Népal

Népal : une nouvelle étude alerte sur le développement des infrastructures dans les zones inondables

Une nouvelle étude alerte sur les conséquences du développement rapide des infrastructures et du tourisme dans les zones exposées aux inondations. Une nouvelle étude alerte sur les conséquences du développement rapide des infrastructures et du tourisme dans les zones exposées aux inondations. © Asianews
Lecture 3 min

Dans une nouvelle étude, une équipe de chercheurs britanniques, indiens et népalais alerte sur le développement rapide des infrastructures et du tourisme dans les régions exposées aux risques d’inondations. L’étude a été menée avant la catastrophe meurtrière du 26 août 2026 et analyse l’évolution de la situation entre 2016 et 2023 dans le nord du Népal, le sud-est du Tibet et l’Uttarakhand (au nord de l’Inde). Dans cette région, au moins 300 000 habitants sont exposés, dont plus de 100 000 au Népal.

Selon une nouvelle étude publiée par Scientific Reports (une revue scientifique britannique évaluée par les pairs et publiée en libre accès), le développement rapide des infrastructures et du tourisme dans le nord du Népal, dans le sud-est du Tibet et dans l’État indien de l’Uttarakhand (au nord du pays) expose au moins 300 000 habitants aux risques de catastrophes naturelles.

L’étude a été menée avant les inondations dévastatrices du 26 août, qui ont causé plus de 1 400 morts et plusieurs milliers de disparus à ce jour au Népal. Depuis, plusieurs autres catastrophes de moindre ampleur sont survenues dans la région, notamment une inondation le 11 octobre le long de la rivière Budhi Gandaki, qui a endommagé 200 habitations et emporté cinq ponts, provoquant la disparition d’au moins cinq personnes.

Les chercheurs ont constaté que la superficie des zones urbanisées dans les territoires à haut risque du nord du Népal, dans certaines zones du sud-est du Tibet et dans une partie de l’Uttarakhand a augmenté d’environ 45 % entre 2016 et 2023. Selon le rapport, dans les régions particulièrement menacées par les inondations brutales provoquées par le débordement des lacs glaciaires (dont le volume augmente avec la fonte des glaciers), le développement a augmenté encore plus vite, de presque 78 % sur la même période.

Plus de 80 % des bâtiments exposés sont au Népal

À la publication de l’étude, le maire de Pokhara, ville touristique et point d’entrée du trek des Annapurnas dans le centre du Népal, a confié à la BBC que certains vieux bâtiments se trouvent à seulement 5 m au-dessus de la rivière Seti Gandaki, qui coule depuis l’Annapurna vers la ville. Parmi les nouvelles infrastructures à risque, l’étude cite notamment des hôtels, des routes et des installations touristiques, ainsi que des projets plus vastes comme des barrages hydroélectriques.

Selon l’étude, plus de 80 % des bâtiments exposés (et 108 500 habitants sur les 300 000 cités par le rapport) se trouvent au Népal. Parmi ces habitants, plus de 23 000 vivent dans des zones situées à moins de dix mètres au-dessus du lit des rivières. Comme le souligne l’agence Asianews, le problème ne relève pas seulement du climat et de la gestion des risques naturels, mais aussi des choix économiques et d’aménagement.

Le Népal dispose déjà d’une politique nationale de gestion des risques de catastrophes naturelles. Celle-ci a été approuvée en 2018, afin d’imposer une planification de l’aménagement du territoire en fonction des risques. Mais selon la nouvelle étude, ces directives ont été peu appliquées, faute de personnel formé et de contrôle rigoureux.

Parmi les solutions suggérées par les chercheurs, une mesure urgente consisterait à repenser les systèmes d’alerte et l’installation des capteurs dans les zones les plus exposées, afin de prévenir les populations au plus tôt en cas de catastrophe. Il s’agirait aussi de limiter l’expansion des zones d’habitation dans ces mêmes zones à risque. Enfin, l’étude suggère d’offrir des aides aux habitants afin qu’ils puissent déménager dans des zones plus sûres.

Sources : Asianews, BBC

Ad Extra est un site participatif, si vous souhaitez réagir, vous pouvez nous proposer votre contribution