Corée du Sud : une centaine de jeunes pèlerins marchent pour la paix le long de la frontière intercoréenne
Des jeunes catholiques sud-coréens devant l’Observatoire de l’unification d’Odusan, à Paju, le 22 mai 2026 lors d’un pèlerinage pour la paix et la réconciliation.
© Catholic Times
Le 05/06/2026
Près de 100 catholiques sud-coréens, dont des jeunes, des prêtres et des religieux, ont pris part à un pèlerinage organisé par le diocèse d’Uijeongbu (banlieue nord de Séoul) le long de la frontière intercoréenne. Cette initiative, qui s’inscrit dans les préparatifs des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) de Séoul 2027, vise à transmettre aux pèlerins le message de réconciliation défendu par l’Église locale. « C’était particulièrement émouvant d’observer le territoire nord-coréen au-delà du fleuve Imjin », a confié l’un d’entre eux.
Du 22 au 25 mai, une centaine de pèlerins sud-coréens, dont environ 80 jeunes ainsi que des prêtres et des religieux, se sont rendus dans la Zone démilitarisée (DMZ) qui sépare les deux Corées afin de prier pour la paix, la réconciliation et la coopération environnementale.
Ce pèlerinage, qui comprenait des marches, des temps de prière et de réflexion, ainsi que des visites de sites historiques et écologiques, s’inscrivait dans le cadre des préparatifs du diocèse d’Uijeongbu (une ville située dans la banlieue nord de Séoul, dans la province du Gyeonggi) en vue des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) de Séoul 2027, qui auront lieu l’an prochain dans la capitale.
La rencontre était centrée sur le thème de la paix, de l’écologie et du martyre, qui sont au cœur des préparatifs du diocèse d’Uijeongbu pour les JMJ de Séoul, prévues du 2 au 8 août 2027. Durant trois nuits et quatre jours, les pèlerins ont parcouru un total d’environ 60 km le long de la frontière intercoréenne, en priant et en participant à des séminaires dans les cantons de Paju et Yeoncheon.
Les pèlerins ont notamment visité le jardin botanique de Yulgok, la réserve de grues de Gunnam et le site de Jusangjeolli, ainsi qu’un cimetière militaire nord-coréen et un crématorium des forces de l’Onu. Aux différents observatoires situés le long de la frontière, ils ont pu observer la Corée du Nord à l’aide de jumelles et prier pour la paix dans la péninsule.
Promouvoir la réconciliation malgré le désintérêt des Sud-Coréens
Les jeunes ont également assisté à des conférences et à des concerts organisés par la commission pour les JMJ du diocèse d’Uijeongbu. Chaque soir durant le pèlerinage, les participants se sont séparés en petits groupes pour chanter des hymnes, prier et partager leurs réflexions. Ils ont aussi pu recevoir le sacrement de la réconciliation durant l’événement. Le programme a pris fin avec une messe présidée le 25 mai par Mgr Benedictus Son Hee-song, évêque d’Uijeongbu.
Selon les organisateurs, cet événement a été lancé afin de véhiculer le message de réconciliation de la péninsule coréenne, soutenu par l’Église coréenne mais de moins en moins par les Sud-Coréens eux-mêmes. La marche avait aussi pour but de défendre la préservation de l’environnement dans les régions frontalières. Pour le père Francis Kim Seung-yeon, président de la commission diocésaine qui organisait l’événement, la DMZ est un lieu où « les valeurs de paix et d’écologie vont de pair ».
« Durant les journées mondiales de l’an prochain, des jeunes pèlerins du monde entier se rassembleront ici, à la frontière intercoréenne, afin de professer leur foi et d’unir leurs cœurs au nom de l’écologie et de la paix », a ajouté le père Kim le 22 mai durant la messe d’ouverture du pèlerinage, en évoquant la première phase des JMJ, les « Journées dans les diocèses » prévues du 29 juillet au 2 août dans les quinze diocèses sud-coréens avant les événements qui accueilleront le pape Léon XIV.
De son côté, Joseph Lee Ki-woong, un participant venu de Séoul, espère qu’en visitant la Corée, une des dernières nations divisées au monde, « des jeunes catholiques de tous horizons pourront avoir l’occasion d’en apprendre davantage sur la réalité de la division entre le Nord et le Sud ». « C’était particulièrement émouvant de regarder le territoire nord-coréen au-delà du fleuve Imjin, depuis l’observatoire d’Odusan. »
Les deux Corées sont toujours techniquement en guerre
Le Japon a colonisé la Corée au début du XXe siècle à la suite de la chute de la dynastie Joseon (1392-1910). La péninsule coréenne a été séparée en 1945 entre le Nord et le Sud après la capitulation japonaise face aux forces alliées, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. La Corée du Sud s’est alliée aux États-Unis, tandis qu’un régime communiste soutenu par l’Union soviétique a pris le contrôle du Nord.
Par la suite, les tentatives de réunification de la péninsule ont échoué, en grande partie à cause des désaccords entre Washington et Moscou, ce qui a conduit à la Guerre de Corée. Celle-ci a éclaté en 1950 quand les forces nord-coréennes ont envahi le sud. Le conflit a causé environ 4 millions de morts et déplacé près de 10 millions d’habitants, avant l’intervention des forces de l’Onu (dont un bataillon français) qui ont repoussé les forces nord-coréennes. La guerre a pris fin avec la signature d’un armistice, et non d’un traité de paix, le 27 juillet 1953.
Sources : Ucanews, Catholic Times of Korea