mercredi 22 avril 2026
Pour le père Bruno Cosme, MEP, missionnaire de la préfecture apostolique de Kampong Cham, l’inculturation devrait être « la réponse de foi de l’Église locale ». Il reconnaît la complexité de cette question étant donné que « les catholiques cambodgiens sont minoritaires dans leur propre Église », sans compter la présence d’au moins 22 nationalités au sein du clergé local. Mais le père Bruno estime que c’est une question importante et passionnante afin de déterminer « comment les Cambodgiens voudraient exprimer leur propre foi ».
De nombreux catholiques vietnamiens ont réagi à la lettre du pape à la communauté locale, publiée en septembre. Le père Thomas Hiep, curé de Thanh My dans le centre du pays, souligne que « c’est la première fois qu’un pape écrit officiellement aux catholiques au Vietnam ». James Phan Canh Ban, responsable d’un conseil paroissial, espère que la lettre incitera le gouvernement à créer des conditions favorables pour que les catholiques puissent « afficher leur identité chrétienne et faire des contributions positives pour le pays ».
Claire Tran, maîtresse de conférences, spécialiste de l’histoire de l’Asie du Sud-Est, réagit à la nomination d’un représentant pontifical résident au Vietnam, qui représente pour elle une très grande avancée. « Dans la longue histoire des relations entre le Vatican et le Vietnam, on peut dire que c’est un événement majeur », assure-t-elle, en se demandant si à l’avenir, il pourra y avoir une visite du pape François au Vietnam, un événement selon elle très attendu par une des plus grandes minorités catholiques en Asie.
Du nord au sud du Vietnam, les vocations sont nombreuses et de qualité, les religieuses jeunes et nombreuses. Ces jeunes générations n’ont pas connu les persécutions. Les prêtres sont nombreux et entreprenants, portés et respectés par leurs communautés, elles-mêmes fortes de fidèles très pratiquants, généreux et organisés. Cette Église familiale vit dans une société filiale, fondée sur le culte des ancêtres et des morts, sur le respect des anciens.
Dans l’actualité de la semaine en Asie : le président vietnamien Vo Van Thuong a écrit au pape François pour l’inviter à se rendre au Vietnam ; les sauveteurs chinois ont dû lutter contre la montre et le gel pour secourir les victimes du séisme dans la province de Guansu ; le nombre total de personnes déplacées internes en Birmanie s’élève aujourd’hui à 2,6 millions d’habitants, dont 660 000 supplémentaires depuis le 27 octobre dernier ; autrefois parmi les dix territoires les mieux notés au monde par l’index sur la liberté humaine de l’Institut Cato, Hong-Kong se retrouve à la 46e place sur 165 pays.
Dans un message aux fidèles de Loikaw avant Noël, Mgr Celso Ba Shwe s’adresse à ceux qui se demandent si « le diocèse existe toujours » alors qu’une grande partie des paroisses de la région ont été abandonnées à cause de la guerre civile. « La situation dans le territoire du diocèse, affecté par les combats, est très dangereuse », décrit-il, en invitant à « rester unis pour traverser ce désert ». « Au milieu de l’obscurité de la nuit de Bethléhem, que Marie et Joseph vous protègent du mal et de la guerre, que vous trouviez la paix de Noël. »
Le 16 décembre à Jaranwala, dans la province du Pendjab, la fondation CICF Pakistan a organisé une fête de Noël pour les victimes chrétiennes des évènements du 16 août dernier. Il y a quatre mois, des dizaines de maisons et d’églises chrétiennes ont été incendiées durant des émeutes violentes menées par des fondamentalistes islamistes, forçant plus de 900 familles à prendre la fuite. Samedi dernier, plusieurs représentants politiques, sociaux et religieux étaient invités dont le père Khalid Mukhtar, du diocèse de Faisalabad.
Une centaine de journalistes et trois cents sympathisants étaient présents ce lundi 18 décembre pour l’ouverture du procès de Jimmy Lai, qui devrait durer 80 jours. Parmi ses soutiens se trouvait le cardinal Joseph Zen, âgé de 92 ans, qui a lui-même été ciblé par la loi sur la sécurité nationale. Jimmy Lai, homme d’affaires chrétien, militant prodémocratie et fondateur du quotidien Apple Daily (fermé de force en 2021), est accusé de sédition et de collusion avec des forces étrangères. Déjà détenu depuis trois ans, il encourt la prison à vie.
Le 16 décembre, la tradition des messes « Simbang Gabi » (« messes de la nuit ») ou « Misas de Gallo » (« messes du coq ») a débuté aux Philippines. Samedi à 4 heures du matin, Mgr Pablo Virgilio David, président de la Conférence épiscopale philippine, a célébré le premier jour de la neuvaine de messes de l’aurore dans la cathédrale San Roque de Kaloocan, près de Manille. À Rome, le cardinal Tagle, pro-préfet du dicastère pour l'Évangélisation et ancien archevêque de Manille a perpétué la tradition avec une messe spéciale pour la communauté philippine.
Dans le 3e pays musulman le plus peuplé au monde, la petite minorité chrétienne est active. Si la tradition d’entraide des chrétiens s’étend à travers tout le sous-continent indien, elle est particulièrement implantée au Bangladesh. Dans un pays confronté aux catastrophes naturelles récurrentes et à la pauvreté, l'Église se distingue notamment par son engagement éducatif et médical. Au cœur de Dacca, l’hôpital catholique Saint-Jean-Vianney offre des services sans discrimination et s’est rapidement forgé une bonne réputation. Reportage.
Le Bangladesh est frappé par une épidémie de dengue historique, qui provoque un nombre record de victimes et de malades. Cette épidémie historique est attribuée au dérèglement climatique, qui aurait renforcé la prolifération des moustiques Aedes, principaux vecteurs du virus. La dengue ne se limite plus à une saison ni à une zone géographique. Ce mois de décembre compte des milliers de cas actifs, alors que la maladie était inexistante à cette période par le passé. Reportage dans l’hôpital public de Kurmitola, à Dacca.
À l’approche des élections législatives bangladaises du 7 janvier, les critiques accusent les autorités de cibler les principales figures d’opposition avant le scrutin. Le BNP (principal parti d’opposition) a appelé à boycotter les élections et à nommer un gouvernement transitoire non-partisan, en demandant la démission de la Première ministre Sheikh Hasina, de la Ligue Awami. Malgré une croissance économique prolongée depuis 15 ans, l’administration actuelle est dénoncée pour des exécutions extra-judiciaires et un recul démocratique.