Inde : les évêques catholiques condamnent la répression d’une manifestation étudiante par Delhi
Les évêques ont exprimé leur solidarité avec les demandes des étudiants pour une réforme du système éducatif et pour la démission du ministre Dharmendra Pradhan.
© Ishan Khosla/CC BY-NC-ND 2.0
Le 22/07/2026
Dans un communiqué publié mardi 21 juillet, les évêques catholiques indiens condamnent l’action policière « regrettable » ordonnée par Delhi contre les étudiants qui manifestaient pacifiquement ce 20 juillet dans la capitale. La manifestation était organisée dans le cadre du mouvement du « Parti des cafards », né il y a plus de deux mois sur les réseaux sociaux, et qui mobilise des milliers de jeunes Indiens en colère. De son côté, la Conférence épiscopale appelle au dialogue, à la retenue et à une réforme du système éducatif.
La Conférence épiscopale indienne (CCBI) a condamné ce qu’elle désigne comme une « attaque violente » contre la démocratie, alors que la police nationale a employé des matraques et du gaz lacrymogène pour disperser des étudiants qui manifestaient pacifiquement à New Delhi, pour demander au gouvernement de réformer le système éducatif du pays.
La manifestation était organisée ce lundi par le « Parti des cafards » ou « Cockroach Janta Party ». Le mouvement, né sur les réseaux sociaux à la suite de plusieurs scandales de fraude lors des examens nationaux, détourne de manière satirique le nom du BJP (Bharatiya Janata Party) au pouvoir pour dénoncer la politique éducative du gouvernement.
Dans un communiqué de presse publié ce mardi 21 juillet, les évêques indiens expriment leur « profonde inquiétude » face à la répression contre la « Sansad March » du lundi 20 juillet, qui a rallié plusieurs centaines d’étudiants près du Parlement, afin de demander une gouvernance universitaire plus transparente et plus responsable.
« Notre jeunesse, le véritable avenir de cette nation, est descendue dans la rue avec des demandes légitimes. Répondre à leur expression démocratique et pacifique par un usage disproportionné de la force représente une attaque regrettable contre l’âme même de notre démocratie », souligne le communiqué de la CCBI.
Les évêques ajoutent qu’ils sont « fermement unis » à tous les étudiants qui se sont retrouvés victimes de ce qu’ils qualifient de « brutalité épouvantable ». « Nous partageons vos souffrances, nous entendons vos voix, et nous voulons répondre à votre juste cri pour un système éducatif plus juste et transparent », poursuivent-ils, en signe de solidarité avec les manifestants et avec leurs revendications pour des réformes urgentes de l’éducation nationale indienne.
« C’est l’avenir même de notre démocratie qui est en jeu »
Mardi 21 juillet à New Delhi, le lendemain de la manifestation du 20 juillet, plusieurs milliers de manifestants ont à nouveau tenté de se rapprocher du Parlement, malgré l’interdiction de la police. Au moins 60 d’entre eux ainsi que 118 policiers ont été blessés, et les autorités ont arrêté 70 manifestants. Depuis sa création le 16 mai dernier, le « Parti des cafards » continue d’organiser des manifestations et demande des réformes éducatives, mais aussi la démission du ministre de l’Éducation Dharmendra Pradhan.
Dans son communiqué, la CCBI exprime aussi sa préoccupation envers Sonam Wangchuk, un ingénieur, éducateur et militant de 59 ans et une figure respectée de la société civile, qui a apporté son soutien au mouvement. Il a entamé une grève de la faim le 28 juin dernier, en solidarité avec les demandes des étudiants.
Il a été admis à l’hôpital Safdarjung de New Delhi, dans des circonstances que les évêques décrivent comme « forcées ». « Nous sommes profondément inquiets pour lui. Nous appelons les autorités à répondre à ses nobles demandes avec compassion et compréhension, et non par la répression », insiste la Conférence épiscopale indienne, en invitant Delhi à initier un « dialogue significatif » avec les étudiants et les manifestants, et à sauvegarder les droits fondamentaux des citoyens.
Les évêques appellent les autorités à défendre les valeurs démocratiques et à protéger le droit à la contestation pacifique. « Il ne s’agit pas seulement de l’éducation, mais de l’avenir même de notre démocratie », concluent-ils en demandant au gouvernement « d’écouter avec compassion » et de reconnaître que les revendications des étudiants découlent d’un désir de renforcer, et non d’affaiblir, les institutions démocratiques de la nation.
Source : Indian Catholic News, CCBI