Inde

Dix ans après sa canonisation, sainte Teresa de Calcutta racontée dans un nouveau documentaire

Le journaliste Ando Akkara, auteur du nouveau documentaire sur Mère Teresa, et Mgr Elias Frank, archevêque de Calcutta, le 5 septembre à Calcutta. Le journaliste Ando Akkara, auteur du nouveau documentaire sur Mère Teresa, et Mgr Elias Frank, archevêque de Calcutta, le 5 septembre à Calcutta. © Archidiocèse de Calcutta
Lecture 8 min

À l’occasion du 10e anniversaire de la canonisation de sainte Teresa de Calcutta, un nouveau documentaire consacré à sa vie et à son œuvre a été présenté en avant-première le 5 septembre à Calcutta. Produit par le journaliste Anto Akkara, « Mère Teresa, prophétesse de la compassion » revient sur des épisodes moins connus de son parcours et sur l’action des Missionnaires de la Charité dans des contextes de pauvreté et de conflit. Le film met également en lumière l’héritage spirituel de la fondatrice.

Le 4 septembre marquait le 10e anniversaire de la canonisation de sainte Teresa de Calcutta, fêtée chaque année le 5 septembre, date de sa mort en 1997. Le 5 septembre dernier, le jour de sa fête, le documentaire « Mère Teresa, prophétesse de la compassion » a été présenté en avant-première à Calcutta, en présence de plus de 200 personnes, dont des religieuses des Missionnaires de la Charité, la congrégation fondée par Mère Teresa.

Ce documentaire, produit par le journaliste et auteur Anto Akkara, retrace la vie, l’héritage et le « chemin prophétique de compassion » de sainte Teresa de Calcutta. La projection a eu lieu à l’auditorium du Saint Xavier’s College de Calcutta, en présence de Mgr Elias Frank, archevêque de Calcutta. Dans son discours d’introduction, ce dernier a salué la détermination d’Anto Akkara à faire connaître au monde entier des aspects moins connus de la vie et de l’œuvre de Mère Teresa.

« Nous sommes ici, chers amis, non seulement pour voir ce qu’il a fait, mais aussi pour nous inspirer de l’œuvre de Mère Teresa », a déclaré Mgr Frank, saluant la « passion » du journaliste, qui souhaite faire mieux connaître Mère Teresa à travers ce documentaire. « Il y a des choses que nous ignorons peut-être encore », a ajouté l’évêque, en faisant référence à l’analyse journalistique des événements entourant les Missionnaires de la Charité présentée dans le film.

De son côté, le journaliste a raconté sa rencontre avec Mère Teresa dès 1995, alors qu’il avait 33 ans. Il avait alors obtenu ce qu’il a décrit comme un entretien « approfondi » avec elle. « Depuis, j’ai accompagné les Missionnaires de la Charité en plusieurs occasions cruciales, et je me suis rendu fréquemment à Calcutta depuis les funérailles de la Mère en 1997 », a-t-il confié. Anto Akkara s’est rendu à Calcutta plus d’une vingtaine de fois pour des reportages. Il a expliqué avoir proposé ce documentaire à l’approche du 75e anniversaire des Missionnaires de la Charité, et que la congrégation avait approuvé le projet. La chaîne Atmadarshan TV d’Indore a également apporté son soutien à la production.

Des Missionnaires de la Charité, le 5 septembre lors de l’avant-première du documentaire « Mère Teresa, prophétesse de la compassion ».
Des Missionnaires de la Charité, le 5 septembre lors de l’avant-première du documentaire « Mère Teresa, prophétesse de la compassion ».
© Archidiocèse de Calcutta

Une douzaine de nouveaux épisodes et témoignages

Ce nouveau documentaire de 66 minutes s’appuie sur une version antérieure produite pour le 75e anniversaire de la fondation de la congrégation en octobre 2025. Anto Akkara a par la suite retravaillé le film, en y ajoutant plus d’une douzaine de nouveaux épisodes et témoignages. Le documentaire retrace le parcours de Mère Teresa, de ses débuts en Inde à l’expansion mondiale des Missionnaires de la Charité, en mettant en lumière des épisodes survenus à Patna en 1948, au Jharkhand en 1959 et à New Delhi en 1961.

Le film examine également l’action de la congrégation dans des périodes et des zones de conflit, notamment les assassinats de sœurs Missionnaires de la Charité au Yémen en 1998 et en 2016, l’expulsion de la congrégation du Nicaragua et la décision des sœurs de rester à Gaza et en Ukraine malgré les bombardements. Parmi les personnalités présentées dans le film figure le photographe légendaire Raghu Rai, décédé en avril dernier, qui a pris certaines des photographies les plus célèbres de la sainte. Le documentaire évoque également l’hommage rendu à Mère Teresa par le Premier ministre Jawaharlal Nehru lors de l’inauguration d’un nouveau foyer pour la petite enfance (baptisé Shishu Bhavan) à New Delhi.

Anto Akkara a aussi déclaré que le film réfute les allégations selon lesquelles l’œuvre caritative de Mère Teresa était principalement un moyen de conversion religieuse, et qu’il met en lumière son dévouement envers les personnes vivant dans l’extrême pauvreté, les enfants, les orphelins, les personnes handicapées ou atteintes de maladies mentales, ainsi que les personnes touchées par la lèpre. Plusieurs anecdotes moins connues, présentées dans le film, illustrent l’étendue de son œuvre. Le documentaire souligne notamment que les saris en coton blanc à rayures bleues, si caractéristiques des sœurs Missionnaires de la Charité, sont tissés par des personnes atteintes de la lèpre au centre de Titagarh, dédié à Mahatma Gandhi.

« Cette femme fait de moi un mauvais marxiste »

Le film relate également les efforts de Mère Teresa pour persuader l’armée de l’air indienne de planter des arbres à la léproserie des Missionnaires de la Charité à Delhi, ainsi que sa décision de refuser une invitation du pape aux Journées mondiales de la jeunesse de 1993 à Denver afin de se rendre à Borduria, dans l’Arunachal Pradesh, pour intervenir contre le meurtre d’enfants nés avec des malformations. Une autre histoire décrit une tombola organisée pour collecter des fonds pour l’hôpital pour lépreux de Shanti Nagar, grâce à la vente d’une papamobile qui aurait été offerte à Mère Teresa après le Congrès eucharistique mondial de 1964 à Mumbai.

Le documentaire rappelle également la demande de Mère Teresa au Comité Nobel d’annuler le banquet traditionnel accompagnant le prix Nobel et d’utiliser plutôt l’argent pour aider les orphelins de Calcutta. Le film met en lumière le respect dont Mère Teresa a bénéficié au-delà des clivages religieux et politiques, notamment l’appréciation de l’ancien président APJ Abdul Kalam et des anciens Premiers ministres Inder Kumar Gujral et Atal Bihari Vajpayee.

Le site Hozanna a proposé de déposer des intentions de prière sur la tombe de sainte Teresa de Calcutta en Inde, à l’occasion du 10e anniversaire de sa canonisation.
Le site Hozana a proposé de déposer des intentions de prière sur la tombe de sainte Teresa de Calcutta en Inde, à l’occasion du 10e anniversaire de sa canonisation.
© Archidiocèse de Calcutta

Le film raconte également la relation de Mère Teresa avec Jyoti Basu, ancien ministre en chef marxiste du Bengale-Occidental. Basu, un ami de Mère Teresa, aurait un jour déclaré : « Cette femme fait de moi un mauvais marxiste, elle me fait croire en la divinité. » Autre exemple de son engagement au-delà des frontières religieuses, Mère Teresa avait nommé un centre des Missionnaires de la Charité près de Ranchi « Couvent Radharani » en l’honneur d’une femme hindoue qui avait fait don d’un terrain pour une léproserie en 1973.

Née Anjezë Gonxhe Bojaxhiu en 1910 dans l’actuelle Macédoine du Nord, Mère Teresa est arrivée en Inde en 1929 comme sœur de Lorette et a fondé les Missionnaires de la Charité en 1950. Depuis, la congrégation s’est étendue à travers le monde, servant certaines des communautés les plus pauvres et les plus vulnérables. Le nouveau documentaire présente cette expansion comme l’histoire d’un mouvement qui cherche à « mondialiser la compassion et la bienveillance » tout en restant fidèle à l’engagement de la fondatrice envers les plus démunis.

Une initiative d’Hozana

À l’occasion du 10e anniversaire de la canonisation de Mère Teresa, la plateforme de prière Hozana a également marqué l’événement en collaboration avec les Missionnaires de la Charité. Le réseau social de prière Hozana a créé un système permettant de déposer des intentions de prière sur la tombe de sainte Teresa en Inde. La plateforme a recueilli les intentions, qui ont été transmises à la Maison Mère des Missionnaires de la Charité à Calcutta (Kolkata), en Inde, où se trouve la tombe de la sainte.

Comme l’explique Sharael Sanchez, une responsable de la plateforme Hozana, cette initiative vise à permettre « à ceux qui ne peuvent pas se rendre à Calcutta de confier à ce lieu ce qu’ils portent dans leur cœur ». Les années précédentes, l’accueil réservé à cette initiative avait été considérable. Rien que l’an dernier, plus de 700 intentions ont été soumises, rédigées en anglais, en espagnol, en français et en portugais. « Combien de cœurs, venus de tant d’endroits différents, se seront ainsi recommandés à sainte Teresa ? » s’est interrogée Sharael Sanchez, qui espère que davantage de personnes enverront leurs intentions cette année.

Elle ajoute que le tombeau de sainte Teresa de Calcutta est devenu « un lieu de prière et de pèlerinage pour les fidèles de divers pays ». Sur la pierre tombale sont inscrites ces paroles du Christ qui résument l’essence de sa mission : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »

(Avec EWTN News)

Ad Extra est un site participatif, si vous souhaitez réagir, vous pouvez nous proposer votre contribution