Birmanie

L’armée birmane a restitué la cathédrale occupée de Loikaw, mais l’évêque reste avec les réfugiés

Mgr Ba Shwe, évêque de Loikaw : « Il faut penser avant tout aux personnes, à la nation, et surtout aux plus pauvres. » Mgr Ba Shwe, évêque de Loikaw : « Il faut penser avant tout aux personnes, à la nation, et surtout aux plus pauvres. » © Diocèse de Loikaw
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Le diocèse catholique de Loikaw célèbre la restitution de la cathédrale du Christ-Roi, après des mois d’occupation militaire, comme un important signe d’espoir. Mgr Celso Ba Shwe, évêque de Loikaw, se réjouit de cette nouvelle tout en rappelant que la mission de l’Église locale reste centrée sur l’accompagnement de plusieurs centaines de milliers de réfugiés à travers le pays d’Asie du Sud-Est. « La majorité des fidèles du diocèse vivent encore dispersés dans des zones reculées », explique-t-il.

La restitution de la cathédrale du Christ-Roi et du centre pastoral diocésain de Loikaw, occupés par l’armée birmane en novembre 2023 afin d’en faire une base militaire, représente un signe d’espoir pour la communauté catholique locale. Mgr Celso Ba Shwe, évêque de Loikaw, cité par l’agence Fides, a récemment exprimé sa grande joie et sa gratitude.

Il a décrit cette nouvelle comme encourageante pour les fidèles, tout en précisant que lui-même n’y est pas encore retourné. « Deux prêtres s’occupent de la paroisse de la cathédrale. Le toit du bâtiment avait été endommagé et nous avons procédé à une rénovation partielle pour permettre la reprise des célébrations et des activités pastorales », a-t-il expliqué, en ajoutant que le centre pastoral diocésain, attenant à la cathédrale, reste toujours privé de services essentiels, notamment l’électricité et l’eau courante.

Il confie tout de même que le retour de certains fidèles dans la cathédrale est encourageant : « C’est pourquoi nous réorganisons notre présence pastorale et l’accompagnement de la communauté. » De son côté, Mgr Celso Ba Shwe demeure dans les zones où se concentre la majeure partie de la population déplacée du diocèse, c’est-à-dire dans les camps de déplacés ou dans les forêts. « De nombreuses paroisses sont vides ou fermées », regrette-t-il, interrogé par Fides. « En tant que pasteur, je ressens le devoir de rester proche de mon peuple et je réside dans une zone où vivent des milliers de réfugiés. »

Une nouvelle forme de service missionnaire

Dans l’État Kayah, dont la capitale est la ville de Loikaw, plusieurs centaines de milliers d’habitants ont été déplacés par la guerre civile depuis le coup d’État de février 2021, et beaucoup sont encore hébergés dans les camps, dont ceux qui sont gérés par l’Église birmane. Depuis plus de cinq ans, les combats entre la junte et les groupes de résistance dans la région ont entraîné une grave crise humanitaire. De nombreux villages ont été touchés, et des écoles, lieux de culte et infrastructures publiques ont été ciblés.

Selon Mgr Ba Shwe, plus de 300 000 personnes sont toujours déplacées dans le diocèse, réparties dans des centaines de camps. L’évêque lui-même réside dans la paroisse de Sbansu et se rend régulièrement dans les camps et les communautés situées dans les zones reculées. « La présence de l’Église dans les camps est une nouvelle forme de service missionnaire », poursuit-il, en évoquant le travail des prêtres et agents pastoraux qui vivent parmi les réfugiés. « C’est une autre façon d’être prêtre. »

Dans ce contexte, selon l’agence Fides, l’évêque insiste sur l’urgence de la réconciliation nationale : « C’est pourquoi nous proposons un processus de paix impliquant les responsables politiques, les groupes armés et les autorités du pays. Cela dépend d’eux, mais il faut penser avant tout aux personnes, à la nation, et surtout aux plus pauvres. » Mgr Ba Shwe ajoute que si les moyens du diocèse restent limités, sa proximité avec les réfugiés est essentielle. « Dans cette situation difficile, les gens gardent la foi », insiste-t-il, confiant que « Dieu n’abandonne jamais son peuple ».

Sources : Fides, Vatican News

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