mardi 11 août 2026
Au Vietnam, où près de la moitié des 27 diocèses ont leur sanctuaire marial, le mois de mai donne lieu à de nombreuses processions, prières et offrandes florales dédiées à la Vierge. Cette tradition héritée des missionnaires est devenue « un exemple réussi d’inculturation ». Dans la culture vietnamienne, selon Mgr Joseph Vu Van Thien, archevêque de Hanoi, l’image de la mère symbolise « le fondement de la famille et de la société », d’où l’attachement des Vietnamiens à la Vierge, y compris parmi les non-catholiques.
La semaine dernière, les évêques indiens ont condamné l’assassinat de trois responsables baptistes Kukis dans l’État du Manipur, au nord-est de l’Inde, où les tensions ethniques et religieuses persistent depuis 2023. Initialement centré sur les affrontements entre les Kukis chrétiens et les Meiteis hindous, le Manipur connaît désormais des tensions croissantes entre Kukis et factions Nagas, elles aussi en grande partie chrétiennes. Les Églises locales craignent un effondrement de l’unité chrétienne dans une région déjà meurtrie.
La Journée mondiale de prière pour l’Église en Chine est célébrée ce dimanche 24 mai et coïncide cette année avec la solennité de la Pentecôte. À cette occasion, le missionnaire et sinologue Gianni Criveller rappelle le témoignage du P. Robert Greene, emprisonné dans le Guangxi dans les années 1950 : « Les catholiques doivent faire connaître les témoignages des confesseurs et martyrs de Chine, afin qu’ils puissent nourrir la foi des communautés chrétiennes à travers le monde. » Par ailleurs, une semaine après le sommet Xi-Trump à Pékin, l’échec du président américain à obtenir la libération de Jimmy Lai rappelle la fragilité persistante des libertés à Hong-Kong malgré les pressions internationales. Enfin, cette rencontre a ravivé les inquiétudes de Taïwan face aux ambiguïtés américaines et aux ambitions croissantes de la Chine dans la région.
Avant sa rencontre de mai avec Xi Jinping à Pékin, Donald Trump avait promis d’évoquer le sort de Jimmy Lai, l’ancien patron de presse toujours emprisonné à Hong-Kong. S’il a bien évoqué le sort des prisonniers politiques, sa venue en Chine n’a pas permis de trouver d’accord sur la libération de cette figure du mouvement prodémocratie hongkongais. Malgré l’échec, Claire Lai, fille du milliardaire, déclare que sa famille reste « reconnaissante » pour ce soutien et prie pour que Xi « voie la sagesse qu’il y aurait à libérer » son père.
Le sommet Xi-Trump, organisé mi-mai à Pékin, a été suivi avec une attention particulière à Taïwan. Entre déclarations contradictoires sur les ventes d’armes américaines, ambiguïtés sur un éventuel soutien militaire à l’île et volonté affichée d’éviter toute confrontation avec Pékin, les propos du président américain ont ravivé les interrogations à Taipei. Malgré les tentatives de clarification de Washington et les assurances répétées des autorités taïwanaises, ce déplacement nourrit les doutes sur les engagements américains face aux ambitions chinoises.
En Indonésie, où les réseaux sociaux occupent une place centrale, une nouvelle génération investit YouTube, TikTok, Instagram ou Facebook pour défendre et expliquer la foi. Dans l’archipel à majorité musulmane, où les catholiques sont minoritaires, cette tendance transforme la catéchèse traditionnelle en débats accessibles, interactifs et souvent très suivis. Ces contenus renforcent la visibilité du catholicisme et attirent de nouveaux fidèles, mais risquent aussi d’alimenter les polémiques entre confessions chrétiennes.
La capitale indienne vit des journées caniculaires depuis avril. Si New Delhi est habituée à de telles vagues de chaleur, les changements climatiques sont un facteur aggravant et affectent leur durée et leur intensité. L’année 2024 a ainsi été la plus chaude enregistrée en Inde depuis les premières statistiques répertoriées en 1901. Le record historique dans la capitale a été enregistré en 2022 avec 49,2°C. Dans les quartiers défavorisés, où les coupures de courant sont fréquentes et la climatisation un luxe, la survie dépend de l’adaptation.
Du 11 au 15 mai à Bangkok, le Bureau pour les laïcs et la famille de la Fédération des conférences épiscopales d’Asie (FABC) a organisé une assemblée synodale sur la famille. Durant cette rencontre, les participants ont appelé les Églises d’Asie à mettre l’accent sur la mission auprès des familles chrétiennes, confrontées à de nombreux défis sur le continent. L’événement a rassemblé 52 délégués venus de 11 pays, dont les cardinaux Kikuchi (Japon) et David (Philippines), et a permis de rédiger une « feuille de route » pour les années à venir.
Ces derniers jours, les évêques du Pakistan se sont rendus au Vatican pour leur visite ad limina, une rencontre quinquennale avec le pape et avec la Curie romaine. Le président de la Conférence épiscopale du pays d'Asie du Sud, Mgr Samson Shukardin, a déclaré aux médias du Vatican : « Le Saint-Père nous a donné une vision nouvelle et un nouvel espoir pour l’avenir. » L’évangélisation, la pauvreté et le manque d’accès à l’éducation constituent les principaux défis de l’Église locale.
Un discours récent du cardinal Bo a souligné combien la crise qui frappe la Birmanie depuis le coup d’État de 2021 est multiforme : du séisme de mars 2025 aux défis du système de santé, de la guerre civile à l’effondrement économique… Il a pourtant confirmé la force de la communauté catholique : « Nous restons un peuple d’espérance ». Par ailleurs, dans le contexte d’une guerre civile sans issue politique visible, l’annonce du transfert d’Aung San Suu Kyi en résidence surveillée n’a suscité ni euphorie ni illusion. Enfin, à l’occasion de Vesak, le Dicastère pour le dialogue interreligieux a appelé les traditions bouddhistes à construire ensemble des chemins de paix, fondés sur la transformation intérieure et la fraternité.
Cinq ans après le coup d’État du 1er février 2021, la Birmanie demeure prisonnière d’une guerre civile sans issue politique visible. L’annonce du transfert d’Aung San Suu Kyi en résidence surveillée, après près de 2 000 jours de détention, n’a suscité ni euphorie ni illusion parmi une population rompue aux faux-semblants du régime militaire. Derrière les gestes d’apaisement affichés par Naypyidaw, les opposants dénoncent surtout une opération de communication destinée à desserrer l’isolement international du pouvoir birman.
Début mai, le Dicastère pour le dialogue interreligieux a adressé un message de vœux aux bouddhistes du monde entier à l’occasion de la fête de Vesak. « Puisse la bonté briser le cycle de la suspicion et ouvrir des voies là où il n'y en avait aucune qui paraissait possible », peut-on y lire. « Puisse la prière, la contemplation et la transformation intérieure être les sources les plus profondes d’une paix que les croyants puissent construire ensemble plutôt que d’être de simples spectateurs passifs. »