de prison pour « collusion avec des forces étrangères », dans l’un des procès les plus médiatisés depuis l’imposition par Pékin de sa loi sur la sécurité nationale à Hong-Kong en 2020.

Cette affaire illustre le poids politique différent accordé par les autorités chinoises aux deux cas. Bien que l’Église de Sion soit l’une des communautés chrétiennes indépendantes les plus connues de Pékin, son fondateur a été poursuivi en justice pour son activité religieuse. Jimmy Lai, en revanche, est considéré par Pékin comme l’un des symboles des manifestations prodémocratie à Hong-Kong et comme un défi au pouvoir central.

La libération du pasteur marque également une nouvelle étape dans les relations sino-américaines. Après des mois de tensions commerciales et diplomatiques, les deux puissances semblent avoir apaisé leurs relations. Toutefois, cet incident ne doit pas être interprété comme un renversement de la tendance concernant la liberté religieuse en Chine. En effet, les autorités chinoises continuent d’exercer un contrôle strict sur les communautés de croyants non enregistrées.

Comme l’a souligné la famille d’Ezra Jin, le pasteur Wang Lin figure parmi les personnes toujours incarcérées. Son avocat a indiqué qu’il avait perdu plus de 13 kg durant sa détention et qu’il est désormais également accusé de fraude pour avoir collecté des dons auprès de ses fidèles.

(Avec Asianews)

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