Centenaire du petit séminaire de Bandura, « berceau du sacerdoce » au Bangladesh
Le 2 octobre à Bandura, près de Dhaka, lors du centenaire du petit séminaire Little Flower, dédié à sainte Thérèse de Lisieux.
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Le 06/10/2026
Le petit séminaire de Little Flower, le plus ancien du Bangladeh, a célébré son centenaire le 2 octobre dernier. Mgr D’Cruze, archevêque de Dhaka, a déclaré à cette occasion : « Puisse-t-il ne jamais rester vide. » Un ancien élève a témoigné de la contribution de l’institution au-delà de la formation du futur clergé : « Il nous a aidés à trouver notre voie. » Depuis 1925, 5 000 jeunes hommes y ont été formés pour servir l’Église et la société, dont environ 200 prêtres.
Dans un pays où les chrétiens représentent moins d’un pour cent de la population, le centenaire du premier petit séminaire du Bangladesh est non seulement une occasion de célébrer un riche héritage, mais aussi de lancer un appel pour l’avenir. Ainsi, les responsables de l’Église bangladaise en ont profité pour inviter les familles catholiques du pays à contribuer à la formation d’une nouvelle génération d’hommes appelés à la prêtrise.
Le 2 octobre dernier, plus d’un millier de fidèles – prêtres, anciens séminaristes, religieux et laïcs catholiques – se sont réunis au petit séminaire Little Flower de Bandura, à une quarantaine de kilomètres de Dhaka, pour célébrer le centenaire de l’établissement. Cet événement a mis en lumière le rôle essentiel et constant du petit séminaire dans la vie de l’Église au Bangladesh, qui, au cours du siècle dernier, s’est largement appuyée sur les vocations locales pour assurer sa croissance.
En présidant la messe commémorative, l’archevêque de Dhaka, Mgr Bejoy N. D’Cruze, président de la Conférence des évêques catholiques du Bangladesh, a décrit le petit séminaire comme « le berceau du sacerdoce » dans le pays. « Situé dans la paroisse d’Hasnabad, ce petit séminaire a joué un rôle fondamental dans la formation spirituelle, intellectuelle et humaine des futurs prêtres », a-t-il déclaré, évoquant les générations de recteurs et de formateurs qui ont façonné l’héritage de l’institution.
La question des vocations en Asie
L’archevêque a profité de l’occasion pour aborder une préoccupation partagée par de nombreuses Églises locales en Asie : la nécessité d’encourager les vocations sacerdotales et religieuses à une époque de mutations sociales rapides et d’opportunités croissantes en dehors de la vie ecclésiale. « Je vous exhorte à envoyer vos fils et petits-fils dans ce petit séminaire pour qu’ils deviennent prêtres », a-t-il déclaré aux fidèles. « Incitez les autres à faire de même. Que ce séminaire ne reste jamais vide. »
Ses paroles ont trouvé un écho auprès de nombreux anciens élèves revenus à Bandura pour rendre hommage à une institution qui avait marqué leur vie, même si leurs chemins les avaient éloignés de la prêtrise. Parmi eux se trouvait Augustine Pratap Gomes, président de la Metropolitan Christian Co-operative Housing Society Ltd. – une coopérative chrétienne de logement et de services financiers fondée à Dhaka – qui est entré au petit séminaire en 1981 avec 84 autres jeunes hommes.
« Six d’entre eux sont finalement devenus prêtres », se souvient-il. « Ceux qui sont devenus prêtres servent l’Église en proclamant l’Évangile. Ceux d’entre nous qui ont embrassé d’autres professions servent la société autrement. La formation que nous avons reçue ici nous a aidés à trouver notre voie. » Pour Augustine Gomes, la contribution du petit séminaire dépasse la simple formation du clergé. Il a façonné des citoyens, des professionnels et des responsables communautaires qui continuent de servir la nation bangladaise et l’Église locale.
5 000 jeunes formés depuis 1926
Fondé en 1926 par le père Jean-Baptiste Delaunay, missionnaire américain de l’Ordre de la Sainte-Croix, le petit séminaire de Little Flower fut le premier établissement catholique du Bangladesh spécifiquement dédié à la formation des vocations sacerdotales. Au cours du siècle dernier, près de 5 000 jeunes y ont étudié.
Parmi ses anciens élèves figurent cinq archevêques, cinq évêques, environ 200 prêtres et quatre religieux. Beaucoup d’autres sont devenus enseignants, médecins, avocats, ingénieurs, fonctionnaires et entrepreneurs.
Reconnaissant cet impact considérable, Mgr D’Cruze a souligné que seul un faible pourcentage d’élèves du petit séminaire deviennent prêtres. Il a toutefois ajouté que les valeurs et la discipline acquises durant leur formation au petit séminaire continuent de façonner leur vie bien après leur départ.
« Même ceux qui ne sont pas devenus prêtres sont devenus des personnes de valeur et ont mené des vies réussies », a-t-il déclaré. « Ils contribuent à l’Église et à la société de multiples façons. »
Dédié à sainte Thérèse de Lisieux, le petit séminaire accueille actuellement 52 élèves. Alors que la communauté catholique du Bangladesh se tourne vers l’avenir, les célébrations du centenaire ont mis en lumière non seulement un siècle de formation sacerdotale, mais aussi l’histoire méconnue d’une petite institution qui a contribué à former les responsables de l’Église et de la société au sein d’une communauté religieuse minoritaire.
(Avec Asianews)