Inde

Inde : 28 ans plus tard, un enfant retrouvé seul dans une gare est ordonné prêtre

Le père Vivek Martin a été ordonné le 16 août dans le diocèse de Jhansi (État de l’Uttar Pradesh, dans le nord de l’Inde). Le père Vivek Martin a été ordonné le 16 août dans le diocèse de Jhansi (État de l’Uttar Pradesh, dans le nord de l’Inde). © CNewsLive
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Il y a 28 ans, le père Vivek Martin a été retrouvé seul à l’âge de 5 ans dans une gare ferroviaire de l’État du Kerala (au sud de l’Inde). Le 16 août dernier, il a été ordonné prêtre à l’autre bout du pays, dans le nord du pays. La messe d’ordination a été présidée par Mgr Wilfred Moras, évêque coadjuteur du diocèse de Jhansi (dans l’État de l’Uttar Pradesh).

Un enfant de cinq ans, retrouvé seul dans une gare du Kerala il y a 28 ans, a été ordonné prêtre le 16 août dernier, au terme d’un long parcours qui l’a mené d’une enfance vulnérable à une vocation au service des autres. Le père Vivek Martin, aujourd’hui prêtre du diocèse de Jhansi, dans le nord de l’Inde, avait été retrouvé à la gare de Shoranur, seul, sans aucun membre de sa famille à ses côtés.

Sa seule demande à ceux qui sont venus à son secours était simple : « Frère, je veux étudier. » Sa vie a basculé quand Rexy D’Cruz, membre du mouvement Jesus Youth, l’a trouvé à la gare. Après avoir obtenu une autorisation légale, Rexy et ses amis, Patrick, José, Rajesh et Tony, ont ouvert leurs portes à des enfants vulnérables, en leur offrant l’éducation, la sécurité et un environnement familial.

Vivek a vécu plusieurs années formatrices auprès de Patrick et de sa femme, Manu. Il a excellé à l’école et est finalement devenu délégué de sa classe de 10e (ce qui correspond à la seconde). Après avoir terminé sa 10e année, Vivek a exprimé son désir de devenir prêtre. Son parcours l’a mené des collines d’Attappady à Kochi, au Kerala, puis finalement à Jhansi, dans l’Uttar Pradesh, à plus de 2 000 km de là.

Après le lycée, Vivek a travaillé comme ambulancier et aide-soignant au centre catholique Sneha Theeram, situé à Aluva (Kerala), qui aide les personnes vivant avec le VIH/sida, sous la direction de prêtres camilliens. Cette expérience a approfondi sa compréhension de la souffrance, de la compassion et du service. Bien qu’on lui ait d’abord conseillé d’attendre, il est ensuite entré directement au séminaire du diocèse de Jhansi.

« Un témoin de ce que l’éducation, la compassion et la foi peuvent accomplir »

Mgr Wilfred Moras, évêque coadjuteur de Jhansi, a ordonné le père Vivek le 16 août. Le nouveau prêtre a célébré sa première messe le 24 août dans l’église de l’Enfant-Jésus, à Thundathinkadavu, dans l’archidiocèse de Verapoly (Kerala). Sa vocation est perçue comme un témoignage de l’impact positif de l’accès à l’éducation, de l’attention et d’un environnement familial stable pour des enfants vulnérables. Ainsi, deux jeunes hommes élevés sous la responsabilité de Rexy sont devenus prêtres, tandis que deux autres sont actuellement séminaristes.

Bipracharan Nayak, ancien président de l’Association des survivants de Kandhamal, a également confié que le parcours du père Vivek montre comment la compassion et l’éducation peuvent transformer l’avenir d’un enfant. « Aucun enfant ne devrait être défini par les circonstances de sa naissance », a-t-il souligné. « Lorsque la compassion lui rend sa dignité, que l’éducation lui offre des opportunités et que la foi lui donne un but, même une vie qui commence dans l’abandon peut devenir une vie au service des autres. »

De son côté, sœur Goreti Nayak, membre des Filles de Sainte-Anne, du Bengale-Occidental, a déclaré que l’histoire du père Vivek montre que chaque enfant a une dignité et un but dans la vie. « Un petit garçon qui se tenait autrefois seul sur un quai de gare a été accueilli à bras ouverts par des personnes qui ont perçu sa dignité avant même de mesurer ses difficultés », a expliqué sœur Goreti. « Aujourd’hui, il se tient devant l’autel, non pas comme un symbole de ce qu’il a perdu, mais comme un témoin de ce que l’amour, l’éducation, la compassion et la foi peuvent accomplir. »

Pour le père Vivek, le chemin qui mène du quai de gare à l’autel est devenu un appel à accompagner ceux qui sont confrontés à la solitude et à la souffrance. Son histoire montre comment un acte de compassion envers un enfant vulnérable peut changer une vie et peut, avec le temps, révéler une vocation.

(Avec RVA, Purushottam Nayak)

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