mardi 07 juillet 2026
Un jour, un François Ahleong particulièrement désespéré s’est tenu sur le balcon de son appartement au 3e étage, à Petaling Jaya (une banlieue de Kuala Lumpour, la capitale, malaisienne), prêt à sauter dans le vide. C’était il y a trois ans, et Francis fait aujourd’hui partie des 1 700 catholiques malaisiens qui ont été baptisés durant la vigile pascale 2024. « J’étais déprimé, je voulais me suicider », confie le jeune homme, âgé de 27 ans.
Dans l’actualité de la semaine en Asie : Le cardinal Parolin a envoyé un message à l’Église taïwanaise au nom du pape François après le séisme du 3 avril ; le festival de Qingming ou fête du balayage des tombes a eu lieu en Chine comme chaque année début avril, et les autorités souhaitent réformer certaines pratiques ; les pertes civiles causées par des mines ont triplé en 2023 en Birmanie ; selon un sondage de l’institut ISEAS-Yusof Ishak, basé à Singapour, 50,5 % des répondants, basés en Asie du Sud-Est, préféreraient s’aligner sur la Chine plutôt que sur les États-Unis.
Le séisme qui a touché la côte est de Taïwan ce mercredi 3 avril, faisant à ce jour neuf décès et plus de mille blessés, ne semble pas avoir causé de dégâts majeurs comme celui de 1999, qui avait causé près de 2 400 morts. Certains y voient les progrès entrepris depuis par Taïwan, alors qu’il s’agit du plus fort séisme subi en 25 ans dans la région. Mgr Huang, du diocèse de Hualien, le plus touché, a fait part de sa proximité en appelant les catholiques à « rechercher la paix de Jésus ressuscité face à nos craintes et nos inquiétudes ».
Jakarta a confirmé une visite prochaine du pape François en Indonésie, à la grande joie des catholiques de l’archipel, majoritairement musulman. Selon Yaqut Cholil Quomas, ministre indonésien des Affaires religieuses, le Saint-Père est attendu dans le pays le 3 septembre 2024. Le gouvernement indonésien l’a annoncé dans un communiqué publié le 30 mars dernier, en évoquant une confirmation envoyée par le Vatican. Le Saint-Père pourrait également se rendre au Timor oriental, majoritairement catholique.
Le dimanche de Pâques, Mgr Celso Ba Shwe, évêque de Loikaw (capitale de l’État Kayah) s’est adressé aux fidèles de son diocèse en soulignant que la Résurrection de Jésus est « la raison de notre joie », malgré les souffrances causées depuis le coup d’État de février 2021. En trois ans, environ 250 000 habitants de l’État Kayah ont été déplacés par la guerre civile. En novembre dernier, l’évêque et de nombreux fidèles ont dû fuir Loikaw. Mais Mgr Shwe assure que « nous nous relèverons et nous construirons une nouvelle Jérusalem ».
Le dernier rapport de l’organisation United Christian Forum alerte sur l’augmentation des violences perpétrées en Inde contre la minorité chrétienne depuis le début de l’année 2024. Ces incidents ont été répertoriés entre le 1er janvier et le 15 mars grâce aux appels et plaintes reçues sur la ligne d’assistance gratuite mise en place par l’organisation. En tête des régions les plus touchées par ces attaques contre les chrétiens se trouvent l’État du Chhattisgarh, au Nord-Ouest, et celui d’Uttar Pradesh, au Nord.
Mgr Raphael Thattil, archevêque majeur de l’Église catholique syro-malabare, a appelé les catholiques à exercer leur droit électoral en choisissant des candidats et des partis qui défendent « les valeurs séculaires et démocratiques indiennes ». Le sécularisme, la laïcité à l’indienne, a pour idée de faire vivre en harmonie toute la mosaïque indienne (hindous, musulmans, sikhs, chrétiens, jaïns, parsis et bouddhistes), tandis que le parti du BJP au pouvoir est accusé de vouloir faire de l’Inde une nation théocratique hindoue.
Le 11 mars, à quelques semaines des élections générales indiennes, le gouvernement Modi a déclaré l’application d’une loi très controversée sur la citoyenneté. Adoptée par le Parlement en 2019, cette loi facilite la naturalisation des réfugiés ayant fui le Pakistan, le Bangladesh et l’Afghanistan, à condition qu’ils ne soient pas musulmans. Pour la première fois, ce texte introduit des critères religieux dans l’obtention de la nationalité indienne. Sa mise en œuvre est saluée par les nationalistes hindous mais suscite de vives critiques.
Dans l’actualité de la semaine en Asie : la Mongolie traverse son hiver le plus froid depuis 50 ans, affectant plusieurs milliers de familles dépendant du bétail ; en Inde, plusieurs millions d’hindous ont célébré Holi, la « fête des couleurs » qui marque le début du printemps ; les États-Unis, la Nouvelle Zélande et le Royaume-Uni accusent le gouvernement chinois d’encourager les cyberattaques ; le Japon a assoupli ses règles en matière d’exportation de matériel militaire ; les rebelles birmans ont accusé la Nouvelle Zélande d’avoir invité la junte à une rencontre de l’Asean prévue en avril à Wellington.
« Tout comme notre mort mène à la vie éternelle grâce à la résurrection de Jésus, nous devons avoir l’espoir que la division de la péninsule coréenne permettra un jour une coexistence pacifique et une coprospérité », souhaite Mgr Pierre Chung Soon-taick, archevêque de Séoul, dans son message de Pâques publié le 25 mars au début de la Semaine sainte. Malgré les divisions enracinées et les confrontations persistantes entre les deux Corées, Mgr Chung assure qu’une « lueur d’optimisme » résiste au long schisme.
Sur les 30 villes les plus affectées par la pollution de l’air, 29 se trouvent en Asie, dont 28 en Asie du Sud et une en Chine, selon le Rapport mondial sur la qualité de l’air 2023, publié le 19 mars par la société suisse de surveillance de la qualité de l’air IQAir. Sur 134 pays, régions et territoires, le Bangladesh, le Pakistan et l’Inde sont en tête. Le 20 mars, l’organisation Amnesty International a réagi en appelant les pays d’Asie du Sud à « créer et appliquer de toute urgence un plan d’action transfrontalier » contre la pollution de l’air dans la région.
La semaine dernière, la junte a débuté l’enrôlement forcé de près de 5 000 jeunes hommes et femmes birmans, afin de renforcer ses troupes face aux désertions et aux pertes subies. Selon le Conseil consultatif spécial pour la Birmanie, un groupe d’experts soutenant les efforts pro-démocratie en Birmanie, la junte ne peut revendiquer le « contrôle stable » que sur 17 % du pays actuellement. Le problème étant le manque d’une force homogène de la part des groupes rebelles, avec une stratégie politique et militaire efficace sur le terrain.