Chine

Chine : un nouvel évêque ordonné à Chifeng, en Mongolie intérieure

Mgr Chang Yanfeng, 42 ans, devient le nouvel évêque de Chifeng, dans la région autonome de Mongolie intérieure. Mgr Chang Yanfeng, 42 ans, devient le nouvel évêque de Chifeng, dans la région autonome de Mongolie intérieure.
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Mgr Chang Yanfeng, 42 ans, a été ordonné évêque le 22 juillet à Chifeng, dans la région autonome de Mongolie intérieure, dans le cadre de l’accord Chine-Vatican. Le siège épiscopal était vacant depuis vingt ans. C’est la première nomination d’un évêque chinois en 2026. Les deux précédentes ordinations remontent à celle de Mgr Ignatius Wu Jianlin comme évêque auxiliaire de Shanghai en octobre 2025, et de Mgr Francis Li Jianlin comme évêque de la préfecture apostolique de Xinxiang en décembre 2025.

Une nouvelle ordination épiscopale a été annoncée mercredi 22 juillet au matin dans le cadre de l’accord provisoire entre le Saint-Siège et la République populaire de Chine sur la nomination des évêques. Mgr Chang Yanfeng, 42 ans, devient le nouvel évêque de Chifeng, dans la région autonome de Mongolie intérieure. Le diocèse était sans évêque depuis vingt ans.

Selon le bulletin du Bureau de presse du Saint-Siège, « le Saint-Père, ayant approuvé sa candidature » dans le cadre de l’accord Chine-Vatican, « l’a nommé évêque le 15 juin 2026 ». C’est la première nomination d’un évêque chinois en 2026, après les ordinations de Mgr Ignatius Wu Jianlin comme évêque auxiliaire de Shanghai, en octobre 2025, et de Mgr Francis Li Jianlin comme évêque de la préfecture apostolique de Xinxiang, dans la province du Henan, en décembre 2025.

Les deux évêques ont été « élus » durant la période sede vacante entre la mort du pape François et l’élection de Léon XIV. Une autre ordination épiscopale est également prévue en Chine la semaine prochaine. L’ordination a eu lieu dans l’église catholique du district de Honshan, dans la ville de Chifeng. Elle a été présidée par Mgr Meng Qinglu, évêque de Hohhot, qui est également vice-président de l’Association patriotique des catholiques chinois.

La messe a été concélébrée par Mgr Pei Junmin, vice-président de la Conférence des évêques catholiques chinois (un corps collégial non reconnu officiellement par Rome), et par Mgr Yao Shun, du diocèse d’Ulanqab. Environ 400 personnes ont assisté à l’événement, selon des sources locales, dont des prêtres, des religieuses et des représentants des fidèles laïcs.

Une région évangélisée par les missionnaires à partir de 1835

Mgr Chang Yanfeng, dont le prénom de baptême est Joseph, est né le 4 avril 1984 dans le canton de Weichang, à Chengde dans la province du Hebei. De 2000 à 2006, il a étudié la philosophie et la théologie au séminaire théologique catholique de Shenyang, et il a été ordonné prêtre en novembre 2010.

De 2007 à 2010, il a poursuivi ses études à l’université catholique de Daejeon, en Corée du Sud, où il a obtenu un master en théologie biblique. Ensuite, il a été nommé directeur de l’Association patriotique catholique de Chifeng, assumant de fait la direction de la communauté catholique locale. Selon les principes « d’autogouvernance » du Parti communiste, son élection comme évêque de Chifeng a eu lieu le 20 mars 2026.

La présence du christianisme dans cette région de Chine remonte à environ deux cents ans. Les premiers missionnaires sont des prêtres des Missions Étrangères de Paris (MEP), arrivés vers 1835, suivis par les missionnaires scheutistes (congrégation du Cœur Immaculé de Marie), qui ont exercé leur ministère auprès de la population locale mongole durant une longue période avant d’être expulsés par le régime de Mao.

À Chifeng, l’Église connaît un renouveau à partir des années 1980, après les souffrances de la Révolution culturelle. En 1990, le père Andreas Zhu Wenyu a été ordonné évêque sans mandat pontifical, mais plus tard, comme d’autres évêques chinois, il a demandé de pouvoir retrouver l’unité avec Rome, ce qui lui a été accordé. Il est décédé en 2006. Aujourd’hui, l’Église locale compte environ 50 000 membres, dont près de 30 prêtres et 20 religieuses.

Les relations sensibles entre Hans et Mongols

La nomination de l’évêque de Chifeng est significative pour une autre raison. La Mongolie intérieure figure parmi les régions les plus affectées par la loi chinoise sur la promotion de l’unité et du progrès ethniques, entrée en vigueur le 1er juillet 2026, et qui cherche à imposer la sinisation aux dépens des minorités linguistiques et culturelles.

En raison de l’immigration massive des colons de l’ethnie Han (le plus grand groupe ethnique de Chine) durant les dernières décennies, les membres de l’ethnie mongole représentent aujourd’hui moins de 20 % de la population en Mongolie intérieure, sur environ 25 millions d’habitants. Le mandarin a désormais remplacé la langue locale dans les écoles.

Chifeng est une ville située à l’extrémité sud-est de la Mongolie intérieure ; elle compte environ 4,6 millions d’habitants (à 80 % Han). La ville est aussi en langue mongole sous le nom de « Ulanhad » (qui signifie « falaise rouge »). Ses zones rurales comptent des populations nomades importantes, notamment dans les « bannières » (une subdivision administrative de Mongolie intérieure) d’Aohan et Hexigten.

Le lien étroit de la région avec l’histoire mongole remonte à la dynastie Liao (916-1125), quand les nomades Khitan y ont établi leur capitale. On comprend donc que les relations entre les Hans et les Mongols sont une question sensible à Chifeng. La veille de son ordination, le nouvel évêque a d’ailleurs insisté sur la nécessité de suivre fidèlement les instructions de Pékin sur le sujet.

De son côté, l’Association patriotique des catholiques chinois a commenté la loi du 1er juillet avec l’habituelle insistance sur l’importance de respecter les règles – un mantra que l’on retrouve maintes fois dans les documents de l’organisation.À propos de réunions récentes entre Mgr Yanfenget plusieurs organes et responsables diocésains, l’association a noté que « tous les participants ont acquis une bonne compréhension des implications juridiques et pratiques de la loi ».

« Ils ont convenu à l’unanimité qu’il est essentiel de toujours privilégier le renforcement du sentiment d’appartenance à la communauté nationale chinoise, de respecter, d’apprendre, de se conformer et d’appliquer consciemment la loi, et d’intégrer profondément la pensée et les concepts juridiques dans l’ensemble du processus d’évangélisation », ajoute l’organisation.

(Avec Asianews)

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