lundi 06 juillet 2026
De moins en moins de jeunes femmes bangladaises choisissent une vie de silence et de prière dans les couvents cloîtrés. Aujourd’hui, on ne trouve plus que deux communautés contemplatives dans le pays, avec des religieuses souvent vieillissantes et dont les responsabilités s’accumulent. Le monastère de Mymensingh et celui de Dinajpur, dans le nord du Bangladesh, forment ensemble une présence contemplative dans ce pays d’Asie du Sud à très large majorité musulmane.
Un prêtre vivant en République populaire de Chine a écrit une lettre anonyme sur les « règles administratives » qui empêchent les moins de 18 ans de participer à des activités religieuses. La Constitution chinoise garantit la liberté de culte, sans aucune restriction d’âge. Pourtant, aujourd’hui, les enfants chinois peuvent entrer seuls dans un centre commercial, mais pas dans une église. Parallèlement, la Chine fait face à des tendances inquiétantes telles que la dépression chez les adolescents, le harcèlement scolaire et la perte des valeurs.
Au Vietnam, où près de la moitié des 27 diocèses ont leur sanctuaire marial, le mois de mai donne lieu à de nombreuses processions, prières et offrandes florales dédiées à la Vierge. Cette tradition héritée des missionnaires est devenue « un exemple réussi d’inculturation ». Dans la culture vietnamienne, selon Mgr Joseph Vu Van Thien, archevêque de Hanoi, l’image de la mère symbolise « le fondement de la famille et de la société », d’où l’attachement des Vietnamiens à la Vierge, y compris parmi les non-catholiques.
La semaine dernière, les évêques indiens ont condamné l’assassinat de trois responsables baptistes Kukis dans l’État du Manipur, au nord-est de l’Inde, où les tensions ethniques et religieuses persistent depuis 2023. Initialement centré sur les affrontements entre les Kukis chrétiens et les Meiteis hindous, le Manipur connaît désormais des tensions croissantes entre Kukis et factions Nagas, elles aussi en grande partie chrétiennes. Les Églises locales craignent un effondrement de l’unité chrétienne dans une région déjà meurtrie.
La Journée mondiale de prière pour l’Église en Chine est célébrée ce dimanche 24 mai et coïncide cette année avec la solennité de la Pentecôte. À cette occasion, le missionnaire et sinologue Gianni Criveller rappelle le témoignage du P. Robert Greene, emprisonné dans le Guangxi dans les années 1950 : « Les catholiques doivent faire connaître les témoignages des confesseurs et martyrs de Chine, afin qu’ils puissent nourrir la foi des communautés chrétiennes à travers le monde. » Par ailleurs, une semaine après le sommet Xi-Trump à Pékin, l’échec du président américain à obtenir la libération de Jimmy Lai rappelle la fragilité persistante des libertés à Hong-Kong malgré les pressions internationales. Enfin, cette rencontre a ravivé les inquiétudes de Taïwan face aux ambiguïtés américaines et aux ambitions croissantes de la Chine dans la région.
Avant sa rencontre de mai avec Xi Jinping à Pékin, Donald Trump avait promis d’évoquer le sort de Jimmy Lai, l’ancien patron de presse toujours emprisonné à Hong-Kong. S’il a bien évoqué le sort des prisonniers politiques, sa venue en Chine n’a pas permis de trouver d’accord sur la libération de cette figure du mouvement prodémocratie hongkongais. Malgré l’échec, Claire Lai, fille du milliardaire, déclare que sa famille reste « reconnaissante » pour ce soutien et prie pour que Xi « voie la sagesse qu’il y aurait à libérer » son père.
Le sommet Xi-Trump, organisé mi-mai à Pékin, a été suivi avec une attention particulière à Taïwan. Entre déclarations contradictoires sur les ventes d’armes américaines, ambiguïtés sur un éventuel soutien militaire à l’île et volonté affichée d’éviter toute confrontation avec Pékin, les propos du président américain ont ravivé les interrogations à Taipei. Malgré les tentatives de clarification de Washington et les assurances répétées des autorités taïwanaises, ce déplacement nourrit les doutes sur les engagements américains face aux ambitions chinoises.
Dans l’actualité de la semaine en Asie : les évêques du Laos et du Cambodge seront en visite Ad Limina Apostolorum au Vatican du lundi 25 au samedi 30 mai ; cette semaine, lors d’une visite à Pékin, Vladimir Poutine a cherché à renforcer le partenariat avec Xi Jinping autour de la coopération énergétique ; le rare match de football féminin qui s’est déroulé le 20 mai à Suwon entre deux équipes nord-coréenne et sud-coréenne cristallise les tensions entre les deux pays ; le Parti Janta des Cafards (CJP), né d’une remarque méprisante comparant certains jeunes chômeurs à des « cafards », se veut une parodie du BJP du Premier ministre Narendra Modi.
En Indonésie, où les réseaux sociaux occupent une place centrale, une nouvelle génération investit YouTube, TikTok, Instagram ou Facebook pour défendre et expliquer la foi. Dans l’archipel à majorité musulmane, où les catholiques sont minoritaires, cette tendance transforme la catéchèse traditionnelle en débats accessibles, interactifs et souvent très suivis. Ces contenus renforcent la visibilité du catholicisme et attirent de nouveaux fidèles, mais risquent aussi d’alimenter les polémiques entre confessions chrétiennes.
La capitale indienne vit des journées caniculaires depuis avril. Si New Delhi est habituée à de telles vagues de chaleur, les changements climatiques sont un facteur aggravant et affectent leur durée et leur intensité. L’année 2024 a ainsi été la plus chaude enregistrée en Inde depuis les premières statistiques répertoriées en 1901. Le record historique dans la capitale a été enregistré en 2022 avec 49,2°C. Dans les quartiers défavorisés, où les coupures de courant sont fréquentes et la climatisation un luxe, la survie dépend de l’adaptation.
Du 11 au 15 mai à Bangkok, le Bureau pour les laïcs et la famille de la Fédération des conférences épiscopales d’Asie (FABC) a organisé une assemblée synodale sur la famille. Durant cette rencontre, les participants ont appelé les Églises d’Asie à mettre l’accent sur la mission auprès des familles chrétiennes, confrontées à de nombreux défis sur le continent. L’événement a rassemblé 52 délégués venus de 11 pays, dont les cardinaux Kikuchi (Japon) et David (Philippines), et a permis de rédiger une « feuille de route » pour les années à venir.
Ces derniers jours, les évêques du Pakistan se sont rendus au Vatican pour leur visite ad limina, une rencontre quinquennale avec le pape et avec la Curie romaine. Le président de la Conférence épiscopale du pays d'Asie du Sud, Mgr Samson Shukardin, a déclaré aux médias du Vatican : « Le Saint-Père nous a donné une vision nouvelle et un nouvel espoir pour l’avenir. » L’évangélisation, la pauvreté et le manque d’accès à l’éducation constituent les principaux défis de l’Église locale.